Le Billet d’humeur de Jonathan Denis
Juillet / Août 2009
Viendra le temps de l’amour.

Et la tendresse bordel…

Dans ce monde de brutes, où une info malheureuse en chasse une autre diabolique, où le sexe se consomme de plus en plus en version jetable, où les sentiments s’entrecroisent sans jamais s’allier définitivement, où trouver de la place pour de la tendresse ?

Aurais-je l’humeur amoureuse, la pensée romantique ?

Assez de la politique, du zapping du monde entier, de la perte de vitesse mélancolique qui gravite autour de nos esprits. Marre des traders tristes de la perte de leurs fortunes, des parents inconscients de la déchéance de leur progéniture, du bang bang incessant d’un monde qui ne tourne même plus rond puisqu’il ne tourne plus du tout… Et si l’Amour pouvait sauver cela ? L’amour de soi déjà et l’amour de l’autre encore plus… L’amour des autres.

Les vacances transforment souvent notre mémoire. Une silhouette se dessine au loin et l’on se prête à rêver à un avenir commun. Elle s’approche, se baisse et nous laisse ce goût inoubliable sur le bord des lèvres.

Elle s’éloigne alors, laissant les étreintes brisées, les cœurs blessés et les consciences touchées. L’oubli viendra sûrement mais restera toujours ce sentiment d’inachevé, d’inexploré, d’inconnu. Une amourette s’écrira alors laissant des promesses plein les yeux…

Promesses non tenues évidemment comme celles faites à l’occasion d’une nouvelle année. Pourtant, ce cœur touché dans le mille voudrait aussi vivre autre chose que le sexe sous cellophane, qu’un baiser s’étant déjà posé sur tant de bouches, qu’un prénom lancé comme s’il n’avait aucune importance. L’été a cela de complexe, de merveilleux et pervers à la fois, que de nous offrir un court moment de bonheur partagé, mais de bonheur sans lendemain bien souvent.

L’envie d’un monde qui change. L’envie de milliers d’yeux se regardant mutuellement et découvrant ainsi la face cachée d’un univers que l’on atteint que trop rarement. Voilà ce qui anime mon humeur baladeuse, mon humeur d’un Homme croyant encore plus que tout dans la beauté d’un amour inconnu ou disparu.

Dansez malheureux sur les ruines d’un amour blessé sur le sable d’une plage. Riez sur les ordures d’un cœur renversé dans un siècle ancien. Baisez sur les vestiges d’un corps à corps qui ne menait à rien. Et puis ouvrez les yeux et regardez celui-là, celui qui vous fixe, qui vous dévisage, qui vous envisage. Ne promettez rien mais accompagnez-le simplement dans sa quête d’une histoire d’avenir. L’hiver viendra alors et sous les draps chauds, vous vous direz que c’est quand même quelque chose d’unique de s’endormir sur son épaule et de vivre  chaque jour nouveau le grand soir d’hier.

Et si s’aimer ce n’était pas regarder dans la même direction mais simplement voir la même chose ? Et si s’aimer c’était encore possible… même sur une plage en été.

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