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Armande Altaï |
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Par Patrick Roulph |
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Sa présence durant trois saisons à la Star Academy a permis à Armande Altaï de se faire une image médiatique. Et pourtant… Armande Altaï est sur la route depuis plus de 30 ans ! Opéra, chant, albums, ponctuent la vie d’Armande. C’est une femme d’une rare beauté que nous avons retrouvée à Paris à l’occasion de la sortie de son nouvel album “Héroïnes fantaisie”. Elle nous parle de la Star Ac, évoque Marseille, sa maman récemment disparue, ses douleurs, le temps qui passe, tout cela dans un écrin teinté de mauve, sa couleur préférée.
Comment est né ce nouvel album “Héroïnes fantaisie” ? Le point de départ de ce nouvel album est assez lointain. J’ai toujours eu cet album en moi. Les textes, les idées, les contes aussi, l’idée de cette femme “Solveig”, qui attend le retour du héros qui va courir après lui-même, traverser des montagnes, des épreuves. Cette femme en avait marre d’attendre, j’ai donc changé le texte et c’est elle qui veut partir, c’est elle qui veut se donner l’occasion de triompher, de courir après elle-même, de traverser les miroirs, de chevaucher les licornes noires, de dévorer les ogres, pour savoir qui elle est. J’adore les contes ou les tragédies car ils contiennent toujours de la psyché et comme je fais toujours de la musique psyché quelque chose, - psychédélique comme on disait à l’époque ou electro comme on dit aujourd’hui - mais je préfère psychédélique parce qu’il y a vraiment le passage de la psyché, à travers les contes, on voit toutes ces petites bonnes femmes qui essaient de devenir ce qu’elles sont déjà, comme Kimiko qui se souvient des pouvoirs qu’elle avait quand elle était grande avant, dans une autre ère. |
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Ce nouvel album regroupe donc l’histoire de toutes ces femmes qui s’expriment à travers les âges, les paysages aussi, comme je l’écris, comme Pierre Fageolle l’écrit. Ce sont des héroïnes fantaisie parce qu’on me reproche à moi de n’en faire qu’à ma tête et de faire toutes sortes de musiques différentes, mais quand on me regarde peut-on me classer dans un casier ? Ai-je une tête à être dans un casier ? Je déborde forcément ! (Rires).
Quelle image pensez-vous projeter sur le public ? Les maisons de disques m’ont souvent dit “on ne peut pas vous signer comme ça, il faut refaire toute votre image, etc.” Mais il n’y a pas d’image, pas de look. C’est une personnalité. J’ai toujours été comme ça, je ne vois pas pourquoi je changerais. C’est mon goût, ma façon de me sentir bien. Je ne veux pas porter un uniforme social ou une étiquette. A la Star Academy, au départ, on m’a dit très gentiment “vous savez, nous avons des stylistes, des maquilleurs, des coiffeurs…”. J’ai dit “non, non, personne ne me touche, vous me prenez comme ça”. Et finalement, les gens m’ont adoré comme ça. Et les gens qui sont venus vers moi lors de la sortie de mon livre “Cette musique qui me vient de loin” en 2003, lors de séances de signatures un peu partout en province, m’ont tous dit “comme vous êtes excentrique et comme vous êtes naturelle !”. Cette phrase revenait comme un leitmotiv. C’est ça qui me plaît : “Etre excentrique, c’est être naturelle”. Ce n’est pas suivre une mode, nous sommes tous des bêtes sociales, mais nous n’avons pas à supporter des uniformes.
Avec ce nouvel album, avez-vous une attente particulière de la part du public ? Je l’ai fait pour ceux qui m’aiment, qui ne cessent de me le demander. Je l’ai fait pour que ça existe. J’ai créé cet album à mes frais. J’ai eu du mal à trouver une maison de disques. On me répondait “Ah, mais vous ne faites pas partie de la nouvelle chanson française !”. Non, je ne fais pas partie des gens élevés en batterie, tous ces originaux élevés tous ensemble en batterie, je trouve ça extraordinaire ! J’ai donc fait cet album pour les gens qui m’aiment, que je reconnais lorsque je vais aux concerts de Tori Amos ou Lisa Gerrard. Je rencontre donc ces gens-là que je reconnais et qui venaient autrefois à mes concerts et pour les plus jeunes qui m’écoutent et qui me disent “votre vieux disque est très beau, on dirait du Bjork !”. Je ne pense pas que ce soit du Bjork, car mes disques ont plus de vingt ans. |
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Auteur-compositeur, vous avez aussi travaillé avec Jérôme Soligny, Boris Bergman et Pascal Piquet entre autres pour la composition. Qui sont ces personnes ? Jérôme Soligny m’avait donné cette musique présente dans l’album il y a très longtemps, dans les années 80. J’ai écrit le merveilleux texte sur Kimiko. J’ai aussi collaboré avec Boris Bergman qui m’a écrit le merveilleux texte de “Chutes d’ange”, chanson pour laquelle j’ai composé la musique. Puis Pascal Piquet a collaboré également à ce nouvel album. Pascal Piquet est un ami musicien qui m’a beaucoup aidé, puisque c’est grâce à lui que nous avons pu faire nos premières maquettes.
La chanson “Chutes d’ange” écrite par Boris Bergman est très belle mais me paraît assez tragique, non ? Cette chanson est pour tous les jeunes qui ne veulent pas de cette vie très dure. La société nous oblige à être féroce, à être hors de nous pour arriver à avancer. Cette férocité-là, certains la refusent et se suppriment. |
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En 2004 vous sortiez votre autobiographie “Cette musique qui me vient de loin, était-ce un besoin ? Les gens ont commencé à raconter un tas de choses sur moi lorsque je faisais la Star Ac, sans me connaître. Michel Laffont m’a demandé de faire un livre, en m’assurant un nègre pour l’écriture. J’ai refusé cette idée de nègre, je voulais l’écrire moi-même. Le projet est donc resté en stand-by deux ans, jusqu’à ce que Laurent Laffont des éditions Lattès me propose de publier un petit traité philosophique sur le thème de ce que m’ont apporté la musique et le chant tout au long de ma vie. Ce livre m’a permis d’exprimer tout cela. C’est-à-dire, me poser la question de savoir d’où venait cette musique rock-lyrique, turco-lyrique-rock que j’écrivais dans mes premières chansons. J’ai été la première à chanter en turc !
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