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Le
Billet
d’humeur de Jonathan Denis La vague de la victoire |
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On a gagné ! C’est ce que criait Thomas Doustaly, plume savante du magazine Têtu, dans un de ses derniers éditos pour le magazine qui ressemblerait tant aux gays et aux lesbiennes. Sans verser dans la provocation, notre éminence grise de la caution gay devait avoir un sacré mal de crâne ce jour-là ou tout simplement était-il sous le charme d’un candidat qui s’empara plus tard du destin de la France. Non, nous n’avons pas gagné et même rien gagné. Si l’écrivain précédemment cité se réjouissait tant de ce bruit de victoire, c’est qu’il croyait, l’intelligent, avoir décelé dans le discours de Nicolas Sarkozy une pointe de gay attitude. Je pensais qu’il fallait être de gauche pour écrire à Têtu… je me suis bien trompé. Car oui, mes amis nous aurons gagné beaucoup en offrant l’Elysée à l’UMP. Sommes-nous idiots au point de croire qu’un parti du conservatisme pouvait changer la donne et fonctionner à voile et à vapeur ? Moi qui viens de ce pays appelé Union Populaire, j’ai vite fait mes valises en découvrant le pot aux roses et la drague infernale d’un candidat qui pour peu vous rasait gratis demain.3 Nous n’aurons aucune réforme sociétale. C’est cela qu’aurait dû écrire Monsieur Doustaly, sûrement trop enfermé dans une tour d’ivoire de parisianisme galopant. On touchera un peu au Pacs car il faut bien se rattraper après l’avoir comparé à un piège à tantouzes. On mettra en place plus tard (mais vraiment plus tard) une union civile pour les couples de même sexe… Plus tard car la vague bleue déferlant sur l’Assemblée Nationale ne signifie en rien l’ouverture. Sauve qui peut, les défenseurs de la peine de mort et de projets de lois anti-avortement débarquent en force. C’est vrai que ça fait bien de mélanger de l’homo avec une cuillère de Boutin dans un costume de ministre. Personnellement, je compte sur mon ami Christian Vanneste pour corriger tout cela… Lui à qui l’UMP n’a même pas osé frapper aux fesses. Vas-y Christian, on ne met personne en face de toi, mais tu comprends, on ne peut te soutenir totalement car nous, il nous faut du pédé. Du vrai, prêt à faire sauter la banquise. Je ne pleure pas à la désillusion des cinq années à venir. Non, nous aurons des joies, des peines, des manifs, des coups de cœur et de gueule. Nous aurons aussi tout le temps pour mûrir sur nos projets et nos décisions. Rangez alliances, riz, berceaux et autres éprouvettes… la droite est bien dans ses baskets et c’est le bonheur absolu de les voir arriver en meute. La vague bleue, bien que plus modérée que prévu, ressemble à une houle. Désolé, mais même en sachant nager, j’ai bien peur de boire la tasse. Laissons la parole à un sage nommé Cicéron qui en terme de promesses gâchées doit en connaître un rayon “Ne refuse rien à personne : quand on fait des promesses, l’échéance est incertaine, éloignée dans le temps. En revanche, en refusant, on est sûr de se faire des ennemis, et en foule.” Les promesses, on les fait pour les oublier. Monsieur Doustaly, le sens de la victoire ce n’est pas celui de la langue de bois… Même quand elle est bien pendue. |
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