|
LE FORUM DES LECTEURS Quel
est votre avis sur les diverses manifestations gay commerciales et
associatives (Salon Rainbow Attitude, festivals du films gay et lesbien,
festival QuestionDeGenre, Universités d’été, etc…) |
|
|
8 |
Faire des salons et des
manifestations gay c'est sympa mais dans un schéma
"normal" c'est à dire ni caricatural ni extravagant. Je vais
aux gay-pride mais je trouve qu'"hélas" aujourd'hui
ce soit encore nécessaire en France d'y participer pour affirmer
la reconnaissance lgbt. Je trouve aussi que la provoc de certain(e)s
est davantage nuisible et fait parfois perdre du terrain en faisant
ressortir les démons du passé. |
| 7 |
Je
me suis rendu au salon Rainbow Attitude pour la première fois cette année,
j’ai été très déçu, car pour tout dire je ne m’attendais pas à
voir un salon qui propose quasiment les mêmes produits que l’on trouve
sur tous les salons classiques. ça va de la cuisine au canapé en passant
par la voiture et tout le reste. Si je n’avais pas aperçu quelques entreprises gay, fort heureusement, je crois que j’aurais sûrement fait demi-tour pensant que je m’étais trompé de lieu ou de jour. Je ne pense pas que j’y retournerai l’an prochain. Jacques |
|
6 |
Vers
un label gay ? Tout d'abord, il y a deux domaines qu'il faut distinguer à
mon avis dans la question posée par ce forum : celui des manifestations
gay commerciales et celui des manifestations associatives ! En ce qui
concerne les manifestations gay commerciales, je pense, à mon avis, que
l'on frôle la caricature. Nous avons été, mon ami et moi, au salon
Rainbow Attitude pour la première fois. Pourquoi
? Tout simplement par pure curiosité avec pour seule et unique question,
savoir ce que pouvait être un salon gay ! Nous n'avons pas été déçus.
En effet, nous avons pu y voir se succéder une foule de stands
commerciaux qui n'avaient de gay que le petit drapeau et l'animateur ou
l'animatrice, encore que sur ce dernier point rien n'est moins sûr !
Grandes maisons de champagne, concessionnaires automobiles, canapés...
d'ailleurs les mêmes stands que l'on retrouve chaque année à la Foire
de Paris et autres salon de l'agriculture. Bien
sûr, particularité bien de chez nous, le défilé de mode tendance et
l'espace porno. Bref, quelle différence avec les autres salons ? Nous
faire croire qu'il existe des canapés gay et des voitures lesbiennes ?
Soyons sérieux, ça pue le rattrapage marketing avec tous les clichés
qui vont avec, comme le dit Eric Guého de Pink TV : si t'es gay, pauvre
et paralytique, et ben tu restes chez toi ! Toutefois,
malgré la description que je viens d'en faire, tout n'est pas négatif.
En effet, le salon est l'occasion de rencontrer les nombreuses
associations qui œuvrent dans l'ombre pour faire évoluer la société
vers une plus grande acceptation de ce que nous sommes et là chapeau
bas... On y croise des gens formidables et on y noue des contacts privilégiés.
Ceci me permet de faire la transition avec le deuxième domaine évoqué
par le forum. Les
manifestations associatives sont importantes voire essentielles car c'est
là, à mon avis, que le milieu comme on l'appelle, s'y révèle le plus
enrichissant. Parce que plus que la voiture Barbie, c'est notre culture,
la défense de nos droits et la prévention qui font évoluer la manière
dont nous sommes perçus. Je crois n'avoir jamais vu autant de pièces de
théâtre d'auteurs gay être données dans la capitale, avec un succès
à chaque fois grandissant. Certes, il y a encore beaucoup à faire mais
c'est plus dans le domaine associatif que l'on va trouver notre salut que
dans le développement marketing et l'émergence d'un label gay, aussi
ridicule qu'inutile ! Luc - A gagné l’album photos “Les bogosses du Sud” |
| 5 |
Que
ce soit pour les manifestations commerciales ou pour les associatives
estampillées LGBTQ, etc, si je puis me permettre, le problème à mon
sens ne vient pas de leur existence que je trouve tout à fait louable,
voire nécessaire, car elles participent à la diversité de cette société
dont nous sommes part intégrante, mais de leur contenu, banalisé à
l'extrême me semble-t-il ou pire encore de la perversion de leur esprit
communautaire (au sens noble du terme). Le
manque de moyens humains et financiers mène en effet trop souvent leurs
organisateurs, soit à revisiter des thèmes éculés mais qui ont
autrefois "marchés" soit carrément à oublier le "gay et
lesbien" de fin du titre pour sauver les meubles et ratisser plus
large... Combien de fois avons-nous entendu de la bouche de nos amis ou
prononcé nous-mêmes ce jugement définitif "ce n'est pas parce que
je suis gay/lesbienne que je vais aller à un salon gay / dans une boîte
gay / à un évènement gay (rayer la mention inutile), moi je vais
quelque part si ce quelque part est original / tendance / ouvert /
attractif (rayer la mention inutile), point !". Le
problème c'est que derrière ça on peut aussi bien entendre "C'est
gay ? oulaaaaa, je n'y vais pas alors !" Pour
ce qui me concerne, je suis allé au Salon, j'ai assisté à des festivals
autour de la "culture" LGBT, j'ai aussi donné de ma petite
personne pour une association communautaire de province. J'en ai tiré
beaucoup d'éléments extrêmement positifs et un certain nombre de
constats moins "roses". Autant
il est facile de parler des premiers, autant il est apparemment compliqué
de partager les seconds... Pourquoi ? Est-ce parce qu'il est plus facile
pour un responsable d'entendre des louanges que des critiques ? Pour
un consommateur, de se retrouver dans les lieux communs et néanmoins
fondateurs du genre "cela m'a construit, j'y ai rencontré beaucoup
de gens comme moi, j'y ai lié des amitiés fortes..." ? Est-ce parce
qu'aujourd'hui personne ne se retrouve dans la certe simpliste étiquette
"Gay" ou "Lesbienne" ? Ou bien est-ce parce que
globalement il y a une grande incapacité de la plupart des gays et
lesbiennes à faire leur autocritique de façon sincère et positive ? Car
il faut le reconnaître, l'accueil des gérants d'établissements LGBT,
des organisateurs de manifestations ou pire encore des consommateurs de
ces opérations en tant que groupe face à un nouvel arrivant plein de
bonne volonté est bien loin, très loin d'être irréprochable : thématiques
faciles, matage de viande, jugements superficiels voire rejet,
orientations inexplicables sinon par un copinage éhonté, la liste peut
être complétée à loisir selon vos propres expériences. Toujours
est-il qu'aujourd'hui moins qu'hier je me retrouve dans ce qui m'est
proposé ou ce pourquoi je suis sollicité : les établissements ne sont
plus gay mais gay-friendly (on s'en fout de savoir si le porte-monnaie est
rose ou kaki), les gens sont "ouverts" (ce qui compte c'est de
s'amuser ensemble), l'avancée des droits ne mobilise que peu parmi les
jeunes gay et lesbiennes français (notre société n'est pas homophobe).
Dilution de l'original au profit du standard, prédominance de l'étourdissement
du plaisir sur le fondamental, aveuglement et déresponsabilisation de
l'individu, bah... Les gays et lesbiennes d'aujourd'hui sont bien les
fil(le)s de notre brillant mais si vide 21eme siècle :) Pourtant,
si l'on prend un peu le temps de s'informer (vraiment), si l'on s'arrête
de courir pour regarder un peu autour de nous (vraiment), si l'on a le
courage d'écouter ceux qui nous entourent (vraiment), on s'aperçoit vite
que derrière le strass et les paillettes, il y a pas mal de lézardes qui
ne demandent que tant d'inattention de notre part pour s'élargir encore
et démolir un peu plus nos autrefois si beaux espaces de liberté et généreuses
aspirations... Je
comprends que l'on puisse avoir peur d'affronter la vérité nue. J'admets
que l'on ne soit pas "sérieux" 24h/24. Mais à nous voiler la
face tant et si bien, à éviter tout sujet de réflexion dont
l'exploration prendrait plus de 3 minutes, faisons-nous un bon choix pour
l'avenir ? Je veux dire pour les années qui viennent, pas pour le
prochain week-end ! Le
défi me semble-t-il est là. Face à une standardisation générale des
modes de pensées et des aspirations, face à une instantanéité qui
s'impose comme seul horizon, face aussi au découragement de l'individu
qui ne voit moins que jamais comment il peut faire levier sur sa vie et
qui se laisse alors porter par des déferlantes marketing et médiatiques
aussi oiseuses et vides de sens qu'elles sont massives, nous devrions tous
nous poser de temps en temps la question de notre propre responsabilité
dans nos petits et grands choix quotidiens. On a les évènements, les établissements,
la société que l'on mérite, et à ne plus vouloir que consommer et
papillonner, on n'est aussi guère plus que tributaire des autres qui décident
et agissent à notre place. Parfois c'est bien, très souvent c'est nul... Le
fameux "droit à l'indifférence" nous a amenés à une
insidieuse indifférenciation. Est-ce ce que nous voul(i)ons ? Olivier - A gagné l’album photos “Les bogosses du Sud” |
|
4 |
Le salon Rainbow Attitude, est un salon où on se reconnaît, on y trouve un concentré d'informations sur les associations, la presse gay, les commerces gay et surtout de la bonne humeur et une ambiance du tonnerre. Je vais tous les ans au salon. A bientôt. Raphaël et Laurent |
|
3 |
Je ne suis pas contre les manifestation gay mai je voudrais qu'on se mobilise plus sur des causes comme le VIH et les rapport de sexe entre les gays et les hétéros, puisqu'on traîne encore une image négative sur ce point là. Je trouve la gay pride utile mais les autres manifestations devraient se porter plus sur nos désirs et nos craintes. Maxime |
|
2 |
Après avoir entendu plusieurs discours contradictoires sur
le salon Rainbow Attitude, j’ai voulu me rendre compte par moi-même de
ce que proposait celui-ci et suis donc parti à la découverte de cette 3è
édition. Après y avoir déambulé environ 4 heures, je rejoins le
camp de ceux qui pensent que cet évènement n’est qu’une Foire de
Paris miniature et qu’il n’apporte pas grand-chose d’innovant.
Hormis quelques thèmes abordés lors des conférences qui sont intéressants
le reste n’est qu’un déballage de marchandises que l’on trouve
partout ailleurs. Nul besoin d’aller dans ce genre de salon pour assouvir sa
soif de consommation. Si je veux voyager gay il me suffit de me procurer un
catalogue d’une agence proposant ce type de produit ou bien tout
simplement de passer par Internet. Si je veux assurer mon véhicule je n’en ai rien à faire
de passer par un agent qui colle un autocollant Arc-en-ciel sur ses
contrats, je cherche le moins cher. Si je veux acheter un véhicule je fais le tour des
concessions et je fais ma sélection en fonction des tarifs mais aussi de
l’accueil. Bref, je pourrais rallonger cette liste avec plein d’autres
choses de tous les jours. N’étant pas moi-même philanthrope, j’imagine bien que
le but des organisateurs et des exposants est de vendre, les premiers des
stands aux exposants, quels qu'ils soient, et les seconds des produits aux
visiteurs, peu importe que ce soit à des gays, des hétéros, des chats
ou des chiens. A voir la désaffection des lieux gay aussi bien dans
l’ex-eldorado qu’était le Marais que dans de nombreuses villes de
province, il y a pourtant fort à parier que le mythe du gay plein de fric
ne va pas tarder à s’effondrer. Je sors à présent un peu du sujet concernant l’affichage
des pubs dans le métro qui a fait scandale. Je ne sais pas si les
organisateurs ont pensé à un moment ou à un autre que celles-ci
provoqueraient une telle polémique mais en tout cas ça a été un beau
coup de marketing. Il est quand même regrettable de voir le tapage fait
autour d’un baiser entre deux personnes du même sexe, comme quoi même
dans la capitale l’ouverture d’esprit ne fait pas l’unanimité. Pour conclure, je n’y retournerai pas l'année prochaine
car un billet de train, une nuit d’hôtel, deux repas sur place et une
entrée au salon m’auront coûté près de 300 euros ? Ca fait cher pour
voir des choses que l’on trouve dans toutes les foires d’exposition
annuelles des grandes villes. Philippe - A gagné l’album photos “Les bogosses du
Sud” |
|
1 |
Je trouve ça très bien de faire des salons et des
manifestations gay, dans le cas où ça ne déborde pas dans la
caricature. Je suis ok pour la Gay-Pride, j'aime même y participer, mais
je trouve dommage que certains provoquent et choquent le public public. Ce
n’est pas en choquant comme ça qu'on avance ! Mais la visibilité est très importante, car la
discrimination fait encore trop partie de notre quotidien. Alors, les salons comme Rainbow Attitude sont sympas, les
festivals de films très importants, car rarement ou jamais (selon les
villes de province) les films gay sont projetés dans les salles de cinéma
hors festival. Après il faut rester politiquement correct. Mais attention il ne faut pas que ça devienne aussi indispensable et que les salons - sous prétexte que les gays ont les moyens - nous sortent tous des prix extra-super chers. Christian & Luc |
| Retour sommaire | |