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Comment vivez-vous votre homosexualité dans votre travail ?
Caché ? Ouvertement ?

Ce thème est génial ! Pour aller au plus précis, je pense que suivant son travail on peut ou non parler de son homosexualité ! Si vous bossez dans un resto ou un salon de coiffure ... je ne pense pas qu'il y ait problème. Pour ma part j'ai changé plusieurs fois de secteur d'activité et sur ça je m'y retrouve !

Il y a des endroits où je vivais mon homosexualité sans problème; on dira que l'ambiance y était favorable !

D'un autre sens quel est le besoin de parler de sa sexualité dans son boulot ? Parce que là, c'est bien une partie du sujet !

Doit-on dire ou ne pas dire si on est homo et pour quelle raison ? Je doute que ce soit pour une raison de féminité ou autre. En général la discrétion reste assurée à part l'homophobie, mais là on quitterait le sujet !

En revanche, l'amitié dans le travail avec des collègues entraîne parfois à dévoiler un peu de son intimité.. Et puis, après tout, si je suis gay c'est plus qu'un choix ou une conviction mais une réalité... d'autant plus si j'ai mon ami avec moi ! Mes sentiments et ma fierté à son égard sont bien plus forts que le simple regard, bon ou mauvais, d'autrui !

Bon, de là à faire un bisou sur la bouche... ça sera suivant l'ambiance du lieu mais en aucun cas je ne chercherai à me faire passer pour un hétéro pour faire façade ! Ne pas parler de ma vie privée, pourquoi pas, mais renier mon homosexualité, sûrement pas. Voilà mon avis.

Fabrice

J'ai 46 ans, j'habite Avignon et je travaille depuis bientôt 25 ans dans la même entreprise...

J'ai été marié (eh oui) pendant 18 ans, en février 1993 j'ai quitté mon épouse parce que je suis un homo et je ne pouvais plus supporter d'avoir une double vie... Et comme je suis fait ainsi et avant que chacun ne dise n'importe quoi (surtout mon ex-épouse) j'ai profité un jour, lors d'un apéritif offert par moi aux collègues de travail, de dire la vérité.

J’ai déclaré à tous que j’étais homosexuel, je ne vous cache pas que j'ai bien réfléchi avant de le dire, c'est quand même pas évident mais je me suis lancé...

Les réactions : hé bien vous n’êtes pas obligés de me croire, il y a eu un certain silence de leur part, mais quelques minutes après beaucoup d'entre-eux m'ont dit : Michel, sache une chose, certes nous sommes tous surpris et c'est normal mais tu es un bon collègue de travail et aucun de nous n’a à te juger.. J’ai fait ouf !! et depuis tout se passe bien.

Bien sûr il doit y avoir un peu d'hypocrisie encore à ce jour, mais peu importe un grand pas a eu lieu et croyez-moi je suis heureux dans mon entreprise... Tous ceux qui hélas n'osent pas se déclarer, essayez de faire comme moi, de le dire ouvertement, c'est un poids en moins sur le coeur. Ce n'est certes pas évident, mais souvent nous nous faisons du cinéma en pensant que peut-être tous vont ne plus nous parler.

Je pense que dire la vérité, c'est une manière d'être correct envers les gens, parce que vivre avec le qu’en dira-t-on c'est pas génial non plus ...

Allez, bonne chance à tous... Michel, président des gay randonneurs en Avignon.

J’ai 42 ans, je travaille pour quelqu’un sur les marchés et je n’ai jamais caché que j’étais homosexuel pour plusieurs raisons. La première, c’est que mon employeur répétant tout, ce n’était pas la peine de le cacher.

La seconde, c’est que d’autres commerçants sont homos ou bi, et avec certains on buvait le café ensemble.

La troisième est que pour faire avancer la tolérance il faut faire son coming out.

J’ai arrêté de travailler en novembre et je vais monter mon affaire mais je ne cacherai jamais mon homosexualité car ce que je déteste le plus sur cette terre est le mensonge, quelqu’un qui ment peut voler ou tuer. Je me souviens de mars 1981, où à l’armée, il fallait remplir un questionnaire humiliant avec comme questions : "avez-vous des maladies à déclarer, des allergies, êtes-vous homosexuel ?". J’avais alors répondu non, mais si c’était à refaire je répondrais oui. Je pense que ça ne sert à rien de cacher son homosexualité au travail car si on est licencié à cause de cela, on peut porter plainte pour discrimination et c’est puni par la loi. Que tout le monde fasse son coming out pour se sentir libéré !

Ceux qui cachent leur tendance sont des frustrés et des refoulés qui ne progresseront jamais et qui vivront dans la peur d’être démasqués. On n’est plus à l’heure des bûchers, jetons les masques au feu, vivons libres !

Je pense que tous les corps de métiers ne permettent pas de dévoiler son homosexualité. Je suis dans la sécurité, monde machiste, où même l’incorporation de femmes peut tourner au vrai débat. Je ne peux que cacher ma vraie nature à des collègues qui emploient "PD" à tout va, du mec qui se gare mal à celui qui oublie de dire bonjour.

Cependant il ne faut pas mentir, c’est-à-dire s’inventer une "Nicole" qui t’attend à la maison. Je n’en parle point ! Je pense que si ça se savait, je perdrais de la crédibilité sur mon travail, on imagine mal un vigile gay. Cela m’est difficile car j’ai toujours dit, partout où je bossais, que j’étais homo, mais que faire ? Le dire et subir les brimades de tous mes collègues ou me taire et être un peu respecté ?!

Je tiens à vous parler de la chance que j'ai. Non seulement à mon boulot on connaît mes penchants pour les garçons, mais aussi ma séropositivité. Lorsqu'il y a quelques années, j'ai été hospitalisé, la moitié du service a défilé à l’hôpital et d'autres m'ont téléphoné.

Je parle aussi ouvertement avec les filles, dont je suis le chouchou bien évidement, qu'avec les mecs, tous pères de famille, curieux de savoir ce que je fais. D’ailleurs, lorsque j'arrive certains matins, déchiré de mes frasques nocturnes, ils veulent connaître tous les détails que je ne leur épargne guère, ou encore on me guette à la télé pour m'apercevoir à la Gay Pride. Presque tous ont vu mon site Internet très perso et ont bien ri.

Je suis vraiment sur un petit nuage. Mais je tiens quand même à tempérer cette situation idyllique peu banale du fait que je suis loin de faire PD, que je suis très compétent dans mon boulot et le plus serviable des garçons, ce qui ne m’empêche pas de pousser des gueulantes, la plaisanterie favorite des collègues étant alors de me dire "toi au moins, t'as des couilles au cul". Bon, ça ne vole pas haut, mais je travaille à la ville de Marseille et dans mon service, mes collègues ne sont pas tous bacheliers (tout ça pour vous dire qu'on accepte l’homosexualité non pas seulement dans les couches sociales dites élevées).

Alors accepté oui, aimé sans doute, mais c'est un peu comparable à une femme, faut tout le temps faire ses preuves. J'aurais été con, incompétent et laid, ça ne passait pas, alors qu'un hétéro ... Je crois, qu'en assumant complètement ma situation, voire en faisant de la provocation parfois, j'arrive à couper l'herbe sous les pieds des gens qui auraient une attitude défavorable. On voit que je suis heureux, pas dangereux. Salut à tous.

http://ericm.fr.st

Je ne cache pas mon homosexualité dans le cadre de mon travail, j'ai répondu clairement aux collègues qui m'ont posé la question, et cela ne m'a jamais porté préjudice.

En effet, je suis élu par les salariés (mes collègues) depuis 15 ans au CE, DP et CCE de mon entreprise. A ce jour, mon homosexualité est de notoriété publique dans mon entreprise. Cela prouve que la société n'a pas forcément un regard négatif envers les homos.
Bruno

Pendant sept ans j'ai vécu avec un homme qui nageait dans la mystification la plus totale à ce sujet sur son lieu de travail. Il en était de même pour la vie familiale, amicale et j'en passe. Etant pris dans le collimateur des cachotteries et conscient de l'image que notre couple reflétait à l'extérieur, j'ai très mal vécu ma propre homosexualité jusqu'au jour où j'ai rencontré un homme sans à-priori ni idées reçues sur sa propre identité sexuelle.

J'ai décidé de tout changer et j'ai fait mon coming out il y a peu. C'était un effet "boule de neige", les nouvelles et les ragots sont partis bon train, mais je ne voulais plus me cacher vu que je n'ai jamais eu honte de mes préférences sexuelles.

J'ai toujours considéré cela comme une chance extraordinaire, un don des cieux et un magnifique cadeau de la vie. Depuis, les ragots ont disparu, le regard de mes collègues a changé et je me sens beaucoup mieux sur mon lieu de travail mais aussi dans ma vie privée. J'ai pris de l'assurance, de la maturité.

Ce n'est que maintenant que mon homosexualité a trouvé son élan, son accomplissement et la vie me paraît aujourd'hui tellement plus simple qu'avant.

Ma famille ne m'a pas rejeté, bien au contraire, ce fut un soulagement pour eux de savoir ce qu'ils savaient déjà depuis longtemps mais qui restait dans le domaine du non-dit.

J'estime que c'est à travers mon coming out que j'ai retrouvé une certaine sérénité qui me faisait terriblement défaut jusqu'alors. Je suis polonais et dans mon pays une telle attitude ne serait sûrement pas envisageable. Je vis en France depuis quelques années et ce fait a notablement contribué à la bonne réaction de ma famille en Pologne. Dans le cas contraire, les choses ne se seraient pas passées avec autant de facilité. Mon témoignage vaut ce qu'il vaut mais l'essentiel est de comprendre que toute vérité n'est pas bonne à dire -partout. Mon départ de Pologne en est la preuve. André Walczak

Oui, moi je vis mon homosexualité ouvertement même au boulot. Je travaille dans le tourisme de loisirs, je loue des canoës et kayaks aux touristes l'été.

C'est un milieu un peu macho, un milieu rude, beaucoup de manutention. Les mecs (souvent super bien foutus et travaillant sans tee-shirt les jours de grande chaleur !) manipulent les kayaks sur les remorques, etc...

Les chauffeurs de bus ne sont pas moins machos que les autres et tous les jours, on se farcit les commentaires du genre "t'as vu comme elle balance ses seins" ou "celle-ci j'aimerais la baiser !"

A l'accueil, souvent c'est un boulot de fille, moi je me sens très à l'aise, pas de jalousie et on regarde ensemble les mecs en maillot de bain (lol).

La première année j'ai bossé seulement quelques semaines et je n'ai rien dit. Quand je parlais de mon ami, on ne savait pas si c'était "ie" ou seulement "i".

Mais l'année dernière, j'ai fait la saison entière et j'avais prévenu mon chef qu’il me fallait un week-end entier, non pas pour mon mariage, mais pour notre PACS ! Alors, ça a vite fait le tour de la boîte.

Quelques-uns m’ont posé des questions sur des choses, sur l'homosexualité et du moment que ce n'était pas indiscret, j'ai répondu à leurs attentes. Je n'ai pas invité mes collègues au PACS mais j'ai organisé avec mon ami, quelques jours plus tard, un apéro au boulot.

Et là, la surprise que j'ai eue, est que toute l'équipe s'était mise ensemble pour nous offrir un cadeau. Ils nous avaient réservé une table dans un très bon restaurant du village !

Là, il faut dire que nous sommes tombés de haut, ça prouve que même dans les milieux machos si on explique le pourquoi du comment, tout se passe bien.

Cette année, j’y retourne et je vais retrouver une partie de l'équipe de l'année dernière.

J'avais auparavant travaillé dans d'autres entreprises, notamment l'hôtellerie, le spectacle et au Club Med, mais là, tous sont plus ou moins homos, c'est bien connu par le monde entier !

J’avais oublié de dire que l'année dernière, au PACS nous avions un grand drapeau gay à notre fête, mon chef voulait faire un geste pour tous les gays, et a mis mon drapeau sur un mat de son

établissement. D'ailleurs nous accueillons souvent des gays et c'est un coin très sympa pour nous les homos !

Florian

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