LE FORUM DES LECTEURS

Avez-vous  annoncé votre homosexualité à vos parents ou l'ont-ils apprise par hasard ?
 Quelle a été leur réaction ?

J'ai ressenti comme un lourd fardeau quitter mes épaules
Je vis depuis maintenant presque 3 ans avec mon ami Mic et nous avons un passé commun d'hétéro (eh oui) et aussi 4 enfants à nous 2. J'ai rencontré Mic presque un an après ma séparation d'avec la mère de ma fille.
Quelques semaines après, nous devenions pour ainsi dire inséparables tant nous avions de choses en commun.
Un dimanche où j'étais avec lui dans son T2 à Lyon, il fit le ménage de fond en comble. J'étais très étonné de ce comportement d'autant qu'il y accordait une importance majeure. Il me faisait une surprise disait-il... J'essayais en vain de le soudoyer afin de percer le mystère... Rien à faire ! Il tenait bon... Il m'avait prévenu qu'il devait aller chercher "la surprise" à la Gare (je savais que c'était une personne que j'appréciais fortement et c'est tout ). Il me fit lui promettre de ne pas guetter son retour et ne pas regarder par la fenêtre. Je tins ma promesse, mais le temps passait et cela faisait déjà presque une heure qu'il était parti. Je décidais alors pour calmer ma nervosité et mon excitation de commencer le repassage.... Ce n'est pas mon passe-temps favori, mais il fallait que je m'occupe... J'entendis alors la clé dans la serrure. De là où j'étais, je ne pouvais pas voir arriver “la surprise”. Mic ne parlait pas, pas plus que "la surprise". J'attendis alors que la situation se décante, oh, juste quelques secondes et là... et là, mon coeur s'arrêta de battre et un flot de larmes et de sanglots m'empêcha de prononcer un seul mot (encore ce jour, en vous l'écrivant).
En face de moi "ma surprise” s’était matérialisée en ma maman (divorcée, je ne vois plus mon père).... Elle ne savait pas que j'aimais Mic, elle savait juste que c'était un copain avec qui je passais du temps, VTT, ciné... Nous nous sommes pris par le cou, nous pleurions tous les 3 comme des enfants. “Vous êtes mes deux petits” nous disait-elle entre deux sanglots, suivi de “Je savais, je le savais, mais cela ne change rien, tu seras toujours mon fils et Mic l'est aussi à présent....” J'ai ressenti comme un lourd fardeau quitter mes épaules, un bien-être que je n'avais pas ressenti depuis fort longtemps. Il aurait fallu que je le dise, mais comment et quand ?
Aujourd'hui, seule ma maman nous témoigne encore son amour. Cela reste un des plus beaux jours de ma vie mais aussi un superbe cadeau que m'a fait mon Mic. En revanche, j'y ai perdu mes deux frères qui pour l'un refuse d'avoir un frère homo et de ce fait s'abstient de voir notre mère; le second est un traître qui nous a fait des bons semblants par devant et n'a pas hésité une seconde à colporter des éléments de ma vie à la mère de ma fille afin qu'elle s'en serve dans notre procédure de divorce.
Moi qui voulais être fils unique, voilà, c'est chose faite à présent !
De ce passage d'hier à aujourd'hui, je ne regrette rien, si ce n'est de ne pas avoir osé plus tôt le vivre et le dire, tant je suis bien dans ma vie de tous les jours avec mon Mic à moi (mon mec à moi), nos 4 enfants et ma maman. Voilà notre famille, c'est encore tout cela. J'ajouterai que Mic n'a pas eu ma chance, car de son côté, toute sa famille lui a fermé la porte au nez, sans chercher à comprendre... Mais qu'importe, nous savons vivre sans et notre meilleure récompense est que ses 3 enfants demandent à vivre avec nous... C'est pas beau tout ça? Mic est abonné à Lettre Ouverte et c'est à chaque fois un plaisir vrai de le lire dès sa réception. 
David
Alors on ne se reverra peut-être pas avant mon enterrement 
Je vous écris, comme beaucoup d'autres, pour vider mon sac : un copain m'a récemment raconté avoir été obligé de couper les ponts avec ses parents (en Charente-Maritime) parce qu'ils n'assument pas la réputation d'avoir un fils homo. 
Concrètement, il veulent bien voir leur fils mais seul, afin d'éviter que le voisinage puisse observer “les monstres” ?, alors qu'il vit (dans le Gard) tout à fait “respectablement” depuis plusieurs années avec un mec.  Ma colère et mon envie de foutre ma merde dans la vie de ces gens arriérés sont grandes. Le respect de la liberté des autres m'empêche d'agir, j'ai trop besoin de la mienne, mais je pense qu'il y a tout à gagner dans cette réaction puisqu'il n'y a plus rien à perdre ... 
Après tout, eux sont bien capables de ne pas respecter leur gamin. Alors je me sens profondément choqué et frustré. Je suis obligé de penser que ces parents n'aiment pas leur enfant. Je veux bien qu'il leur faille du temps pour comprendre, accepter, mais lorsqu'une mère arrive à dire à son fils “... alors on ne se reverra peut-être pas avant mon enterrement”, c'est trop radical, trop définitif pour laisser le moindre espoir, sachant que le “peut-être” sous-entend “à moins que tu ne viennes seul”.  Tout ça parce qu'on a martelé la tête de ces gens pendant des années avec des ragots, des potins, des choses que personne ne sait mais dont tout le monde parle, de l'hypocrisie en barre.  Je sais qu'il n'y a rien de bien nouveau là-dedans, mais c'est bien ça qui m'énerve et je ne crois pas que des manifestations collectives (gay-pride par exemple) puissent avoir une quelconque influence sur ces
gens, je ne vois pas comment.
Philippe
J’avais un comportement bizarre, ma mère pensait que je me droguais...
En fait, j'ai appris mon homosexualité bizarrement à mes parents. Je sortais pas mal à ce moment-là et ne revenais que pour récupérer des fringues, une à deux fois par semaine. J'avais un copain depuis peu de temps.
Un soir où j'ai dormi chez mes parents, j'ai trouvé sur mon lit une lettre de ma mère qui datait presque d'une semaine, longue et triste, très en souci sur mon comportement agressif et mes passages éclairs ! A un moment, je comprends qu'elle pense que je me drogue... Là j'ai pris une certaine claque, pour enfin réaliser que je l'avais dupée et que son jugement était une vraie punition !
Je lui ai simplement réécrit une réponse, d'abord avec mes excuses et ensuite en lui avouant ma vie, ma “découverte” et mon bien-être avec les mecs (j'avais 22 ans) !! Conseil de famille le soir avec mes soeurs et parents, à priori aucun n'était gêné, presque comme un soulagement, quelques sourires complices de mes soeurs, et le débat a commencé par “tu fais l'homme ou tu fais la femme ?”. Je vous laisse imaginer la super évolution de nos moeurs ! Voilà c'est fini... 
Par amour et respect, je ne pouvais pas le lui cacher indéfiniment.
Salut à tous ! Cette question là, bon nombre de personnes diront qu'elle a été posée trop souvent et qu'elle revient sans cesse dans les rédactions du milieu. Oui, mais d'autres diront que ce sont les réponses qui la rendent intéressante cette question! Qu'est ce que c'est cool de pouvoir lire comment se sont passées les choses chez d'autres, quand on est encore le seul à avoir pris conscience de son homosexualité, alors que même ceux qui nous ont élevé et qui nous aiment ne sont pas au courant.
Mes parents étaient séparés depuis pas mal d'années, presque 10 ans, et je me serais presque trouvé devant un double dilemme, si je n'avais pas eu de si mauvais rapports avec mon père.
Ma mère et moi avions dîné ce soir d'été et, installés confortablement histoire de ménager l'inévitable, nous nous sommes mis à parler d'un  de mes amis, qu'elle trouvait sensible et un peu  à côté de ses pompes dans ses jeunes relations amoureuses. Sans avoir employé toute notre vie des formules de beuverie, ma mère et moi avons toujours eu des discussions franches et directes. Aussi après s'être étendu sur le cas de cet ami, elle m'a dit:" mais il se sent à l'aise en tant qu'homo? Et sa mère est au courant?" . Bam! Franco, je l'ai vue venir, un rien plus hésitante dans le ton de sa voix, avec toute la tendresse qu'une mère peut avoir pour son enfant.  "Et toi?"
Bon! ok! J'ai du pâlir un peu, mais je me suis dit que cela faisait trop longtemps que  je gardais ça pour moi, et que par amour et respect, je ne pouvais pas le lui cacher indéfiniment.  Et puis même si c'est volontairement que je lui avais présenté cet ami, ne m'avait elle pas offert la facilité en crevant l'abcès à ma place?
Nous avons parlé je crois pendant plus de trois heures, évoquant tour à tour les consignes de prévention, les détails sur les endroits du milieu, mais surtout des conseils de prudence et de beauté des sentiments, que je croyais réservés aux  gentils hétéros et non pas aux vilains homosexuels.
Honnêtement, même si cette soirée n'a pas été des plus confortables pour moi, elle reste la plus belle preuve d'amour que m'ai laissée ma mère, et je m'en serais voulu longtemps de l'avoir laissée partir sans qu'elle ne me connaissent pas intégralement.
Je suppose qu'une mère, qu'elle soit à cœur ouvert comme l'était la mienne, ou  froide et méprisante  comme j'en ai malheureusement connu, ressent toujours les tiraillements de sa chair. Elle ne parvient pas toujours à mettre un nom sur le malaise de son enfant, mais elle sait qu'il y a quelque chose.
Le mieux je pense est de mettre à jour ce quelque chose, pour tenter de dissiper ce malaise qui risque de ronger non pas toute une vie mais deux, voire trois.
Le tout est de ne pas brusquer les choses, et d'ajuster les bons mots au bon moment, sans jeter un pavé dans l'eau , ni en noyant le poisson dans la guimauve.  Et là , il faut simplement écouter son instinct.
Ah! Oui!  Pour terminer, Sénèque avait écrit: "Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas. C'est parce que nous n'osons pas, qu'elles sont difficiles."
Issue d'une famille de notable catholique, j'avais 12 ans et je leur ai dit ! 
J'avais 12a, j'était amoureux d'un garçon ,je l'ai dit a ma mère,"parents divorcé"elle m'adit que c'était un truc de jeune ado que d'avoir une relation d'amitié avec un autre du même sexe, je lui ai dit que non ,que c'était de l'amour, j'avais 12ans ! Je lui ai demande de ne pas le dire a mon père, hélas elle l'a fait malgré tout,
Dde l'age de12a,a maintenant, mon père ,sa femme ,ses enfants, ma famille du cote paternel, me voue les railleries, moquerie, humiliation, et bêtise, depuis j'ai fait ma vie, j'ai 34a,je suis fier d'entre gay, mais le chemin que j'ai parcourue de ce fait aura été plus dur que d'autres!
Voila j'avais 12ans,et je leur ai dit! (issue d'une famille de notable catholique)

“Si tu es heureux comme ça, alors que puis-je dire ?
Annoncer à ses parents que nous sommes homosexuels n'est jamais une chose facile ! surtout comme pour moi, étant né dans un milieu d'ouvriers pas très ouvert vers l'extérieure mais je ne voulais pas vivre caché, alourdie par le mensonge, et tenter de dissimuler cette homosexualité pour le restant de mes jours avec toutes les conséquences que cela comporte..
pour moi c'était un soir, jetais devant le miroir en train d'arranger une mèche rebelle, quand ma mère me lance "tu es pire que les filles toi ! toujours en train de te miroiter..!"
Pas étonné du tout de sa remarque, puisque c'était pas la première fois que j'avais eu droit à cette pic ! je rétorque : " ben quoi !! le miroir n'est pas que réservé au nanas non ? " ma mère me regarde de travers et me dit..." ça fait pd ! "abasourdie par cette remarque inattendue, je la regarde dans les yeux et je lui lance " mais je suis pd! "
alors là....vite un siège ! ensuite les explications, la culpabilité, les cris, les larmes... la totale !
puis elle relève le visage et me dit : "je m'en doutais depuis longtemps"
alors je lui répondit" pourquoi n'as-tu rien dit alors ? "
elle ne dit rien,  elle me regarda et s'en alla dans la chambre pour continuer à se lamenter !
mon père était déjà décédé, je n'avais donc pas trop de difficultés, mais je savais que cette affirmation devait lui faire du mal ! j'essais le seul garçon et je devais aussi reprendre la toute jeune entreprise de maçonnerie de mon père, mais je n'en avais pas l'intention, sans pour cela vouloir devenir coiffeur pour dames, je ne voulais pas faire ce dur métier.
les jours qui suivirent fut allez lourd, le silence , puis les questions intimes, la peur des ragots, le peur des autres surtout !
et puis un jour, elle me dit " si tu es heureux comme ça, alors que puis-je dire ? mon seul regret c'est que je n'aurais jamais de petits enfant de toi !"
je savais que cela lui faisait beaucoup plus mal que mon homosexualité, un enfant ! oui pour que le nom ne se perde pas, pour faire comme les autres... mais je n'étais pas comme les autres malheureusement....mais que pouvais je  y faire ? RIEN !
Manu

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