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LE FORUM DES LECTEURS Télévision,
Livres, DVD ... Pensez-vous qu’il existe réellement une "culture
gay" ? |
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Deux arguments me frappent dans ce débat : le premier, c'est que la culture gay est pour certains la revendication d'un droit à la culture, afin de ne pas se laisser enfermer dans les bars et les backrooms. Ils estiment que leur préférence sexuelle peut fonder autre chose que du sexe et des sociabilités de passage, mais un vrai patrimoine, de vraies œuvres, égales en valeur et dignité à celles des hétéros. Le second argument intéressant est celui de l'inévitabilité : quand des êtres humains vivent en société, en groupes, en tribus, clans et autres, ils ne peuvent que créer de la culture. L'ethnologie, nommera culture tout produit humain, quel qu'il soit, du caillou taillé au concert classique. Une culture gay existe puisque l'on se retrouve pour passer du temps ensemble, à cause de goûts communs. Les goûts peuvent être bons ou mauvais, les références différentes (de mon temps, comme disent les ancêtres, Eartha Kitt et Maria Callas allaient main dans la main), mais il y a de la culture, inévitablement. Elle est le terrain de chasse des commerçants et d'industries culturelles, comme partout : c'est une marchandise. Je ne pleurerai pas là-dessus; quand j'étais adolescent, au début des années 70, il n'y avait rien du tout, à part une tasse près de la gare, les quais du Rhône et les voyous qui y attendaient les "pédés". J'aurais bien aimé avoir un bon bar/boîte/sex-club dans le patelin provençal où je grandissais, je m'y serais senti moins seul et mon argent aurait servi à m'acheter une impression de sécurité. Ce n'est pas drôle de risquer le passage à tabac chaque fois qu'on a envie de rencontrer quelqu'un. Certains revendiquent une culture gay "à égale dignité avec celle des hétéros". Elle existe déjà. Des écrivains, grands ou mineurs, forment une sorte de "République des Lettres gay": Christian Pierrejouan, Renaud Camus sont de grands auteurs, d'autres, comme Guillaume Dustan ou Yves Navarre, bien moins. Mais leurs œuvres concernent l'homosexualité. Sont-elles des œuvres homosexuelles? Je ne sais pas, j'ai envie de répondre que c'est de la littérature, que la littérature n'a pas d'identité bien fixe et que si l'on tente de lui en donner une (littérature prolétarienne, littérature de gare, etc.) elle se dérobe. D'autres l'ont dit mieux que moi dans les contributions que vous avez publiées. Le dernier problème soulevé par votre question est de savoir si l'on peut qualifier une culture de gay, hétéro, ou autre. C'est une idée américaine, à mon avis très stupide, et venue de "minorités" qui se prennent là-bas pour des nations en exil : des féministes, des militants noirs, et d'autres, revendiquent le "droit à leur culture propre". Ils s'imaginent qu'on peut expliquer une création culturelle par des faits de nature comme le sexe, la couleur de la peau ou l'orientation sexuelle. Des pseudo-spécialistes sont très fiers de vous annoncer que tous les Pharaons sans exception étaient noirs, que Socrate et Platon ont reçu des Africains leur philosophie (à moins qu'ils ne fussent noirs eux-mêmes). Qu'est-ce que ça prouve? A mon sens, rien d'autre qu'un pathétique complexe d'infériorité qui leur fait annexer une culture qu'ils ressentent comme le domaine des Blancs. Mais cette culture est à tout le monde : il suffit de s'instruire pour l'acquérir. Pour l'acquérir, des efforts sont nécessaires, pas une couleur de peau, un sexe ou une orientation qu'on a en naissant. Ce serait trop facile. Alors, va-t-on affirmer que la philosophie grecque est aussi une philosophie gay, car Socrate et Platon aimaient les garçons? Il ne suffit pas de les aimer pour avoir du génie. La culture n'a ni couleur, ni race, ni orientation sexuelle. Donc, quelles que soient leurs préférences en matière de sexe et leur origine raciale, tous les hommes ont la capacité de s'en emparer et de la posséder, s'ils y travaillent. Car culture, faut-il le rappeler, vient d'un verbe qui signifie "cultiver la terre": c'est dur, c'est pénible, c'est du travail! Mais la culture est du domaine public, on n'en hérite pas en naissant, comme l'aristocratie. Cela s'appelle universalité. Amicalement, Henri. |
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Pour moi, culture gay, ça ne veut pas forcément dire aimer les mêmes films qu'on nous dit d'aimer. Mais, il y a peut-être une esthétique à laquelle beaucoup de gays (mais pas tous) s'identifient. Mais surtout, culture gay, pour moi, c'est avoir des références communes parce qu'on est forcément intéressé au moins un peu par le sujet de l'homosexualité, les références communes, ce sont des films (Pink Narcissus, Beautiful Thing, Drôle de Félix...), des auteurs gay ou non (André Gide, Hervé Guibert...), des chanteurs (Mano Solo...), des icônes gay (Eartha Kitt, Doris Day, Judy Garland...), et d'autres choses... Bref un univers fait de ces personnages que beaucoup de gays peuvent avoir en référence et connaissent plus facilement qu'un hétéro (je pense à Eartha Kitt par exemple). Pour répondre à la question, pour moi il existe une culture gay, même si elle est très récente, surtout en Europe. Il existe des librairies et des bibliothèques gay qui regroupent ce genre de choses. A Lille, (ce que je connais) : la librairie GayKitschCamp (rue Royale) et la bibliothèque des Flamands Roses (rue de Condé). Mais il y a aussi plusieurs librairies du même genre dans le Marais et ailleurs. |
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La culture gay
existe-t-elle ? Le seul fait de se poser la question est-il le signe d'une
ignorance ou d'un reniement ? Oui : La culture gay n'existe plus depuis
quelques années dans le milieu homosexuel. Il subsiste un simulacre
d'emploi du mot, par nostalgie d'une époque festive, mais au fait,
comment pourrait-on parler de "culture" dans une milieu terrorisé
qui pratique à outrance la censure dans ses propres rangs, qui a fermé
la plupart de ses forums , et dont la seule perspective est de défendre
une intégration dans la société ? |
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Cette interrogation "Existe-t-il une culture gay ?" m'a toujours amusé. Car elle pose tout simplement la question "Existe-t-il des gays ?". Donc, si on admet qu'il existe plus de deux gays dans le monde qui disposent d'un minimum d'outils de communication, ils s'exprimeront à leur manière et alimenteront ce qu'on peut appeler une culture gay c'est-à-dire l'expression de leur manière d'être. Ceci dit l'homophobie française est si forte et la République française si hétérosexiste jacobine qu'il est toujours infamant d'utiliser l'adjectif gay. J'ai appris récemment lors d'une émission PinkTV qu'il n'y avait pas de films gay. Beaucoup d'écrivains considèrent aussi que leur œuvre n'est pas gay. En revanche, ces auteurs et ces réalisateurs se disent gay sans problème, donc l'adjectif gay n'est approprié, selon l'usage, qu'aux personnes et non à leur production. Sont-ce les exigences du marché ? Alors, il y aurait une définition différente du marché selon qu'on est anglo-saxon ou français car ces premiers n'hésitent pas à utiliser le mot gay pour caractériser leur œuvre. Pour ma part, "gay" est un raccourci pour "qui intéresse les gays". Mais pourquoi ce dégoût pour cet aimable raccourci ? Je ne vois que la haine de soi. La haine du gay. Sous couvert de "gay", nous sommes restés en France particulièrement tout simplement "homosexuel" c’est-à-dire comme disent les anglo-saxons "the men who have same sex relations", des personnes qui préfèrent avoir des relations sexuelles avec des personnes du même sexe. L'homosexualité en France ne verrait pas plus loin que le bout de sa queue... Il est vrai que la seule liberté laissée par les hétéros aux homosexuels -et depuis une époque somme toute récente- a été la liberté sexuelle (dixit le fondateur américain de Act Up). Admettre une culture gay c'est admettre une identité et une communauté gay, c'est se solidariser avec les personnes qui ont les mêmes intérêts et les mêmes goûts que nous. C'est aussi et surtout s'assumer comme gay et respecter le travail de tous les gratuits gay qui informent sur cette culture (livres, films, infos, etc.) PS : Prochaine question : existe-t-il une culture hétéro ? Bibliographie : Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes dirigé par Didier Eribon, Hachette, 2003 et les éditions QuestionDeGene/GkC visibles sur le site www.gaykitschcamp.com Patrick Cardon |
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Je pense qu'il y a une culture gay. Oui, et elle est nécessaire pour nous qui sommes gays, qui aimons vivre et aimer comme bon nous semble et sans faire semblant; et elle est nécessaire pour qui cherche à comprendre la vie gay d'hier et d'aujourd'hui. J'aime lire un bon roman gay dont certaines lignes sont de vraies poésies de la rencontre et de toutes rencontres inattendues et surprenantes. J'aime regarder un DVD avec une vraie histoire d'amour (il en existe peu). J'aime la culture qui donne du corps au corps parce que je me sens reconnu et aimé comme je suis: "Homo comme ils disent" d'après la chanson de Charles A. J'ai aussi envie de dire qu'il y a des cultures gay; parce que des façons de vivre différentes, des attentes différentes, selon l'âge, selon sa situation et selon ses moyens financiers, comme la mode. J'aime l'utopie de la culture gay, car elle fait et fera avancer les mentalités de notre société, surtout en matière de tolérance face à l'homophobie. La réalité est là pour souligner le concret de notre vie: ce qui fait que j'existe au milieu de cette culture gay, avec d'autres gays que je rencontre, dans un bar, dans une association, et autres lieux. J'aime enfin joindre l'utopie à la réalité, comme on rejoint l'être à aimer, qui sans cesse est à découvrir. Vive la culture gay ! GB |
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Les salons gay et consorts ne sont pas nouveaux. Ils existent déjà en GB,un peu partout, ce n'est pas utopiste, mais la fracture sociale est là. Les gays sont ciblés comme étant des gens avec de l'argent, que nenni ! S’il y a en effet quelques personnes qui ont plus de moyens que d'autres et pourraient être sensibles à cette diaspora de la culture gay, faudrait-il déjà avoir un lobby gay. Ce n'est pas le fait d'avoir des gens qui se targuent d'être des représentants syndicaux qui vont changer grand-chose, les boîtes à cul et autres, pour vraiment changer ça, il faudrait dans l'absolu avoir une véritable identité gay, lors des Gay Prides par exemple, les autres sont mal représentés : les handicapés, les aveugles, les gros, les petits, les minorités ethniques communautaires, alors après ça on nous propose des salons gay, mais avec un peu de réflexion on s'aperçoit vite qu'il s'agit là ni plus ni moins d'une arnaque à la "vache à lait". Car que nous propose-t-on de si génial dans ces salons gay ou le synopsis de la culture gay ? Pas assez pour vraiment donner envie de demander un crédit à la consommation et claquer de l’argent pour ensuite pleurera les larmes de notre corps pour payer ce maigre résultat ! Et quel résultat, quelle angoisse, pour bénéficier d'une force, d'une identité gay, les gay eux-mêmes devraient se comporter avec un sens du civisme, du respect d'autrui, d'un lobby, d'un pouvoir, mais pas de copinage ! Je déplore certains gratuits qui font du copinage, la culture gay se doit avant tout d'être lisible, intelligente, propre et surtout bien organisée. PS : Pour conclure les gays de toutes origines, de toutes mansuétudes, ne sont pas des vaches à lait ! Cessons les prendre pour tels, sinon la crise perdurera. |
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Pour qu’une culture gay existe il faudrait que le mouvement gay ait une histoire, ce qui n’est pas le cas hormis le célèbre épisode "Stonewall" fin des années 60. Pour une grande majorité de gay, du moins ceux qui sont visibles, la culture se limite aux backrooms, à la drague, à la mode, à flatter leur ego, à se croire friqués même s’ils sont Rmistes, à provoquer par leur comportement, à mépriser leurs semblables, bref rien de positif. Cependant on voudrait nous faire croire qu’une culture gay existe. Les produits destinés aux homosexuels se multiplient certaines sociétés ayant trouvé un filon à exploiter, mais là encore rien d’autre que du pur business. Voilà mon point de vue que certains trouveront simpliste du moins s’ils se sentent concernés par mes propos.... Emile |
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Culture : Ensemble des données acquises et transmises à l'intérieur d'un groupe social.
Les productions intellectuelles, artistiques, religieuses, etc., de ce groupe. |
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Oui je pense que la culture gay est un fait de société; car si nous étions tout a fait accepter par la société (voir Têtu 12/04), nous aurons pas besoin de cette ghettoïsation de culture gay. Nous aurons tout simplement une culture mélangé, oui comme dit Nicolas : une culture française, allemande, européenne mais plus "+" que la culture gay. Evidement qu'il y a des chanteurs ou des écrivains qui font dans l'envie de l'écouteur ou lecteur gay, mais c'est parce que nous sommes bien vivant et que nous avons la demande. Regardez par exemple les femmes ont pas une culture spécialement femmes, mais elles ont des bouquins et des journaux spécialement femmes; c'est pas pour autant une culture. Mais en générale je suis pas contre qui a des saunas et des boites pour nous, parce que nous pouvons pas encore nous rencontrer n'importe où. Qu'on vends aussi des DVD gay, mais est-ce vraiment important qu'on trouve c'est films uniquement dans des magasins spécialisé ?, ça serait bien d'avoir ça dans son supermarché du coin (je ne parle pas du porno), n'est pas sans pour autant supporté le regard du vendeur ou de la caissière. Ceux que je voudrais ajouter, nous sommes pas des vaches à lait, chez les gays autant que chez les hétéros, beaucoup de personnes gagne que le SMIC et ça suffit de nous prendre pour le milieu qui dépense sans compter (quand on regarde la mauvaise image de "Queer"). Alors la culture gay est actuellement pas fait pour le petit portefeuille. Si cette culture gay devient universelle, nous aurons gagner la reconnaissance et un budget pour tous. Florian |
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Je pense en effet qu’il existe une culture homosexuelle. Cependant, ce n’est pas propre au milieu gay mais une généralité humaine. A partir du moment ou un groupe de gens ont un point commun et que cela influe fort sur leur vie, il y a d’office l’émergence d’une culture propre à ce groupe d’humain. C’est le cas de la communauté gay mais également des Juifs, des Noirs, des Esquimaux,… La différence de ce groupe d’humains par rapport à la société engendre des signes de reconnaissance, des icônes, des goûts communs qui permettent de se sentir moins seul mais également d’exister aux yeux du monde. Cependant, cette assimilation n’est pas automatique. Certains homos ne se reconnaîtront pas dans le fait que les homos soient fans de Dalida ou aient une vie de couple assez volage. Chaque individu est plus ou moins impliqué dans une communauté (voir plusieurs) et se reconnaît à des degrés divers dans la culture dite gay. De plus, je pense qu’il n’y a pas qu’une seule culture gay. Elle est aussi multiple qu’il y a d’homos. On peut même affirmer qu’il y a des sous-cultures gay. Pas qu’elles soient moins importantes mais tout simplement différentes. Un amateur de film X gay n’est pas nécessairement intéressé dans la mode et pourtant, ce sont deux sous cultures qui forment la "culture gay", avec beaucoup d’autres bien entendu. Au même titre qu’il y a des cultures françaises, allemandes,.. qui font partie d’une culture européenne. Je terminerai en disant qu’une culture gay est utile tant qu’elle n’est pas la seule référence. Rien ne vaut le mélange des cultures et des mentalités pour aller vers les autres, se construire une personnalité ouverte et tolérante. Si le monde entier vivait comme ça, il n’y aurait même pas de culture gay car il n’y aurait pas de rejet des homosexuels. Nicolas |
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Je pense en effet que la "culture gay" est une réalité qui existe au travers d' écrits d' écrivains reconnus , de chanteurs & groupes revendiquant leurs identités ,et que celle-ci est de nos jours récupérés et exploitées de façon commerciales et lucratives en effet le lobby gay est porteur et fait vendre ; pourquoi ne pas s' en servir ??? Il est dommage de constater que nous sommes de plus en plus considérés comme des portefeuilles ambulants et une source de profit , des filons à exploités à tout va ........ |