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Jacques M. (Dépt 84)
"Intellectuellement c'est une chose nécessaire: il doit y avoir un
échange entre deux partenaires, l'un doit donner quelque chose que
l'autre doit recevoir.
Je n'en veux pour preuve qu'un très vieux livre qui contenait les
graffitis des WC publics(à une époque où ils étaient plus intéressants
puisque la presse ayant pour objet le sexe était encore occulte) .Dans
l'analyse qui suivait, il y avait justement cette idée : le plaisir,
l'excitation naissaient toujours du don et de ce que l'on recevait
Actuellement hélas ,si l'on demeure lucide ce n'est pas possible, sauf
dans un moment de folie , qui vous conduira 3 semaines après dans un
laboratoire pour une recherche HIV et même si on se laisse aller au
bonheur du préservatif quelquefois déchiré (et s'il a été déchiré
c'est que l'amour vous a bien été fait ...) il n' en demeure pas moins
que le RV au labo est en filigramme dans la tête.
Mentalement , je suis avec Guillaume Dustan, mais dans ma tête
seulement."
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Alain (Dépt 78)
Ancien collaborateur bénévole d’une association bien connue de
lutte contre le sida, je profite de votre espace de libre parole pour vous
faire part de mes impressions vis-à-vis d’un milieu gay de plus en plus
décadent dont la notion de respect n’a plus de sens.
J’ai, par conviction, joué le bon samaritain en consacrant une grande
partie de mon temps libre à faire de la prévention et de l’écoute
pendant 4 années. Voilà près d’un an que j’ai arrêté, non pas
sans raison, mais par écoeurement, aussi bien par rapport aux
responsables d’établissements qu’aux gays eux-mêmes.
Alors que la prévention semblait, jusqu’à fin 98, porter ses fruits,
avec des cas de sida en nette régression dans le milieu gay, les espoirs
apportés par la trithérapie ont fait, pour certains, du sida une maladie
chronique, les médias y ayant leur part de responsabilité.
La prévention s’est relâchée, voire a disparu chez certains. Sur
Paris, des établissements, sans scrupule et sans hygiène acceptent que
les gens se contaminent dans des backrooms insalubres, le seul souci de
leur propriétaire étant que le tiroir caisse se remplisse. Mais que font
donc les pouvoirs publics ? Si les services d’hygiène connaissaient ne
serait-ce qu’un dixième de la situation, ils auraient déjà agi. La
délation, dans de tels cas, me semblerait opportune.
Pourquoi dépenser des fortunes en faisant de la prévention si c’est
pour en arriver à de telles aberrations. Un nombre incroyable de petites
annonces, de dialogues en direct, fait appel au sexe sans protection, au
"bareback" pour utiliser un terme à la mode qui me donne envie
de gerber. C’est tout simplement de la boucherie ! Je crois que beaucoup
n’ont rien compris, ou bien ont tout simplement perdu la raison. Le sida
tue toujours !
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