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Le
Billet
d’humeur de Jonathan Denis Maintenant que nous sommes inférieurs… |
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Nous pensions la fête homophobe terminée. Nous pensions vivre dans un pays qui nous respecterait, qui ne nous trahirait pas, qui nous défendrait en cas de violences et d’insultes. Nous pensions enfin être mieux traités que de simples sous-citoyens. Hélas, nous avons eu tort. Un homme, toujours le même, toujours incorrigible, a su surfer sur la vague de la haine et de la différence. Là où le pardon n’est guère possible, c’est quand cet homme se trouve être un élu de la république, un député de la majorité présidentielle à qui son parti a offert une candidature aux élections législatives et municipales. Christian Vanneste, puisqu’il s’agit de lui, a parfaitement réussi son pari : faire passer une pensée homophobe comme une simple possibilité de liberté d’expression. Adieu loi du 30 décembre 2004 condamnant les propos discriminatoires en raison notamment de l’orientation sexuelle. Adieu grand discours fraternel du président en fonction contre les dérapages d’élus. La crise est là, donc on peut bien se foutre de ce que l’on dit sur les pédés. Message reçu largement pour la majorité de l’opinion et par l’ensemble des gays et lesbiennes de ce pays qui se veut encore terre des Droits de l’Homme même si on ose dire tout haut que lutter pour ces droits se trouve être incompatible avec la mission politique d’un Etat. Le plus difficile à comprendre dans cette affaire vient de la source même qui a permis cela : la justice, sa plus haute juridiction. Le 12 novembre 2008, la Cour de Cassation a reconnu que les propos de Christian Vanneste ne dépassaient pas les limites de la liberté d’expression. Or, qu’avait-il dit ce bon vieux monsieur ? En toute simplicité que “l’homosexualité est inférieure à l’hétérosexualité” et “une menace pour la survie de l’Humanité”. Rien de méchant. Juste une insulte horrible à des millions d’hommes et de femmes de ce pays, mais bien au-delà du monde entier. Juste une incitation à la haine. Une question se pose alors : pourra-t-on dire demain tout et n’importe quoi sous la simple excuse du respect de la liberté d’expression. Pourra-t-on dire que la religion catholique est inférieure à la religion juive, que les Noirs ou les handicapés sont une menace pour la survie de l’humanité ? La liberté d’expression revendiquée par la justice et Christian Vanneste ne se trouve être qu’une simple liberté de connerie, de chèque en blanc pour monter les gens les uns contre les autres. Oublions donc l’Histoire, les tragédies, l’insoutenable, justement car des gens étaient considérés comme inférieurs à d’autres. Je pense aux jeunes, aux plus jeunes d’entre nous qui entendent cela. Nous avions eu “les pédés au bûcher” en 1999 lors des débats sur le Pacs. Ils ont maintenant les propos de Christian Vanneste et surtout cette décision de la justice. Comment se construire face à cela ? Comment accepter un amour naissant pour le même sexe que le sien ? Comment espérer vouloir revendiquer une union comme les autres, un droit à donner du bonheur à un enfant, une possibilité de donner son sang pour sauver des vies ? N’imaginons plus cela car nous sommes inférieurs. Aurai-je donc le droit de payer moins d’impôts, de bénéficier de toutes les aides de l’Etat ? Je rêve, rien de tout cela, je dois juste me taire. Nous ne pouvons accepter cela. Nous devons aujourd’hui montrer que cette insulte de la république peut mener au désastre sous la seule excuse d’une liberté d’expression. Reste un espoir face à ce monde politique idiot. Il s’appelle Rama Yade et elle veut porter une parole forte à l’ONU. En ce début d’année nous serons donc peut-être inférieurs en France mais au moins on pourra se dire que l’homosexualité pourrait être enfin dépénalisée dans le reste du monde. Juste un espoir pour cette année 2009, rien qu’un vœu : celui que nous tournions au plus vite la page de ces tristes politiques qui nous font honte. |
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