Le Billet d’humeur de Jonathan Denis
Novembre / Décembre 2008
 

Mais ils sont où ces représentants de la cause gay ?

Edvige, acte II : après avoir été laminée par une vague de contestation venue du peuple et après avoir fermé son clapet suite aux remontrances d’un prince en son château, notre ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, s’est retrouvée obligée de faire marche arrière pour son si beau projet d'ordre humain : son fichier fourre-tout. Plus de pédés et de gouines… Plus de séropos et de cancéreux. Elle avance, elle recule, comment voulez-vous… ?

Sans tomber dans cette mesquinerie paillarde, comment voulez-vous que la confiance revienne et que la France soit cette terre d’humanisme que les autres nous envieraient encore ? Edvige à la poubelle sans ses notions absurdes et contestées, revoici Edvirsp (sa petite sœur) qui maintenant veut toujours mettre dans son panier les juifs, les cathos, les musulmans et tutti quanti ainsi que l’ensemble des petits délinquants de 13 ans. Bref, une ménagerie de plus dans un gouvernement qui marche sur la tête.

Et pourtant, où sont-ils tous ces flingues tendus comme un seul homme vers Edvige ?

Où sont passées les personnes qui réclamaient le retrait du fameux décret ?

Que sont devenues les foules émues d’un fichage odieux ?

Où sont les grandes têtes de la défense homosexuelles, de la pensée du marché gay, de la gauche donneuse de leçons ?

Partis, envolés. Tous comme un seul homme. Plus personne au micro puisqu’homos et lesbiennes ont été rangés au placard. Ils ont fui. Mesquinerie, prudence, manque de courage ou tout simplement je m’en foutiste ? Pas une plaidoirie contre le texte du nouveau décret. Mais t’es bête Jonathan, l’orientation sexuelle n’apparaît plus, c’est juste la religion, l’origine qu’on va tatouer au fer rouge. Je suis bête, oui. Bête d’avoir cru en l’union d’un peuple face à la cohue gouvernementale. Bête d’avoir pensé que c’était « tous ensemble » et pas « chacun pour sa pomme ». Bête de croire que tous ces homos, défenseurs de liberté, pourfendeurs des attaques qu’on ne dénonce pas, seraient là.

Alors, on laisse faire. On ne se soucie de rien. Nous, on a eu ce qu’on voulait alors on lève les voiles, ok les mecs ? Une brochette de honteuses, de défenseurs de l’imbécilité. Quelques-uns restent tout de même. Tout n’est pas perdu dans une communauté. L’intelligence et la sincérité peuvent se voir mais elles ne brillent pas au milieu du néant de la mauvaise foi. Je n’ai pas l’humeur joyeuse. Je suis triste face à ceux qui veulent notre confiance. Je suis désolé pour eux, désolé de les avoir perdus en chemin, désolé de ne pas les voir continuer. Car pour moi, la lutte ne s’arrête pas là. Je continuerai contre Edvirsp… Les absents ont-ils remarqué qu’Edvige n’était pas retiré ? Que le nouveau décret ne prévoyait même pas le retrait de l’ancien texte tant décrié ? Mais non, on a gagné je te dis, il y a plus de pédés dedans.

« Face à l’intolérance et à la haine, il n’y a pas de transaction possible, pas de compromission possible, pas de débat possible ». C’est signé Jacques Chirac et ça résume tout. On crie au loup et puis quand il mange le voisin, on se tait. Bien triste mouvement de ceux qui représentent les droits demandés par les homos. Gare au retour de bâton, car là, on vous laissera seuls. Comme vous le faites aujourd’hui.  

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