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Le
Billet
d’humeur de Jonathan Denis Souriez, vous êtes fichés... |
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On aurait presque pu ne rien voir tellement le gouvernement avait cru réussir son coup en le faisant passer silencieusement au début des vacances d’été. C’était cependant sans compter sur la réunion d’un formidable réseau d’associations et d’acteurs politiques tentant de mettre à mal un fichier digne des inscriptions reniées de l’Histoire. Il y avait eu ARDOISE. Acte II de Sarkozy : le fichier EDVIGE. Un cumul de renseignements permettant de recenser, dès 13 ans, des personnes jugées “susceptibles de porter atteinte à l’ordre public”. En réalité, une machine de guerre où apparaîtraient pêle-mêle l’état de santé, l’orientation sexuelle et l’exercice d’un mandat politique, syndical ou économique ou encore un “rôle institutionnel significatif”. En vacances en Floride à cette période, je n’avais eu qu’une connaissance rapide de ce fichier mais déjà le nombre important d’appels sur mon portable m’indiquait que nous devions réagir rapidement. Des associations se sont réunies, deux partis politiques (Aujourd’hui Autrement que je préside et Cap 21) ont déposé en commun un recours au Conseil d’Etat, plusieurs personnalités politiques ont saisi la HALDE… Bref, c’était le buzz de l’été et un coup de soleil sévère pour un gouvernement qui avait refusé de mettre une crème solaire suffisante. La déclaration de guerre était lancée envers l’ensemble des citoyens. Fichés pourquoi, pour qui, vers quelles conclusions ? Des questions sans aucune réponse pour EDVIGE, qui à défaut d’être un beau prénom se transformait en vilain fichier. Nous n’étions peut-être pas dans les heures sombres d’un nazisme rampant, ni dans un remake d’un communisme alarmant mais la réalité d’un fichage commun était devant nous. J’en avais imaginé des possibilités pour un petit président fier de son jouet mais j’avoue qu’il dépasse tout ce que je pouvais espérer. Traités par numéro, alignés comme des sacs à patates dans un logiciel informatique prêt à nous décoder, à nous taxer d’une mention “attention danger”. Sauront-ils expliquer en quoi être un homo ou un cancéreux fait de nous un être potentiellement dangereux ? En quoi un responsable politique doit-il accepter un fichage systématique pour le bien de toute la société ? Et ce chiffre 13… A 13 ans, toujours responsable du pire mais jamais du meilleur. Il est beau mon péril jeune ! Ils voulaient nous trouver pour mieux nous ficher. Eh bien donnons leur raison, offrons leur ce bonheur. Ils vont effectivement nous trouver… mais cette fois-ci en face à face. Et au moins ils auront l’occasion de croire que nous sommes des délinquants. |
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