|
Bonnes
vacances |
|
|
Par Cédric Chaory |
|
|
|
A l’heure où le soleil repointe enfin le bout de ses rayons, nous n’avons plus qu’un mot à la bouche : vacances. Eh voilà que tourne déjà en boucle dans votre tête “il y a le ciel, le soleil et la mer” lorsque vous pensez à votre future destination. Mais à ces trois mots magiques peuvent souvent s’accoler celui d’homophobie… Et vos vacances tournent alors au cauchemar. Afin d’éviter le pire, LOM dresse la cartographie des pays où il ne fait pas bon poser ses valises. |
|
Illégale et non reconnue “Actes sexuels ou charnels contre nature, indécence, offenses, actes obscènes, atteinte à la moralité” les qualificatifs se suivent et se ressemblent d’un pays à l’autre pour définir l’acte homosexuel honni. Les réprimandes, elles, diffèrent. Car il est peu aisé de définir dans ses grandes largeurs la cartographie mondiale de l’homophobie (et de ses conséquences). On a coutume de différencier les états où l’homosexualité est tout simplement illégale de ceux où elle n’est pas reconnue ; une histoire de bonnet blanc et blanc bonnet au vu des peines infligées aux malheureux pris la main dans le pantalon. L'homosexualité est illégale dans environ 50 % des pays du monde. Ces 90 états offrent un large panel de peines dignes d’un autre temps. Un pays comme les Etats-Unis, qui se targue d’être la définition même du mot démocratie, voit 13 de ses états appliquer la “sodomy laws”, interdisant toute pénétration anale (Caroline du Nord et du Sud, Floride, Alabama, Mississippi, Louisiane, Arizona, Idaho, Michigan, Minnesota). Dans 5 de ces Etats, seuls les homosexuels sont visés : le Texas, l’Oklahoma, l’Arkansas, le Missouri et le Kansas. Si l’inhumaine charia dicte sans pitié sa solution finale (par pendaison, lapidation ou flagellation) en Afghanistan, Arabie Saoudite, Iran, Koweït, Qatar, Yémen, Tchétchénie, Soudan, Nigeria ou encore Mauritanie, la quasi-totalité des autres états emprisonnent sans vergogne ses homosexuels. Jusqu’à 15 ans pour certains pays ! Etonnamment, l’état d’Asie Centrale de Taïwan applique emprisonnement et peine de mort mais cette dernière n’est réservée qu’aux militaires outés. Yes, Sir ! Si 80 autres pays clairsemés sur la planète ne reconnaissent pas l’homosexualité, cela souvent dû au fait que les autorités n'ont jamais inscrit ou autorisé celle-ci dans leurs papiers officiels, la situation des gays et des lesbiennes n’en est pas pour autant enviable, et ceci est valable pour les touristes. De nombreux pays européens figurent dans cette triste liste : Italie, Irlande, Autriche, Roumanie ou encore Pologne. Ces deux derniers états de l’Union Européenne ont d’ailleurs dû revoir leurs constitutions et leurs mentalités afin d’entrer dans l’Union. Concernant la Roumanie, sous la pression du Conseil de l'Europe, la peine de cinq ans d’emprisonnement pour homosexualité a été modifiée en 1996. Modifiée et non pas annulée… car il s’avère toutefois que les actes homosexuels entre adultes consentants sont passibles d'une peine d'emprisonnement “si les faits se sont déroulés en public ou ont causé un scandale public”. Un autre article de cette loi modifié rend passible de peines allant d’un à cinq ans d'emprisonnement toute personne ayant “incité par la séduction ou par tout autre moyen, une personne à avoir avec elle des relations homosexuelles, ayant formé des associations de propagande ou fait, sous quelque forme que ce soit, du prosélytisme à cette fin”. Prudence donc dans ces contrées car si ces 80 pays ne condamnent pas systématiquement l’homosexualité, d’effroyables et incongrues subtilités dans les textes de loi punissent tel ou tel acte affilié aux relations gay. Autre discrimination honteuse encore : les pays qui interdisent les touristes séropositifs d’entrer sur leurs territoires. Ils sont 11 au total : Etats-Unis, Russie, Arabie Saoudite, Arménie, Bruneï, Chine, Corée du Sud, Irak, Moldavie, Qatar, Soudan. La découverte du sida chez le touriste conduit à une expulsion immédiate. Ainsi pour l'obtention d'un visa temporaire, les Etats-Unis posent cette question : Etes-vous atteint d'une maladie contagieuse ayant une incidence sur la santé publique ? Décidément les Etats-Unis, toujours aussi classe… et démocratique !
Là où il fait bon farnienter ? L'homosexualité est reconnue seulement dans un peu moins de 21 pays. Cette reconnaissance dans les droits, qui permet l’interdiction de la discrimination selon l’orientation sexuelle, est effective en Afrique du Sud, Allemagne, Belgique, Brésil, Canada (Québec compris), Costa Rica, Danemark, Espagne, Finlande, France, Hongrie, Islande, Israël, Mexique, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Suède et Suisse. Depuis plusieurs années, certaines destinations gay ou gay-friendly se sont consolidées. Ces destinations donnent un environnement dédié à ce type de touristes et adaptent leurs infrastructures. Bien évidemment le choix des lieux touristiques que les homosexuels iront visiter lors de leur planification d’itinéraire, n'a habituellement pas de lien avec la reconnaissance des gays et des lesbiennes. Ce qui veut donc dire qu'un touriste homosexuel n'ira pas que dans les lieux gay, mais ira voir des attraits touristiques pour tous. Toutefois, les destinations ouvertes aux homosexuels ont l'obligation morale de s'assurer que ces lieux seront séculaires et qu’il n’y aura pas d'actes homophobes lors de leurs séjours. Plusieurs mauvaises publicités d'une destination dite gay friendly à la suite d'actes homophobes nuiront forcément à cette destination auprès des tourismes homosexuels. Mais les touristes savent habituellement très bien qu'il est impossible d'assurer une complète sécurité des lieux contre une attaque homophobe. Ainsi, un pays européen comme la Bulgarie, a priori avenant et riche de patrimoines touristiques, est considéré comme le pays le plus homophobe d’Europe. En effet, la Bulgarie arrive en tête de liste comme le pays le plus homophobe de l'Union européenne. C'est dans la région des Balkans que le sondage établit que 80 % de la population a une opinion négative face à la communauté gay et lesbienne. Parmi ces 80 %, on note que 53 % ont une opinion extrêmement négative. Seuls, 17 % des gens interrogés se disent prêts à dialoguer avec une personne d'orientation homosexuelle (sondage mené de front par Skala Agency pour la Commission pour la Protection contre la Discrimination). Alors, au moment de boucler ses valises, il est de bon ton, voire vital, de vous renseigner sur l’accueil qui vous sera réservé en ce qui concerne votre destination ensoleillée, afin d’éviter de nombreuses déconvenues… voire pire. |
|