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Les Expos Erotiques |
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Par Patrick cardon |
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Décidément, le sexe n’est plus un tabou dans le domaine culturel. Cela fut pourtant longtemps le cas. La culture a été pendant de longues années le grand art de la sublimation des pulsions. Et on ne compte plus les artistes maudits. 2007 et 2008 furent deux bons millésimes de cette libéralisation des mœurs dans les plus hautes sphères des institutions culturelles de l’Etat. Au moins à Paris. Libéralisation certaine quant à la sexualité hétérosexuelle. Plus timide mais plus ouverte aussi quant à la sexualité homosexuelle grâce aux nouvelles approches de “genre”.
C’est ainsi qu’on ne laisse toujours pas d’être étonné qu’une exposition intitulée “Amours, guerre et sexualité 1914-1945” puisse avoir eu lieu dans le prestigieux Hôtel des Invalides du 22 septembre au 31 décembre 2007, à l'initiative du Musée des Armées et de la BDIC en collaboration avec le CNRS (non, non, Napoléon dont les restes gisent à côté ne s’est pas retourné dans sa tombe, j’y étais, rien n’a bougé). A travers des objets fabriqués par les soldats, de cartes postales, de films, de correspondances privées, d'affiches, de journaux intimes… une incursion dans le quotidien intime des militaires et des civils en temps de guerre, quand l'amour et la sexualité deviennent une affaire d'Etat. L'exposition est orientée autour de quatre thèmes principaux : Séparé(e)s (la guerre et après ?) – Une sexualité contrôlée – Faire l'amour en temps de guerre – Les violences sexuelles. Tous les sujets sont abordés : adultère, maisons closes, homosexualité, prise en charge du problème de la sexualité par l'Etat, violences sexuelles, prostitution, femmes tondues, maladies vénériennes… |
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Quelques jours plus tard, du 4 décembre 2007 au 22 mars 2008, la Bibliothèque Nationale de France offrait aux majeurs de 16 ans (on se demande bien pourquoi) dans la grande galerie de son site Mitterrand une exposition intitulée “Eros au secret”. Il s’agissait de dévoiler les œuvres rassemblées sous la cote “enfer” réservées aux happy few pour leur caractère la plupart du temps sexuellement dérangeant. Curieuse et intéressante initiative qui bénéficiait d’une pub extraordinaire : un “X” d’une centaine de mètres de superficie sur la majeure partie d’une des tours ! On pouvait y voir le rouleau de Sade, Les 120 Journées de Sodome, un exemplaire original du pamphlet de 1790, Les Enfants de Sodome à l’Assemblée Nationale et un film restauré sur les amours saphiques (L'Atelier Faiminette, 1921), les dessins de phallus de Vivant-Denon (oui, celui dont une salle du Louvre porte le nom) et plus près de nous des manuscrits de Guyotat.
Toujours dans le domaine des bibliothèques, l’avocat et érotologue Emmanuel Pierrat (qui tient une rubrique juridique dans Têtu) vendait une partie de la sienne aux enchères de Drouot (7 décembre). Avec celle de Jean-Pierre Faur, ces enchères atteignirent globalement la coquette somme de 577 887 euros dont 15 000 pour le millier de fiches qui ont servi au catalogueur de cet enfer (livres érotiques du XVIe au XVIIIe siècle). On pouvait y acheter aussi la première édition du livre, méconnu et pourtant ô combien hilarant et moralisateur (dans le bon sens du terme), de Gabriel Pomerand, Considérations objectives sur la pédérastie ou le très rare Clémentine orpheline et androgyne de Jean-Pierre Cuisin (1820). Si vous n’avez pas acquis le catalogue, vous pouvez en voir des fiches illustrées dans son Livre des livres érotiques, Chêne, 2007. En particulier, pour ce qui nous intéresse Les Amours de l’enseigne Frœlich de James Barr (1952), le très connu Livre blanc de Cocteau (1928), Le Supplice d’une queue (1931) de l’ami de Gide, François-Paul Alibert, Le Troisième Sexe de Willy (1927), Billy de Jean D’Essac (1938).
Vous avez peut-être raté ces expos et ces enchères, alors rabattez-vous sur leurs catalogues ou précipitez-vous aux Pays-Bas et plus précisément au Musée d'histoire naturelle de Maastricht qui accueille l'exposition Against Nature ? (Contre nature ?) sur le comportement homosexuel des animaux. Cette initiative a été mise au point par le Musée de l'Université d'Oslo. Elle restera en galerie jusqu'au 31 août. Passez donc par Paris et voyez comment, grâce au renfort de Titeuf et de son amie Nadia, les deux personnages du Guide du Zizi sexuel de Zep et Hélène Bruller (Zizi Sexuel l’Expo) on ne vous a pas expliqué L’amour et la sexualité expliqués aux ados et pré-ados. C’est jusqu'au 4 janvier 2009 à la Cité des Sciences et de l’Industrie (75019). “Un seul regret, écrit Alain Miguet sur le site de Sida Info Service, que cette exposition consacrée à l’amour et à la sexualité accorde si peu de place à la diversité sexuelle. L’homosexualité est abordée uniquement et furtivement sous l’angle du respect de l’autre. Pour ceux et celles qui se posent des questions sur leur orientation ou/et leur identité sexuelle, il faudra attendre encore de grandir un peu pour trouver des réponses”. |
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