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Dans un contexte
épidémique en voie de stabilisation, l’infection par le VIH continue de
progresser chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH).
Ce constat renvoie à la mutation de la perception de l’homosexualité au
cours des dernières années, à l’évolution des pratiques et des modes de
consommation et interroge sur les réponses à apporter.
Prendre en compte toutes les personnes ayant des
rapports avec des personnes du même sexe.
Malgré une meilleure visibilité des gays dans la société, le concept d’HSH
reste d’actualité. La notion de HSH est née de la volonté de prendre en
compte toutes les personnes ayant des rapports avec des personnes du même
sexe et non plus uniquement celles se définissant d’emblée comme
homosexuelles et/ou ayant une vie sociale “gay” assumée. En effet, dans
une enquête réalisée à partir des appels de HSH reçus sur le dispositif
Sida Info Service en 2007, trois quarts des hommes interrogés
s’identifient comme homosexuel ou bisexuel et, ce qui est intéressant, un
peu plus d’un sur dix comme hétérosexuel. D’autre part, un sur dix ne se
définit pas, que ce soit par refus ou par difficulté à s’identifier. La
prise en compte de la sexualité “homo” dépasse donc largement la limite
“communautaire” gay, et appelle probablement des réponses différentes et
adaptées. Concernant le domaine de la prévention du VIH et des IST, si les
résultats de cette enquête se rapprochent de celle du “baromètre 2002” de
l’INVS concernant les personnes s’identifiant comme « gay », il n’en est
pas de même via le prisme des HSH. Ainsi, pour ces derniers, un tiers
ignore leur statut sérologique et près d’un quart n’est plus certains
d’être séronégatif. D’autre part, par rapport aux gays, ceux qui se
définissent bisexuels déclarent plus souvent une pénétration anale sans
préservatif avec un partenaire occasionnel. Enfin, à propos des IST, les
HSH déclarent plus souvent que les gays avoir eu une IST (près de 13 %
contre 8 %) dans les douze derniers mois…
Une spécificité des sites gay orientés sur les
pratiques sexuelles élaborées et ciblées.
Cette variété d’orientation sexuelle ne se retrouve pas sur les sites
Internet gay spécialisés, beaucoup plus identitaires et orientés sur des
pratiques sexuelles élaborées et ciblées. Selon une étude des questions de
santé posées par les internautes de ces sites et gérées par Sida Info
Service, dans une population assez mature (35 ans d’âge moyen), il existe
malgré tout une méconnaissance des risques spécifiques associés à ces
pratiques, voire des fausses connaissances qui laissent une large place
aux protections imaginaires. Cela est d’autant plus interrogatif que le
contexte de ces sites permet un « glissement » vers des prises de risques
évoquées sinon revendiquées sans parfois connaître réellement les
conséquences à moyen ou long terme.
Quel que soit le type de service à distance (téléphone, Internet) évoqué
ici, pour beaucoup d’usagers, et notamment les jeunes, l’abord de la
sexualité dans le contexte de soins n’est pas souvent possible.
9 personnes interrogées sur 10 trouvent pertinente l’idée d’un lieu de
santé communautaire basé sur la sexualité, et plus de 6 sur 10 en
éprouvent personnellement le besoin. Lorsqu’il est possible pour un gay
d’avoir accès à un médecin gay friendly, cela devient un critère de choix
(1 fois sur 4 à Paris).
Retrouvez les enquêtes de Sida Info Service sur
www.sida-info-service.org
rubrique “études et recherches” |