Les aventures de Madame H
aux Jeux Olympiques de Pékin

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J’ai horreur du sport. Enfin, j’ai horreur de faire du sport hormis la chasse à courre. C’est mon côté Diane Chasseresse : j’adore tirer !

Je n’aime pas faire du sport mais j’adore regarder les sportifs, de préférence nus.

J’ai tous les calendriers des Dieux du Stade. Le rugby est tellement homophile !

Je collectionne tous les films pornographiques qui se déroulent dans une salle de sport, ainsi que dans les vestiaires et sous les douches. Voilà bien la preuve que je suis une vraie férue de sport.

Cette passion grandissante m’a donné envie de partir pour les JO de Pékin. Là-bas, je n’ai pas su où donner de la tête. Toute cette odeur de testostérone, partout dans les stades, m’est montée à la tête. J’ai surtout assisté aux compétitions de natation, car c’est un des seuls sports où les hommes sont presque nus, avec des petits maillots très moulants. C’est dommage que le comité olympique ne respecte pas la tradition antique de l’athlète officiant dans le plus simple appareil !

J’ai boycotté le football, ce sport de brutasses, d’homosexuels à moitié refoulés, qui se tripatouillent la bidoche dès qu’ils ont marqué un but. C’est répugnant !

Je n’ai pas tellement aimé les courses cyclistes, car les maillots aux couleurs criardes sont immondes ; mais j’ai compris pourquoi les cyclistes s’épilent les jambes : ils se travestissent tous ! Vélo le jour, travelo la nuit !

J’ai adoré le cheval-d’arçon. Le gymnaste était vraiment très habile. J’aurais aimé être ce cheval galbé de cuir (avec des poignets car c’est plus pratique), que l’on malmène et chevauche dans tous les sens.

J’ai détesté la gymnastique rythmique, surtout cette ridicule danse des rubans. J’ai jeté de l’huile sur le tapis. Après ça, toutes ces petites pimbêches de 30 kg faisaient moins les malines. Toute cette hécatombe m’a fait mourir de rire.

J’ai demandé partout où l’on pouvait voir des rugbymen nus mais les organisateurs chinois ont fait la sourde oreille.

J’ai essayé à plusieurs reprises de m’introduire dans des vestiaires pour aller féliciter nos sportifs en allant serrer quelques mains sous les douches mais j’ai été brutalement refoulée par le service d’ordre. Même avec ma tenue de jogging rose, je n’ai pas pu entrer. J’étais furieuse ! Je suis allé à l’accueil et j’ai dit : « Je suis Madame H., la présidente d’H&B (Homosexualité et Bourgeoisie). Tous les homosexuels chinois me connaissent, même ceux qui vivent en prison ! Si vous ne me laissez pas accéder librement aux vestiaires, je me rends sur-le-champ place Tien An Men et je hurle : vive le Tibet libre ! »

Une heure plus tard, j’étais à l’aéroport avec un ordre d’expulsion immédiate du territoire chinois.

Voilà comment on traite les passionnés de sports ! Dans l’avion, j’espérais voir « Fuck in the vestiaire », un documentaire sportif dont je n’avais jamais pu voir la fin. Je ne savais pas si le héros arrivait finalement à jouir ou pas.

Finalement, j’ai eu droit aux Orphelins de Huang Shi : la barbe !

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