|
La Folie des Sex Toys |
|
|
Par Cédric Chaory |
|
|
|
1 homme sur 2 (1 femme sur 3) apprécierait un sex toy comme cadeau. C’est ce que révèle un récent sondage sur les rapports qu’entretiennent les Français avec ces réjouissants objets du désir. Difficile de savoir si leur vœu sera exhaussé, mais ce qui est sûr c’est que les godes n’ont jamais été aussi tendance. Et les gays l’ont compris depuis belle lurette… Les magazines féminins ne font que parler de “ça” depuis des mois. Mademoiselle s’achète un canard coquin pour son bain, Madame une cravache pour son incorrigible mari, et c’est comme un vent de libertinage qui souffle sur l’Hexagone. Si cette sex toy mania, comme la nomment déjà les observateurs, touche essentiellement la gente féminine, les gays, eux, ne l’ont pas attendu pour découvrir les joies des godes et autres joujoux à forme phallique. “La consommation de sex toys n'est pas nouvelle chez les gays. Elle existe depuis très longtemps. Il est très "tendance" de dire que les femmes utilisent de plus en plus de sex toys”, explique Philippe Marin, directeur de Menstore, leader français en VPC. Avec sa large gamme de DVD et sex toys à destination du public gay, développée depuis 1995, Philippe Marin en connaît un rayon sur la question. Question qui peut rapporter gros et soutenir un marché en perte de vitesse depuis qu’Internet fait vaciller les ventes de DVD. “Le marché des accessoires “sexe” lui est stable chez les gays. Les ventes les plus importantes sont les godes et les lubrifiants” précise-t-il. Le gode, cet éternel numéro un, n’a jamais connu la débandade. Les modes passent et trépassent, mais lui ne connaît pas la crise : “C'est un marché où il y a peu de nouveautés. Nous ne sommes pas vraiment (malgré ce que certains magazines veulent bien prétendre) sur un marché de modes. Vendre un gode vert fluo, par exemple, n'a jamais été une nouveauté à proprement parler. Les acheteurs (gays en tout cas) achètent des sex toys pour leur finalité. |
|
Ce ne sont pas des produits que l'on expose et qui ont une répercussion sur notre image. Les clients achètent des articles pratiques et qui correspondent à leurs pratiques sexuelles qui n’évoluent guère.” Les pratiques sexuelles évoluent peu certes, mais quelques-unes connaissent un succès constant auprès des gays : comme passer du bon temps avec la copie conforme du sexe de votre si bien membré hardeur préféré… le rêve, non ? Mais ce songe reste bien souvent un fantasme et les “realistics” ne sont pas les plus grosses ventes des sex-shops, prix élevé oblige. Cela dit certains acteurs remportent tous les suffrages des utilisateurs. Johnny Hazzard a atteint le sommet des ventes avec la réplique gourmande de son pénis. D’une manière générale, rares sont les sex toys à ne pas trouver leur public. Philippe Marin l’explique ainsi : “Tous les accessoires existants correspondent à des pratiques sexuelles existantes. Il n'y a pas de "flop" à proprement parler. Certains accessoires se vendent moins parce que les pratiques sont moins répandues. Par exemple, les très gros godes se vendent moins, les personnes pouvant et souhaitant s'en servir étant moins nombreuses. En revanche, les godes de taille "normale" se vendent mieux parce que plus facilement utilisables par la majorité.” |
|
|
|
Mais qui sont ces consommateurs ? Il est difficile de déterminer des "profils de consommateurs". Mais on peut tout de même définir deux types de clients et deux types d'achats de sex toys : ceux qui consomment des sex toys en solitaire pour pallier le manque de partenaire. Ce sont plutôt des jeunes qui débutent leur sexualité ou des personnes plutôt âgées. Ludovic, tout juste 20 ans, avoue sans honte s’être acheté il y a plus de six mois un gode : “ Je n’ai jamais eu de relation sexuelle avec un homme. J’appréhende beaucoup la douleur de la sodomie et d’utiliser ce gode me met en confiance quand viendra le jour J. On va dire que je saurai à quoi m’attendre…” Deuxième type de clientèle : ceux qui ont une sexualité intense et qui "pimentent" leurs jeux avec des accessoires (godes, mais aussi cockrings, harnais, fouets, cagoules, etc.). Toujours selon Philippe Marin, “les clients de la première catégorie sont plutôt timides (ils prétendent souvent qu'ils achètent un gode pour quelqu'un d'autre qu'eux). Les clients de la deuxième catégorie sont beaucoup plus à l'aise et tirent en généralité une certaine fierté d'avoir une sexualité "riche".” |
|
Une sexualité riche, voilà ce que vous promettent les sex toys et même si le marché ne foisonne pas de nouveautés, certains fabricants tentent de pimenter (ou sucrer) toujours plus votre vie sexuelle. Ainsi, après le vernis acidulé pour durcir les tétons, voici le gel de fellation goût fraise ou citron. C'est la dernière invention marketing sur le marché conso-sexo : le blow job Gel French-kiss, version design du pot de confiture, qui donne un goût de bonbon fruité au sexe… Le tube est si joli qu'il justifie presque à lui seul le prix : 9,90 e. 6 ans après le préservatif au “goût de bite” conçu “à partir d’un cocktail de crustacés et d’épices”, place à la fraise et au citron… Avouez qu’il est plus agréable de se mettre à table ainsi ! |
|