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Le
Billet
d’humeur de Jonathan Denis Fier de nos Marches |
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L’été est le temps des Marches des Fiertés. A l’heure où vous lirez ces quelques lignes, presque toutes auront eu lieu. Des Gay Pride disait-on avant. Toujours cette fierté dans le texte. Fierté d’être une folle ou fierté d’être vivant dans ce monde de brutes ? Interrogation majeure pour ma personne mais à laquelle personne n’arrive à me répondre. Fier de ma sexualité, de mon côté pédé, de ma plume sur un char, de mes combats quotidiens contre les cons ? Je ne sais pas de quoi être fier sinon d’être tout simplement ce que je suis : un homme bien dans mes baskets et heureux de sa vie. Pourtant cette fierté qu’une communauté bien mal appelée nous crache à la gueule chaque été devrait être une leçon à retenir. Pas une fierté d’être gay mais plutôt de dire que malgré les réacs, les cathos intégristes et les députés homophobes, nous sommes droits, nous sommes libres, nous sommes unis dans nos batailles. En reprenant tout ce que j’ai pu écrire dans ce magazine et dans mes livres, je m’aperçois du changement dans ma conscience, dans ma vision des choses. Si je ne suis toujours pas fier d’être un pédé, puisque je pense qu’il n’y a aucune raison de tirer un titre de gloire sur n’importe quelle identité sexuelle, je deviens persuadé qu’effectivement nos marches sont importantes. Qu’elles révèlent nos blessures, nos désirs d’égalité et notre sentiment qu’il faut maintenant agir. S’aimer devant un maire, élever nos enfants, donner du bonheur à l’autre bout du monde, sauver des vies en offrant son sang, s’identifier aux grandes figures historiques et culturelles de mes livres d’écolier… Pourquoi ne serais-je pas fier de rêver de cela ? C’est peut-être d’être devenu un responsable politique, peut-être d’avoir construit cette vie que je voulais, peut-être d’avoir mis en place cette énergie dont je débordais. Oui, je suis devenu fier. Fier de dire un grand merde à ceux qui nous gouvernent, qui se permettent de choisir à notre place, qui veulent nous disséquer pour mieux nous comprendre. En grandissant, je comprends mieux nos luttes, nos victoires et nos défaites. Marre de me cacher, de ne pas pouvoir avoir la même vie que tout le monde. Une République, en 2008… De qui se fout-on ? Je repense au livre de mon ami Christophe Botti. Ce livre d’un ado qui se découvre et qui ne sait plus qui être et dans quels bras se lover… Ceux de lui ou ceux d’elle. Je repense à ce texte qui m’a fait pleurer, à ce texte que j’aurais voulu tant écrire tellement sa beauté, sa précision, sa structure me rappellent ce que j’étais et qui j’étais. Un cœur sauvage, comme le dit son titre. Une histoire universelle pour ces jeunes ados homos qui me diront que nos Marches sont des trucs de vieux cons, car on peut tous vivre ensemble, tous baiser ensemble, faire ce qu’on veut et qu’on a servi à rien pendant toutes ces années à part montrer la vulgarité d’une tantouze à plumes sur une backroom à roulettes. Alors je les regarderai en souriant, en me souvenant de ce même discours que je tenais quelques années avant eux. Ils grandiront comme moi et se souviendront que même si le mot est si mal choisi, il doit rester au fond de nous comme une devise. J’ai trouvé ma réponse : n’être fier que de ce qu’on a fait et de ce que nous deviendrons. A coup sûr, des grands Hommes. |
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