OPTIMALE : Profession Editeur

Par Serge G.

Optimale est pour la 4e année consécutive le premier éditeur gay & lesbien francophone, tant sur le nombre de DVD vendus que sur le chiffre d’affaires.

Grâce à la diversité de son catalogue, chacun d’entre nous y trouve son bonheur avec un grand choix de films intéressants qui, pour un grand nombre, n’ont jamais été projetés dans les salles obscures de l’hexagone, en dehors, pour certains, de festivals gay & lesbien.

Du drame à la comédie en passant par le gore le cinéma gay et lesbien est éclectique.

Produits aux quatre coins de la planète, ces films nous permettent d’avoir une autre vision de l’homosexualité, de découvrir d’autres cultures et les différentes façons dont cette thématique est abordée.

Eric Kertudo, directeur d’Optimale, nous ouvre les portes de sa société…


www.optimale.fr

Quand est né Optimale et comment cela a-t-il commencé ?

Optimale existe depuis la rentrée 2003. Nous avons tout d’abord été distribués par Studio Canal et Universal Vidéo puis, un an plus tard, nous avons pris notre autonomie et nous avons monté notre propre circuit de distribution à travers la France et les pays limitrophes francophones.

 

Combien de collaborateurs employez-vous ?

Nous sommes 6 personnes à plein-temps et 4 à temps partiel extérieurs pour gérer le graphisme, le site Internet et la promo par exemple.

 

Quels critères retenez-vous pour distribuer tel ou tel film ?

Le critère commercial et le critère qualitatif. Il y a tout d'abord le coup de cœur, c'est un métier dans lequel on doit se faire plaisir. Puis, il y a les évidences. Les films avec des bogosses sont évidemment en tête des ventes. Mais nous ne cédons pas systématiquement à la facilité et continuons à acquérir des films avec des thématiques difficiles telles le SIDA, l'homophobie…

Avant de distribuer il faut acheter les droits des films et pour cela nous nous déplaçons sur ce que l'on appelle vulgairement des "marchés" à Cannes en mai, à Berlin en février et Los Angeles en novembre. Nous y rencontrons les studios ou agents de vente qui nous proposent soit des projets terminés ou ce qui est pour moi le plus intéressant, des scénarios sur lesquels nous prenons l'option ou participons en coproduction tout simplement.

 

Quels pays produisent le plus de films à thématique LGBT ? Où se situe la France ?

L’essentiel de la production vient des Etats-Unis, ça fourmille de films en tous genres et de toutes qualités évidemment, ensuite viennent l'Asie et l'Europe. La France n'est pas un bel exemple malheureusement, pour nous, distributeur indépendant, cela s'arrête à de petits budgets ou histoires déjà vues ou aseptisées.

 

Pourquoi pas plus de Versions Françaises, cela n’est-il pas un frein aux ventes ?

Un doublage coûte excessivement cher et ne multiplie hélas pas le potentiel des ventes. Nous sommes le seul éditeur gay à avoir financé des doublages (Boy Culture, Loggerheads, Hate Crime…), mais cela n'a pas vraiment eu d'incidence sur les ventes de DVD. Par contre, cela nous a permis d'intéresser les chaînes de télévision qui restent très frileuses quant à la diffusion de programmes gay.

 

Quelle est la perle rare que vous rêveriez de distribuer ?

Il y en a tellement… Nous avons approché les plus grands studios pour acquérir les droits de nombreux classiques, mais ils préfèrent conserver les droits de ces films, quitte à ne jamais les sortir…

En moyenne, combien de nouveautés sortez-vous chaque année ?

Nous avons un rythme assez soutenu et plus d'une année d'acquisition d'avance ce qui nous impose 3 à 4 sorties mensuelles et dans ces sorties nous essayons de mélanger les genres (comédies, filles, drames, séries…)

 

Où trouve-t-on les DVD Optimale à la vente ?

Partout. Nous n'avons pas de démarche élitiste contrairement à certains de nos concurrents. Notre équipe commerciale est présente autant chez FNAC & Virgin que dans les espaces culturels Leclerc, Cultura et de temps en temps dans des magasins indépendants comme Forum Espace, Compact club et librairies gay & lesbiennes, mais nos plus grosses ventes se font essentiellement en ligne soit sur notre site ou sur amazon.fr, fnac.com, alapage.com, Pixmania et notre partenaire gay de toujours adventice.com.

 

Les ventes de DVD ont tendance à diminuer alors que les téléchargements augmentent, comment voyez-vous les choses évoluer ?

Nos ventes n'ont pas chuté au contraire. Nous sommes le seul éditeur à investir autant en marketing, mais le plus difficile pour nous c'est de maintenir la qualité et la diversité de notre offre. Nous avons été le premier éditeur gay à travailler avec Virgin Mega pour la VOD et le téléchargement. Cette activité est en plein développement et sera probablement le futur de la vidéo.

 

Alors que les éditeurs de livres connaissent des difficultés, que votre principal concurrent a mis son activité en stand-by, sans parler de Pink qui tente de survivre, y a-t-il un avenir pour les produits estampillés 100 % gay ?

Notre principal concurrent est toujours présent, il s'est simplement délocalisé. Pink a enchaîné erreurs sur erreurs, sans tenir compte des envies du public et en oubliant que la France, c'est aussi et surtout la province. Les produits estampillés 100 % gay existent de manière internationale. Il n'y a aucune raison pour que cela ne continue pas en France.

 

Quels sont vos projets ?

Lancer notre chaîne payperview sur l'ensemble des plateformes (Numéricable, Free, Cegetel, Free, Canalsat, Orange, etc.) à travers notre marque "La chaîne gay".

L'échec de Pink a ralenti énormément toute possibilité de chaîne gay, mais la télévision évolue de manière rapide et incroyable. Désormais, le téléspectateur pourra consommer du gay quand il en aura envie, de son salon, sans avoir à se déplacer pour cela.

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