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Le
Billet
d’humeur de Jonathan Denis Moi… Homophobe ? |
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Je savais qu’en rédigeant mon dernier billet d’humeur sur le thème du droit à l’indifférence ( Voir le billet d'humeur précédent ), les réactions n’allaient pas manquer et qu’ainsi j’aurais le droit d’être traîné sur la place publique pour injures, incompréhension et homophobie. Ce n’est pas, pour tout vous dire, la première fois que de telles critiques me visent et je me suis habitué à n’être qu’un pion de cette pensée unique dans la communauté gay… ou plutôt devrais-je dire, selon les très bons mots d’un lecteur, d’une “communauté affranchie”. Lors de mon engagement sur la scène politique française, un journaliste averti avait titré un portrait qu’il me consacrait par une expression amusante : “Plus royaliste que le roi”. A tous ceux qui m’ont critiqué après mon dernier article, à tous ceux qui m’ont insulté par l’anonymat du Net, à tous ceux qui ont eu le courage de m’écrire sous une vraie identité, je répète cela… Oui, j’assume ce que je suis et j’accepte ma différence morale en étant celui qui ne vous convient pas. Mais là où l’homme est blessé, c’est dans la composition de certains messages, dans cette idée que l’on veut faire passer en m’accusant de prôner une “homosexualité assumée pour tous” et un “déni total de la souffrance identitaire des autres”. Mais que sait-on de ma vie ? Fils solitaire d’une danseuse classique, élevé dans la foi chrétienne, refoulant l’absence du père tant aimé mais si loin de soi, élève studieux qui voyage par la littérature, adolescent complexé par la découverte de son cœur, jeune adulte tiraillé par l’amour qu’il porte pour un de ses meilleurs amis… homme à jamais blessé par la mort de l’un des siens, par le départ de celui qui était un ange dans sa vie. Voilà ce que je connais de moi et que les autres ignorent. Voilà le fragment de vie que je me refuse à renier. Alors, qu’on ne vienne pas me faire les beaux discours de celui qui vit dans ses paillettes et son politiquement correct. Qu’on ne vienne pas cracher sur ma personne en assurant que je ne connais rien de la souffrance de tous ces jeunes garçons qui aiment un autre garçon. Qu’on ne vienne pas me traîner dans la boue pour mon homophobie latente. Rappelez-vous, je suis plus royaliste que le roi… Autant dire, je joue le jeu, je donne le change, je critique ce que j’applique hélas souvent, mais jamais je ne manque à mon premier devoir qui est de comprendre l’autre. J’ai rencontré ces jeunes qui découvrent l’impensable, j’ai vu ces regards qui appellent au secours, j’ai soutenu ceux qui voulaient rejoindre les étoiles, j’ai écouté les maux des uns et des autres… et j’ai partagé ce que j’avais au plus profond de moi. Aux détracteurs et aux rédacteurs des procès d’intention, je vous ai consacré un livre paru il y a trois ans… Aux autres, à ceux qui veulent bien comprendre, je n’ai jamais assez de mots pour dire la vérité de l’honneur et du dévouement. Alors en cette nouvelle année, je n’ai qu’un vœu à faire : que demain nous vivions tous avec l’espoir chevillé au cœur, dans un même élan de solidarité et d’amour… L’homophobe assume ses choix ! |
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