Le Billet d’humeur de Jonathan Denis
Septembre / Octobre  2006

Une rentrée électorale...

Les plages de sable chaud vous semblent déjà des souvenirs lointains. Les corps huilés d’Ibiza et de Sitgès se sont dissimulés derrière des polos un peu moins enivrants.

La canicule a fini de nous faire transpirer et d’occuper la rubrique des faits divers.

Au bar du bistrot, la royale Ségolène a remplacé dans les discussions le coup de boule de Zidane. Oui, vous sentez bien : le parfum de rentrée inonde vos narines. Un parfum synonyme de bureau, de pluie, de gosses qui braillent, de vieilles qui râlent… mais aussi de dernière ligne droite avant l’élection providentielle.

Nul doute que pour 2007 nous serons les vaches à lait des candidats, qu’ils soient socialistes, conservateurs, visionnaires ou carrément anarchistes.

Pendant cinq années, notre importance aura été moindre. Bien sûr, on aura marié deux homos qui depuis se sont fait arrêter pour avoir escroqué une sympathique grand-mère.

Bien sûr le Sarko show nous aura servi une réforme fiscale du Pacs pour alléger nos déclarations.

Bien sûr, quelques députés seront sortis du bois pour faire entendre la raison à Christian Vanneste qui veut proclamer son auto-amnistie en remettant tout en cause.

Bien sûr, les règles sur le don du sang auront été changées et nos appels à répétition auront été entendus.

Vous me direz : cher Jonathan, le bilan n’est déjà pas si mal. C’est vrai, qu’à l’heure de faire les comptes, à l’occasion de cette nouvelle rentrée, un sourire se fige sur mes lèvres.

Ce n’est déjà pas si mal au XXIème siècle ! Mais attendez-vous à voir sortir le grand jeu. Nous allons être au centre des polémiques, des affaires électorales, des petites mesquineries de    pré-campagne, des ambitions de pouvoir.

Nous allons prendre de l’importance et jouir de cela. Ils seront “pour” ou “contre” nos manières de vivre, nos rêves égalitaires, nos revendications parfois déplacées, nos habitudes choquantes, nos désirs sexuels, nos histoires amoureuses. Ils auront dans leurs mains un avenir meilleur ou un retour à l’âge de pierre. Ils viendront nous interroger, nous dépecer, nous draguer ouvertement. Ils arriveront vers nous les bourses pleines de plaisir d’une présidence qui se rapproche.

Je suis de bonne humeur en attendant ce déballage de cochonneries. La joie se mêle à l’impatience pour connaître le prochain élu. Peut-être qu’à la rentrée, la politique aurait pu être mise de côté… mais non, chers lecteurs, je ne me referai pas. Pendant tout l’été, j’ai déconnecté de la réalité, j’ai profité des vues imprenables d’Espagne, je me suis ressourcé dans le désert tunisien… Mes hormones ont travaillé, c’est maintenant au tour de mon cœur. Et lui, il ne bat que pour une seule devise : “L’avenir n’est interdit à personne”. Pas même à nous !

En attendant, bonne rentrée à tous et à toutes et bon courage à eux.

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