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Les
aventures de Madame H |
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Mais quelle idée idiote j’ai eue de vouloir aller à la plage ! J’étais en villégiature dans le Sud. Il faisait beau, ce qui pour une Parisienne comme moi est déjà très exotique. Mes copines bourgeoises d’Aix-en-Provence avaient voulu me faire goûter une boisson de pauvres du Sud : le pastis. La tête me tournait. Les cigales préparaient leur audition pour La Nouvelle Star, bref elles braillaient. Les platanes dansaient. La chaleur m’envoûtait et j’eus soudain comme une envie de bain marin. Sans plus attendre, j’étais partie pour la plage la plus proche. Quelle ne fut pas mon désarroi : Mon dieu, tout ce sable. Mais quel est l’imbécile qui a eu l’idée saugrenue de mettre tout ce sable sur les plages ? Ce n’est ni commode, ni hygiénique. Les escarpins s’y enfoncent et les hétéros s’y échouent. Mon dieu tous ces hétéros rougeauds, nappés de crème, qu’ils sont nombreux. C’est à croire qu’ils se reproduisent. Hé bien oui, car dans l’eau s’ébattait leur progéniture criarde, également rougeaude et crémeuse, et parfois merdeuse. Je regarde tout ce spectacle, et je me dis que définitivement l’hétérosexualité pollue l’environnement. Je suis sûre que si je noyais quelques gniards au passage, Green Peace me donnerait une médaille.
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Je fuis en courant le long de la plage, en profitant pour piétiner quelques châteaux de sable. J’ai horreur de ces monticules immondes réalisés par de petits prétentieux qui se prennent pour Ricardo Bofill. Dans ma fuite, je trébuche sur plusieurs glacières, car un hétéro ne va jamais à la plage sans sa glacière énorme et bleue. Il oubliera sur une aire d’autoroute son chien, parfois sa femme ménopausée, mais jamais son attribut isothermique. D’ailleurs, sur une plage, vous reconnaîtrez toujours un hétérosexuel à sa glacière. Tous les scientifiques vous le diront ! Je trébuche également sur quelques femmes obèses. J’entends un craquement sec sous mon pied : mince, voilà que maintenant je marche sur une anorexique. Je renverse plusieurs poussettes… exprès ! Je cours, et cours encore. Il y a de moins en moins de monde, de moins en moins de femmes et de plus en plus d’hommes… nus. Comme cela est étrange. Je suis un peu mal à l’aise. J’observe que ces hommes ne cessent d’entrer et de sortir des fourrés, à l’arrière de la plage. Ils cherchent sans doute leurs maillots restés malencontreusement accrochés à un laurier-rose. Mais apparemment, cette recherche du maillot perdu les excite au plus au point. Des réactions anatomiques ne trompent point. Je me dis que je vais les aider à chercher et je rentre dans les fourrés, surtout que j’adore les lauriers-roses. Là, chers lecteurs, voulez-vous savoir ce qu’il m’arriva ? Hé bien non. Je ne vous dirai rien. Je ne me souviens plus de rien. Le pastis et le soleil m’avaient tapé sur la cervelle. Ce que je sais, c’est que pendant plusieurs heures, je n’ai pas cessé de parcourir les buissons dans tous les sens à la recherche de mon tailleur resté accroché je ne sais où… |
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