Le Billet d’humeur de Jonathan Denis
Juillet / Août  2006

Le coup de sang de Jack Lang !

Etait-ce un coup de pub ou une véritable conviction ? Nul ne le sait, mais Jack Lang a bien eu raison de relancer le débat sur le don du sang pour les homos après son compère Jean-Luc Romero. Jack, ce fantastique inventeur de la Fête de la musique et autres anarchies en tout genre a frappé des deux poings sur la table pour paraître plus haut que son amie Ségolène : adieu donc réforme des 35 heures et autres camps militaires pour les méchants voyous, il veut que nous aussi ayons le droit de donner notre sang.

C’est drôle de voir tous ces représentants d’associations et ces politiques à tendance « gay-friendly » se bastonner devant des caméras pour passer à la télé après un mariage très médiatique chez Mamère à Bègles. Ils sont beaux, encore les mêmes, à sautiller dans tous les sens pour s’extasier d’horreur devant des rapports gouvernementaux nous empêchant de pouponner. Mais le connaissaient-ils ce problème on ne peut plus important ? Etaient-ils aussi nombreux pour trépigner devant un flash et commenter cette interdiction ? Car oui, homos que nous sommes, nous n’avons pas le droit de donner notre sang depuis une circulaire de 1983. Case oblige, nous faisons partie d’une « catégorie à risques »… Rien que ça. Merci pour cette importance mes chers médecins.

Jack a donc pris la parole et la plume pour alerter notre ministre de la Santé, déjà bien connu pour avoir bougé lors de l’année Grande Cause Nationale consacrée au sida (sic). Hé bien non, il ne veut pas ce cher Monsieur Xavier Bertrand bousculer l’ordre établi car les chiffres sont là : les gays séropositifs sont plus nombreux que les autres… Comprenez dans « ces autres », et ce n’est pas pour rire, la population générale donc aussi bien les enfants que les personnes n’ayant pas ou plus d’activité sexuelle ! Nous sommes donc « à risques » face à tous les autres qui n’ont jamais vu de sexe pointer à l’horizon.

En suivant donc ce principe de « catégorie à risques », nous pouvons largement en rire ou en pleurer selon notre état émotionnel. Retenez bien, selon cette logique, qu’un jeune bi qui vient tout juste de s’envoyer en l’air sa copine et son meilleur ami (en se protégeant bien sûr) pourrait donner son sang en révélant avoir couché avec une fille mais pas en ayant connu le plaisir de la chair avec son pote… C’est l’évidence même pour tous les médecins.

Deuxième cas de figure : j’entre pour donner mon sang et pauvre de moi, je cache mes aventures sexuelles trépidantes… Eh bien je le donne ce putain de sang. Retenons donc, que dans notre douce France, il vaut mieux mentir qu’être honnête si l’on veut jouer la carte de l’égalité et sauver des vies.

Notre Jack, donc, a proposé de revoir tout cela en incluant plutôt la logique de « comportements à risques » allant aussi bien aux hétéros, qu’aux homos, qu’à tous les autres. Car oui, c’est cela la santé publique : c’est une question de capotes et non de coucheries… Vivement qu’on trouve le remède à la connerie humaine… J’aurais bien donné mon sang pour cela… Pas de chance, Monsieur Bertrand !

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