Le RAVAD  

Réseau d'Assistance aux Victimes d'Agressions et de Discriminations  

Comment est née cette association ?

A la suite de l’agression dont fut victime Sébastien Nouchet, une réflexion entre Jean-Bernard Geoffroy, avocat de Sébastien et Alain Piriou, porte-parole de l’Inter-LGBT, a mis en évidence la nécessité de mutualiser les ressources juridiques et d’accompagner moralement les victimes en s’appuyant sur le réseau associatif. Les contours du RAVAD ont été définis durant les réunions de travail de plusieurs associations membres de l’Inter-LGBT, au cours du 2ème semestre 2004, pour aboutir à sa création la veille du lancement de la 1ère journée mondiale contre l’Homophobie. Notre première action a été de mettre en place un site Internet et de travailler au référencement de professionnels du droit et d’associations dans toute la France.  

Comment s'organise cette nouvelle structure ? Qui la compose ?

13 associations, membres de l’Inter-LGBT, ont fondé le RAVAD le 13 mai 2005. Le Conseil d’Administration est composé des associations fondatrices et de toutes les associations qui manifesteront le souhait de le rejoindre. Des personnes physiques qui ont contribué à l’égalité des droits des personnes LGBT peuvent également devenir membres d’honneur.

Le bureau, présidé par Mr Jean-Bernard Geoffroy, est composé de membres de ces associations dans le respect de parité et d’égalité LGBT. Un comité de pilotage composé de professionnels du droit garantit le respect de la charte du RAVAD par les avocats qui auront été référencés sur le site. Il est dirigé par Mr Yann Pedler. Nous travaillons aussi à un réseau de professionnels de santé.

Nous allons mettre en place un module de formation pour l’accompagnement des victimes qui sera très bientôt opérationnel. Il sera piloté par Hussein Bourgi. L’objectif est de faciliter la tache des associations vers qui se tourneront les victimes, afin d’acquérir les bons réflexes et proposer les solutions les plus opérationnelles, ce qui n’est pas toujours évident lorsque l’on reçoit une victime en souffrance pour la première fois.

 

Concrètement, demain je suis agressé en raison de mon homosexualité, je contacte le RAVAD, à quelle aide puis-je m'attendre ?

Avant toute chose, nous avons privilégié l’assistance par un avocat de proximité, en liaison avec des associations locales en fonction de la problématique de l’agression. Lorsqu’une région ou un département n’est pas couvert par un professionnel du droit ou une association, le comité de pilotage prend le relais avec son réseau d’avocats parisiens afin d’accompagner la victime dans ses démarches. Une fois encore, l’objectif est d’agir le plus rapidement possible.

L’aide est fonction de la nature de l’agression. Elle peut relever d’un simple conseil jusqu’à la prise en charge professionnelle par un avocat, en sachant que la première consultation est donnée à titre gracieux, et que les avocats s’engagent à intervenir dans le cadre de l’aide juridictionnelle lorsque leur client peut en bénéficier.  

De façon plus générale, par quels moyens le RAVAD va-t-il agir ? Sa mise en place ne fait-elle pas double emploi avec la HALDE (la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et l'Egalité) ?

Les médias tel le vôtre font partis de ces moyens… Il est essentiel que notre existence et l’adresse du site soient diffusés le plus largement possible afin que les personnes LGBT le sachent, que les associations nous rejoignent et participent à ce maillage national.

Nous sommes complémentaires de la HALDE, d’abord parce qu’ils travaillent sur toutes les discriminations et que très rapidement ils seront confrontés à des contraintes de traitements de tous les cas qui se présenteront à eux. Ensuite, nous avons une expertise en ce qui concerne les discriminations LGBT qui est précieuse. Les victimes nous contacteront plus naturellement parce que nous savons ce qu’elles vivent et que nous sommes au cœur de ce combat. Par expérience, la démarche d’une victime LGBT est toujours plus délicate car notre diversité fait appel à des préjugés et à une histoire personnelle. Cela demande une attention particulière.

Nous sommes cependant assurés d’un partenariat avec la HALDE puisque nous pourrons la saisir dans certains cas, lorsque la situation l’exigera. En ce sens, nous sommes complémentaires.    

Quelle est la position du RAVAD vis-à-vis des nombreuses critiques qui ont été émises à l'encontre de la HALDE, et particulièrement à la non-représentation des associations LGBT en son sein ?

Nous avons demandé un entretien avec le président Louis Schweitzer et le directeur général Marc Dubourdieu afin de leur faire part de notre étonnement et de notre mécontentement quant à cette non-représentativité. Les explications apportées ne nous font pas douter de la bonne volonté de la HALDE, on ne peut que constater et regretter cet état de fait. Gageons que ce faux pas sensibilisera encore plus la direction de celle-ci concernant les discriminations liées à l’orientation sexuelle, l’identité de genre et l’état de santé.  

 

Il existe déjà une législation pour sanctionner les actes homophobes sur le plan du droit pénal et sur le plan du droit du travail. Estimez-vous que celle-ci ne suffit pas ou bien qu'elle n'est pas réellement appliquée ?

Soyons lucides, la loi n’a jamais empêché l’acte délictueux, mais sans rentrer dans le détail : sans preuve pas de sanction. Hors apporter la charge de la preuve est aujourd’hui le plus difficile dans les actes homophobes. Un président de conseil de Prud’hommes dans l’Ouest me disait récemment qu’en 13 ans il n’avait jamais été confronté à un cas d’homophobie, non pas que cela n’existait pas mais parce que l’absence de preuves n’avait sans doute jamais permis la qualification réelle de la plainte. Il est néanmoins indéniable que la pénalisation des propos homophobes facilitera la sanction, si tant est que les témoins s’expriment. Par ailleurs une sensibilisation de la magistrature sur les discriminations nous semble nécessaire.

 

Souhaitez-vous devenir un interlocuteur privilégié des institutions dans la lutte contre l'homophobie ?

Bien évidemment. Nous le sommes déjà au regard des rendez-vous déjà effectués avec les institutions représentatives. Les membres du bureau et les représentants des associations qui composent le conseil d’administration sont eux-mêmes des interlocuteurs de référence dans leurs activités respectives.

 

Avez-vous des besoins particuliers aujourd'hui pour créer ce réseau, notamment ?

Nous avons des contacts, mais bien trop peu. Nous lançons un appel aux professionnels du droit, de la santé et aux associations LGBT du Grand Sud pour qu’ils nous rejoignent. La proximité est un élément déterminant dans notre démarche. N’hésitez pas !

 

Comment vous contacter ?

Pour le moment, c’est le site www.ravad.org  qui permet de nous contacter.

Vous pouvez écrire à pilotage@ravad.org  lorsque vous ne trouvez pas d’avocat ou d’association proche de votre domicile et à ravad@ravad.org  pour toute question d’ordre général.

Nous prévoyons un numéro vert, mais cela demande une organisation que nous devons mettre en place le plus rapidement possible.

Catherine Tripon  Vice-présidente -  ravad@ravad.org  

Retour sommaire