Le Billet d’humeur de Jonathan Denis
Mars/Avril 2006

Boulot, manger, sortir… Le trio infernal de tout gay qui se respecte ne semble plus à la mode. Eh oui, Messieurs, le marché gay est en pleine crise…

Une crise financière mais aussi d’identité. Pour ceux qui se sont vidés les poches pour acheter mon dernier livre (eh oui, si il y a crise du marché gay, il faut quand même bien que je gagne ma vie), la vision de ce que j’appelais “la follitude” est hélas aujourd’hui une réalité.

Pour les autres (ceux qui ont préféré le dernier Philippe Besson et le 7ème tome de Sevran… et ils ont bien eu raison !), je mettais en évidence les dangers d’un marché qui devenait un peu trop sectaire et n’offrait plus à sa clientèle la demande “d’indifférence” qu’elle formulait… Je ne suis pas partisan d’un “tout homo” qui enferme plus qu’il ne libère. Que voulez-vous, en ces temps où l’on parle d’égalité des chances, le “melting-pot” est le bienvenu même chez nous autres, les gays.

Pensez-vous, plus de 1500 établissements rien que pour nous… C’était l’explosion pour eux et pour notre compte en banque… Aujourd’hui, d’un côté comme de l’autre, c’est plutôt la débandade. On perd de notre pouvoir d’achat et la préférence va à notre pain quotidien plus que vers certains lieux “branchouille” où se trémoussent des petits mecs taillés en allumettes… Le bon point restant pour les saunas et autres sex-clubs… Le pain quotidien reste tout de même aussi sexuel.

Un petit tour sur le Net et je découvre un article très intéressant sur… la crise gay.

Tiens donc, ça devient une affaire d’Etat ! Ah, ce Net qui bouffe la clientèle … L’outil informatique qui met au rayon des antiquités le naturel d’une rencontre physique et fortuite entre deux verres.

On drague sur ordi, on se fait ses rêves devant un écran qui nous émoustille dans l’intimité de nos appartements, on se croit bien à l’abri à pianoter sur un clavier des mensonges qui en réalité ne sont que des contre-vérités.

C’est après, seulement après cette période technologique, que nous nous rencontrons dans un bar… La semaine, la discussion et le week-end, l’évasion… Plus besoin de sortir pour faire des rencontres… L’amour virtuel s’installe dans le décor feutré de notre salon (Goodbye Marylou !).

Et puis ce simple mot “gay”… Ce “gay” qui parfois agresse les yeux…  Ce mot pédant accueilli avec enthousiasme lors d’une libération sexuelle mais qui perd de son sens premier : Good As You (Bien comme toi !).

Il semblerait que la nouvelle génération veuille s’ouvrir aux autres, aller avec ses copines (FAP.. comprendre Filles à Pédé) dans un bar, baver sur l’hétéro sosie de M. Pokora, se prêter à rêver de ce qu’ils n’auront jamais…

La mode, maintenant, c’est le « gay-friendly » (qui ne veut rien dire non plus). Ce n’est pourtant pas difficile de pousser une porte toute simple et entrer dans un voyage où tout le monde se mélange et s’amuse comme des petits enfants.

Les temps changent, Messieurs ! Après le « Boulot, Manger, Sortir », on passe au « Boulot, Manger, Surfer »… Après on sort avec nos amis de toutes les sexualités…

Le marchand gay est-il devenu hétérophobe ? Réponse à la prochaine mode !… Au fait, vous avez pas vu mon guide du routard GGFLTBBCSM (comprendre… Gay, Gay-friendly, Lesbien, Trans, Bi, Bear, Cuir et Sado-Maso) ? 

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