Dani
Toujours aussi “wild thing”

Propos recueillis par Cédric Chaory.

Depuis un certain “Boomerang” lancé en 2001, Dani n’en finit plus de nous revenir avec de belles chansons soufflées de sa si belle voix rauque. Pour son sixième album “Laissez- moi rire”, l’ex-fan des sixties se livre sans fausse pudeur, dans une attitude très rock, très Dani…

 Rencontre.

“Laissez-moi rire” résume très bien la tonalité de votre nouvel album et ses chansons qui nous narrent votre vision de la vie. Vous qui avez vécu 1000 vies, vous semblez aujourd’hui adepte d’un “Carpe Diem” enjoué ?

Comment vous dire ? On va dire que je pratique surtout l’autosuggestion car notre quotidien est devenu tellement sinistre.

Je pense être, comme tout le monde, un peu plombée par le climat ambiant. Alors je préfère rire de tout. Vous savez, le succès n’arrange pas forcément tout. C’est très violent. Lorsqu’on se lance sur des projets, forcément il y a un engouement, cela vit. Puis, quand la phase de création se termine, il y a un grand sentiment d’abandon. Bon, je ne vais pas me plaindre car j’ai la chance de faire un tel métier. Mais je garde toujours en tête que nous sommes tous sur le même bateau et que ça tangue souvent.

 

Comme pour “Tout dépend du contexte” votre précédent album, la sonorité y est très rock et tendre à la fois. Vous resterez éternellement “Wild thing” alors ?

J’essaie d’être en accord avec moi-même, avec ce que j’aime. Je chante surtout ce qui me branche et avec le plus de poésie possible. J’ai la chance d’être une interprète et de chanter des univers très différents. Je n’ai pas le talent de l’écriture, d’autres l’ont pour moi. Ecrire des petites histoires de 3 minutes avec la mélodie qui colle au texte, j’en suis incapable. C’est une alchimie qui m’échappe. Heureusement je suis très bien servie par mes amis. Maintenant que cela plaise ou pas, c’est une autre histoire…

 

Qui a collaboré à l’écriture de cet opus ?

Sur cet album, j’ai eu la chance de travailler avec Cali. Je connaissais Bruno bien avant ses débuts. J’ai suivi son parcours depuis le départ que je trouvais très intéressant. Il est de la même région que moi, Perpignan. J’ai eu l’occasion de le rencontrer et de lui dire que je préparais un album. Il m’a de suite proposé deux textes que je me suis empressée de chanter. J’adore son écriture. Dans “Laissez-moi rire” vous retrouvez également Jacques Duval et François Bernheim.

Pas d’Etienne Daho en vue cette fois-ci ?

Non, sur ce nouveau disque nous n’avons pas travaillé ensemble mais je sais que nos chemins vont se recroiser. Vous savez, Etienne est plus qu’un parolier pour moi. Il compte énormément dans ma vie et depuis longtemps. Bien avant que ne survienne le “Boomerang” de Serge Gainsbourg. Elle date de 1964 cette chanson et j’aurais dû la chanter pour l’Eurovision… sa résurrection a une histoire un peu chaotique. Sa sortie a été difficile à cause des histoires de maisons de disques. Mais son succès fut salvateur.

 

L’industrie musicale actuelle vous inspire quoi ?

Je trouve un peu triste ces mensonges que l’ont fait croire à ces gamins dans les émissions style “Star’Ac”. Car on ne leur propose qu’une réalité du métier. Les galères inhérentes sont complètement occultées. Ce genre de radio-crochet n’est pas nouveau mais les artistes doivent tellement composer avec les médias désormais. Il faut pourtant comprendre que ce n’est pas la TV qui vend des disques ou crée des carrières, des artistes. Mais plutôt les tournées. On s’attarde sur les attitudes, les fringues de ces nouveaux chanteurs. Mais je conçois que tout le monde doit s’exprimer et moi-même irais à la “Star Ac’” faire un tour de chant si l’occasion se présentait…

 

Ce n’est pas réducteur. Je connais très bien cette Les journalistes vous surnomment la “Marianne Faithful française”. Le qualificatif vous plaît-il ?artiste pour l’avoir fréquentée. Si seulement j’avais sa voix ! Comme nous avons le même âge et avons vécu presque les mêmes vies, elle en Angleterre moi en France, le parallèle est facile. Mais je n’ai vraiment pas bien saisi le sens de cette comparaison… Elle m’échappe un peu sans nullement me déranger.

 

Dani c’est aussi le cinéma. Une carrière avec les plus grands. Quel est votre regard sur votre filmographie, sur le cinéma actuel ?

Je viens de finir le tournage du dernier film de Danielle Thompson avec Valérie Lemercier et Cécile de France. C’est une comédie plutôt sympa qui s’appelle “Fauteuil d’orchestre”. Ce tournage fut une jolie aventure comme toujours avec Danielle. Le film sort le 15 février. Je me suis toujours considérée comme une invitée au cinéma. Les réalisateurs venaient me voir et me proposaient un rôle, persuadés que j’étais la personne idéale. Des personnes que je connaissais me recommandaient, etc... Pour le cinéma, je me suis laissée porter par les réalisateurs.

Vous vivez tour à tour à Paris mais surtout à Perpignan. Les nuits parisiennes sont loin derrière vous ?

Je vis plutôt plus à Paris en ce moment. Cette ville restera toujours magique quoi qu’on en dise. Je ne vais pas vous faire le plan du “c’était mieux avant” notamment pour les nuits parisiennes. On va dire que l’époque est différente mais elle produit encore de belles fiestas. Je suis vraiment privilégiée de vivre entre la capitale et le sud de la France.

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