Santé sexuelle et bien être

               

 

Il est intéressant de regarder sur les vingt dernières années la façon dont ont évolué à la fois les comportements sexuels mais aussi les modes de vie gay.

L’épidémie de sida est un élément déclencheur de ces évolutions et non le moindre.

 

Dès le début des années 80, deux faits majeurs apparaissent.

1981 : avec l’arrivée du nouveau gouvernement, la volonté de dépénaliser l’homosexualité devient une réalité l’année suivante.

On est loin alors du temps où le député Paul Mirguet faisait voter, en 1960 à l’assemblée Nationale, un amendement classant l’homosexualité parmi les fléaux sociaux.

C’est aussi le début d’une épidémie qui est toujours d’actualité aujourd’hui : le sida.

Durant les vingt années qui nous séparent de cette époque, de nombreuses évolutions ont permis d’acquérir difficilement, et ne l’oublions pas, sans être définitive, une visibilité sociale, sinon d’améliorer, pour certains, le quotidien. Parmi elles, citons notamment l’égalité de la majorité sexuelle (hétéros comme homos) passant de 18 à 15 ans, la suppression des fichiers de la police recensant les homos, et, depuis 1999, le PaCS.

Les égalités se rapprochent mais restent fragiles, les discriminations diminuent mais restent pernicieuses.

Aujourd’hui encore, ni les unes, ni les autres ne sont donc optimums. La visibilité des personnes LGBT accrue par les médias (parfois de façon pertinente), les personnalités, les marches des fiertés sont autant de chances et de réelles opportunités.

Mais cela devient dans le même temps une cible mieux dessinée pour l’homophobie.

En vingt ans, en France, on est passé d’une inquiétude croissante des premiers temps de l’épidémie, puis lentement avec l’arrivée des multithérapies en 1996 qui améliorent la qualité de vie des séropositifs, à une banalisation des prises de risques et un relâchement de la prévention (même si près de 80% des gays se protègent). En ce sens, avec le temps, la dangerosité de la maladie a été intégrée socialement : la maladie n’est plus perçue par certains comme une menace, le vih fait parti du décor. Par le biais de l’épidémie, les comportements individuels se sont profondément modifiés : si tout est fait aujourd’hui pour prendre des risques et les banaliser (émissions de TV, sports extrêmes, etc), la relation au corps n’est plus regardée de la même façon qu’il y a vingt ans. Comparativement, si un jeune a aujourd’hui une meilleure approche de son corps qu’un gay des années 80, c’est aussi parfois une escalade plus rapide dans une sexualité “hard” et la recherche de performances sexuelles sans pour autant en avoir la maîtrise complète ni en assumer les conséquences psychologiques.

Actuellement, au moins 1500 gays découvrent chaque année leur séropositivité, soit 4 chaque jour, la moitié d’entre eux ayant été contaminés au cours des 6 mois qui précèdent le dépistage. Au moins 1

homo sur 10 en France est séropositif. Depuis 1998, les IST sont en recrudescence.

Pour notre santé et notre bien-être au quotidien, continuons à nous protéger !

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