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Le Billet d’humeur de Jonathan Denis Le mieux, c’est donc la monarchie ! |
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Sa
Majesté la Reine de Grande-Bretagne nous a fait un très beau cadeau de
Noël en permettant à un chanteur gay de son état et à son petit ami de
s’unir officiellement devant leurs pairs… A quelques kilomètres de là,
dans un Nord où le froid et la pluie sont légion, deux jeunes hommes
s’émerveillent de cette fabuleuse avancée en Monarchie. Nous - enfants
de la république laïque, égalitaire, libre, j’en passe et des
meilleures – attendons simplement qu’un député daigne s’excuser de
considérer que nous sommes dangereux pour l’humanité. Non loin de là,
dans un petit hameau du plat pays, deux femmes, bien sous tout rapport,
pleurent à chaudes larmes devant le petit bambin qu’elles viennent
d’adopter. Nous – enfants de la république fraternelle, solidaire et
respectueuse des Droits de l’Homme – attendons que des délinquants
(c’est un mot à la mode) s’amusant à asperger d’essence un homme
qui a comme seul tort d’être pédé soient enfin arrêtés. Et puis
encore un peu plus loin… encore un peu plus loin… il y a beaucoup
d’avancées curieuses dans des monarchies salutaires. A
l’heure où l’on ne fourre plus la dinde, où l’on essaye notre
nouvel iPod reçu pour Noël, où le coming-out a peut-être été fait,
nous nous réjouissons du bonheur de nos compatriotes sans comprendre
pourquoi notre amour reste, d’une manière, interdit dans notre beau
pays. Notre cœur résonne déjà de faire-part, de liste de vaisselle, de
perron de mairie, d’écharpe tricolore, de youyous folkloriques (ça
fera plaisir aux députés)… Notre
cœur résonne d’amour et d’eau fraîche. Notre cœur ne résonne que
de nos rêves les plus précieux. A l’heure où les nouvelles résolutions
ont déjà perdu de leur éclat que l’on voudrait éternel, il serait
fort bon de penser que quelques élus prennent les choses en main. On
finirait par croire qu’il faudrait cloner Louis XIV et rétablir la
monarchie en France. On finirait par espérer que l’on puisse un jour
prochain proclamer une loi nous sortant d’un statut de seconde zone. C’est
drôle comme avec le temps les choses ne changent pas. Il y a plusieurs
mois, dans ce même magazine, j’écrivais déjà sur le thème du
mariage, de l’adoption, de la co-parentalité. Déjà je soulevais ces rêves
égalitaires. Déjà je comprenais que je pourrais m’épuiser à force
de gratter la plume. On m’avait demandé du bonheur, de la joie pour ce début d’année. On m’avait demandé de finir sur une note de bonne humeur. Alors, oui, je crois que la joie reste en nous… que l’espoir ne peut se détruire. Si dans un autre pays, l’alliance ne porte plus de sexe et les bébés inondent les maisons de deux papas ou deux mamans, n’oublions pas qu’ailleurs, on aurait été pendus… De la joie, oui… Du rêve surtout pour cette nouvelle année que je vous souhaite à toutes et à tous, douce, joyeuse et gagnante sur tous les fronts… Une
année 2006 d’égalité… et d’amour. |
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