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Baromètre
Sida Info Service 2005 : Toujours autant de discriminations ! |
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L’association
nationale Sida Info Service a mis en place depuis 2002 un observatoire des
discriminations envers les personnes atteintes à partir d’un
questionnaire proposé aux usagers de ses dispositifs téléphoniques
d’aide à distance et de son site Internet. Le baromètre 2005, dans le
cadre de la Grande Cause Nationale, montre une absence d’évolution dans
ce domaine, puisqu’aujourd’hui encore, près de 6 personnes sur 10
(57,3 %) déclarent spontanément avoir déjà été discriminées du fait
de leur séropositivité. Et
lorsque l’étude explore plus en avant dix domaines potentiels de
discriminations, c’est plus de 8 personnes sur 10 (81,4 %) qui ont subi
au moins une forme de discrimination ou d’exclusion. Cette
situation est d’autant plus préoccupante que, parmi ces personnes,
seules 21 % d’entre elles n’ont cité qu’un seul domaine de
discrimination et 61 % trois domaines ou plus : la vie quotidienne reste
pour le plus grand nombre un parcours de rejets successifs dans la vie
sociale, professionnelle et privée. Dans
la vie sociale et professionnelle, le milieu médical hors sida, le monde
du travail et le domaine des banques et des assurances restent les
principaux espaces d’exclusion des personnes atteintes (respectivement
43,7 %, 33,7 % et 33,6 % de l’échantillon). Dans
la sphère privée, 63,3 % des personnes ont été victimes de
discriminations et de rejet de la part d’un(e) partenaire sexuel(le),
d’un(e) conjoint(e) ou ex-conjoint(e), d’un(e) ami(e) ou d’un membre
de leur famille. Ce
constat est récurrent depuis le lancement du baromètre en 2002, constat
confirmé par les nombreux témoignages reçus notamment sur Sida Info
Droit (0 810 636 636)*, Sida Info Service et Ligne de vie
(0 810 037 037)*, dispositif d’accompagnement personnalisé et
suivi des personnes séropositives au VIH et aux hépatites et de leurs
proches. Alors
que le mois d’octobre de l’année Grande Cause Nationale était
consacré aux discriminations, c’est à chacun d’entre nous de prendre
conscience face à une situation intolérable persistante qui réduit les
personnes séropositives à des citoyens de seconde zone. Face à cela, force est de constater que la loi de lutte contre les discriminations du 12 juillet 1990 est insuffisante, seuls trois cas ayant donné lieu à ce jour à une condamnation en justice. C’est pourquoi, après avoir appelé à la création de la HALDE, nous attendons beaucoup de la Haute Autorité qui doit non seulement aider les personnes en les accompagnant individuellement mais aussi proposer une politique globale de lutte contre les discriminations. |