Morganne : engagée dans tous ses combats

Jonathan Denis

Révélée aux yeux du grand public lors de la 3ème saison de la “Star Academy”, Morganne revient sur le devant de la scène avec une série de concerts et un album “Fille de l’ère” aux accords très rock. Une rentrée aussi placée sous le signe de la lutte contre le sida…  

Rencontre sans tabou avec cette jeune chanteuse motivée et engagée dans tous ses combats.    

Deux ans après avoir quitté le château de la Star Ac’, tu sors un nouvel album (le troisième). Ne t’attendais-tu pas à retrouver les projecteurs un peu plus tôt ?

Quand tu arrêtes la Star Ac’ et que tu ne passes plus à la télévision, les gens pensent que tout est fini. Ce n’est pas du tout ça. Après mon départ du château, je me suis consacrée aux émissions que toute la promotion enregistrait et à la sortie de mon single “Duel” qui s’est vendu à 150.000 exemplaires. Et puis, il y avait la tournée: 6 mois de concerts, plus de 100 dates, des spectacles au Maroc, en Suisse, au Liban… ça prend du temps !

Depuis plus d’un an, je travaille sur mon nouvel album avec de nouvelles personnes… C’est récurrent comme pensée, mais si les gens ne te voient plus à la télé, c’est que tu ne fais plus rien. C’est idiot.

 

Justement, n’as-tu pas peur de te voir coller l’étiquette Star Ac’ ?

Je joue le jeu, j’assume ce que j’ai fait. Je ne pense pas avoir eu une image destructrice, bien au contraire on m’a montrée comme étant “la bonne copine un peu lisse”. L’étiquette ne me fait pas peur… On la colle encore à Jenifer, quatre ans après sa victoire.

 

Mais ton public sera principalement composé de fans de la Star Ac’…

Tu sais, j’ai fait 40 dates en solo après cette expérience… J’ai eu le temps d’avoir un nouveau public et puis je compte profiter aussi du bouche à oreille. Mais bien sûr que certaines personnes du public seront des fans de la Star Ac’. Ils viennent de Lyon, Lille, Marseille… J’ai aussi ma bande de fous (rires).  

On s’attendait plus à te voir faire de la variété et tu sors un album rock. Pourquoi ce changement radical ?

Quel changement ? J’ai toujours fait du rock… même à la Star Ac’. Maintenant, même si l’album est très rock, dans un style Anastacia ou Evanescence, je chante aussi des balades soft. J’ai toujours été comme ça, je ne triche pas, mes deux albums précédents étaient déjà dans ce style. J’aime mélanger les styles et ne pas être dans une case. La seule chose qui m’importe aujourd’hui, c’est de trouver ma place dans ce métier et d’aller à la rencontre des gens. Je veux leur donner mon énergie. Je veux la partager dans l’album et sur scène.

Quels souvenirs importants gardes-tu déjà de ta jeune carrière ?

Le meilleur, c’est “mon déclic”. En 1993, j’ai participé à un concours de chant lors de la dernière étape du Tour de France à Evreux. Ce fut ma première grande sensation, ma première communion avec le public. C’est là que j’ai compris ce que je voulais faire… et tout a commencé. Et puis, la Star Ac’, c’était bien aussi…  

Mais les coups durs ont dû aussi arriver…

Les coups durs, on en a assez souvent mais ils sont toujours constructifs… J’ai eu de la chance aussi : je ne me suis jamais fait huer sur scène (rires)… Le pire, c’est quand on m’a dit que j’étais retenue pour jouer Esmeralda sur scène dans la troisième version de Notre-Dame de Paris. J’ai commencé à travailler et puis, en regardant la télé, j’ai vu Luc Plamondon annoncer qu’il avait trouvé son Esmeralda : c’était Shimen Manson. Ce fut très dur… Après on m’a expliqué pourquoi je n’avais pas été choisie : “c’est normal, t’es pas connue”. C’était difficile à vivre.

 

Parlons maintenant de ton engagement associatif… Tu viens de rejoindre, en tant que marraine, l’association “Jeunes Contre le Sida”. Pourquoi t’inscrire dans ce combat ?

Tout a commencé par une rencontre avec le président de l’association, Jonathan Denis, dans un restaurant japonais (rires)… Sincèrement, je me sens concernée. Il faut arrêter de se voiler la face sur le sida. Il faut aider les jeunes, notre génération, à comprendre les risques mais aussi à les inciter à se protéger… et puis il y a aussi ceux qui sont déjà contaminés… il faut les écouter et les aider. Aujourd’hui, une vraie prise de conscience doit avoir lieu. J’ai vu trop de gens imprudents face à ce fléau autour de moi. Je ne peux pas fermer les yeux sur le sida.

 

Concrètement, que comptes-tu apporter à cette association ?

Je n’ai pas la prétention de vouloir “apporter” quelque chose. Je sais aussi que j’ai un public… Si je peux les toucher par mes chansons et délivrer un message de prévention, aussi bien dans l’album que sur scène, c’est déjà bien. Ensuite, il y a aussi une peur légitime autour du sida mais il ne faut pas avoir peur d’en parler, de prévenir… Nous sommes une génération ouverte alors à nous de tout faire pour que l’épidémie n’existe plus et pour abattre le malaise. Il faut, absolument, comprendre ce qu’est le sida !

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