Le Billet d’humeur de Jonathan Denis

C’est l’histoire d’une vie gay qui devient de moins en moins rose !

Au départ, les affiches du salon gay… Ensuite, les propos scandaleux d’un homme politique de haut rang en Pologne… Et finalement, cette dépêche de l’AFP qui tombe sur mon ordinateur : “Mort de Guillaume Dustan”.

L’actualité gay me bouleverse au point d’hésiter, de ne plus savoir, de me demander quel sujet serait le plus audacieux, le plus incisif… ayant trop de peine face à ces événements.

L’homophobie a toujours bon dos (au point que mon correcteur d’orthographe électronique ne reconnaît pas le mot homophobie !) surtout aux plus hautes instances des démocraties. C’est l’histoire d’une société publicitaire qui a peur de choquer ses clients… des clients à qui il faut vendre un yaourt à l’aide de l’image d’une femme nue ou encore un parfum grâce aux attributs convaincants d’un mâle trentenaire… des clients chouchoutés à grands coups d’affiches de corps dénudés portant un boxer… Le comble du ridicule intervient quand elle refuse une affiche mettant en scène deux hommes qui s’embrassent puis deux femmes mimant le même élan d’amour. “On va choquer”, “Les gens ne sont pas prêts à voir ça”… Phrase décryptée : “Au secours, nos enfants vont croire que c’est normal d’être pédé !”. Alors, la société craintive se met à faire la sourde oreille quand on l’interroge sur ce sujet… et puis, le “Romero Zorro” (l’homme politique qui trouve une idée plus vite que son ombre) saisit une haute autorité de lutte contre les discriminations…

Alors, que se passe-t-il ? Les publicitaires-poubelles revoient leur copie et se disent (enfin, sont obligés de se dire) que finalement, deux garçons qui s’embrassent c’est aussi de l’amour… Traduction de la pensée : “Deux tafioles nous montrent ce qu’elles font sous la couette mais aujourd’hui ça peut faire vendre”.

Comme un inventaire de Coluche, c’est l’histoire d’une droite politicienne conservatrice qui ne sait plus comment récupérer des électeurs. Dans ce pays, nouvel entrant dans l’Union Européenne, la Pologne, un leader qui vient de prendre le pouvoir avait flairé le bon coup de la critique de l’homosexualité : “Je ne veux pas qu’un homosexuel puisse contaminer un citoyen de mon pays”. Bien sûr, vieux papy, les pédérastes cherchent de nouvelles victimes pour commettre le crime du péché originel…

Et on vient encore dire après ça que la Turquie n’a rien à faire en Europe car elle ne respecte pas les Droits de l’Homme !

Enfin, c’est l’histoire d’un mec qui a revendiqué beaucoup de choses contraires à la morale, qui a existé sur le coup médiatique, qui a montré la face sombre d’une sexualité débridée. Quelques romans, quelques partouzes, quelques débordements… C’est l’histoire d’un de mes détracteurs, d’un de mes poursuivants de mauvais chemin. Un homme qui, à défaut d’avoir su dire une bonne parole, a écrit de bons livres. Un homme qui part sans bruit, sans paillettes, sans une énième provocation télévisuelle. Un homme qui vaut bien mieux que les deux exemples cités plus haut.

C’est l’histoire des jeunes et des moins jeunes qui se demandent encore comment on peut les insulter à loisir et leur enlever les rêves d’une existence. C’est l’histoire d’une vie gay qui devient de moins en moins rose !

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