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Au
départ, les affiches du salon gay… Ensuite, les propos
scandaleux d’un homme politique de haut rang en Pologne… Et
finalement, cette dépêche de l’AFP qui tombe sur mon
ordinateur : “Mort de Guillaume Dustan”.
L’actualité
gay me bouleverse au point d’hésiter, de ne plus savoir, de me
demander quel sujet serait le plus audacieux, le plus incisif…
ayant trop de peine face à ces événements.
L’homophobie
a toujours bon dos (au point que mon correcteur d’orthographe électronique
ne reconnaît pas le mot homophobie !) surtout aux plus hautes
instances des démocraties. C’est l’histoire d’une société
publicitaire qui a peur de choquer ses clients… des clients à
qui il faut vendre un yaourt à l’aide de l’image d’une
femme nue ou encore un parfum grâce aux attributs convaincants
d’un mâle trentenaire… des clients chouchoutés à grands
coups d’affiches de corps dénudés portant un boxer… Le
comble du ridicule intervient quand elle refuse une affiche
mettant en scène deux hommes qui s’embrassent puis deux femmes
mimant le même élan d’amour. “On va choquer”, “Les gens
ne sont pas prêts à voir ça”… Phrase décryptée : “Au
secours, nos enfants vont croire que c’est normal d’être pédé
!”. Alors, la société craintive se met à faire la sourde
oreille quand on l’interroge sur ce sujet… et puis, le
“Romero Zorro” (l’homme politique qui trouve une idée plus
vite que son ombre) saisit une haute autorité de lutte contre les
discriminations…
Alors,
que se passe-t-il ? Les publicitaires-poubelles revoient leur
copie et se disent (enfin, sont obligés de se dire) que
finalement, deux garçons qui s’embrassent c’est aussi de
l’amour… Traduction de la pensée : “Deux tafioles nous
montrent ce qu’elles font sous la couette mais aujourd’hui ça
peut faire vendre”.
Comme
un inventaire de Coluche, c’est l’histoire d’une droite
politicienne conservatrice qui ne sait plus comment récupérer
des électeurs. Dans ce pays, nouvel entrant dans l’Union Européenne,
la Pologne, un leader qui vient de prendre le pouvoir avait flairé
le bon coup de la critique de l’homosexualité : “Je ne veux
pas qu’un homosexuel puisse contaminer un citoyen de mon
pays”. Bien sûr, vieux papy, les pédérastes cherchent de
nouvelles victimes pour commettre le crime du péché originel…
Et
on vient encore dire après ça que la Turquie n’a rien à faire
en Europe car elle ne respecte pas les Droits de l’Homme !
Enfin,
c’est l’histoire d’un mec qui a revendiqué beaucoup de
choses contraires à la morale, qui a existé sur le coup médiatique,
qui a montré la face sombre d’une sexualité débridée.
Quelques romans, quelques partouzes, quelques débordements…
C’est l’histoire d’un de mes détracteurs, d’un de mes
poursuivants de mauvais chemin. Un homme qui, à défaut d’avoir
su dire une bonne parole, a écrit de bons livres. Un homme qui
part sans bruit, sans paillettes, sans une énième provocation télévisuelle.
Un homme qui vaut bien mieux que les deux exemples cités plus
haut.
C’est
l’histoire des jeunes et des moins jeunes qui se demandent
encore comment on peut les insulter à loisir et leur enlever les
rêves d’une existence. C’est l’histoire d’une vie gay qui
devient de moins en moins rose !
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