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Par Cédric Chaory |
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Depuis
l’apparition de Pink TV en octobre 2004, la petite lucarne est prise de
crises de follitude cycliques. Téléfilms, télé-réalité, jeux : tous
les programmes se teintent d’un rose délicat. Délicat ? Pas
si sûr si l’on en juge par ce zapping 2004-2005. Pas
moins de 786 émissions abordant l’homosexualité furent visibles sur
les chaînes TV françaises en 2004. Ce chiffre, en perpétuelle
croissance, est à mettre en rapport avec une visibilité gay toujours
plus importante dans la société française depuis le début des années
90. C’est
ainsi que les programmateurs, conscients que la “communauté” reste un
marché à conquérir (mais aussi un sujet qui intrigue, voire amuse), se
creusent la tête pour médiatiser un sujet, autrefois honni. Et
aujourd’hui ce sont tous les formats que l’on convoque. Les petits
derniers comme la télé-réalité ou encore les téléfilms sont les plus
prompts à développer une certaine idée de l’homosexualité version
TV. Une
certaine idée en effet… tant le résultat est bien trop souvent
caricatural. A l’image de la folle hurlante Steevy, premier héros
sensible d’une émission de Real Tv en 2001, nos nouveaux héros homos véhiculent
eux aussi leur lot de clichés, tout droit sortis d’une mauvaise
adaptation de “La Cage aux Folles” : Michel, Gia, Antti, Eddy, Thomas,
Michal… Bref, à chaque émission, sa folle hurlante ou sa honteuse… Sans
oublier le tour de force de TF1 qui a su mettre en lumière un personnage
comme Vincent Mc Doom sans afféteries putassières dans son inénarrable
émission “La Ferme célébrités”. A côté la pleurnicheuse (et
pourtant si talentueux) Patrick Dupond a fait pâle figure ! Oublions
ces programmes “débilitants” pour se consacrer sur les œuvres de
fictions, plus enclines à montrer des personnages gay moins drama-queen.
La bonne surprise de cette année fut sans conteste “Clara Sheller”
diffusée ce printemps sur France 2. Mélange de séries à succès tel
“Sex and the city” et “Friends”, cette série de 4 épisodes a su
proposer une image très proche de la réalité d’un jeune gay
trentenaire citadin. Le succès public et critique fut tel que la suite
est déjà en cours d’écriture. La
chaîne publique, depuis toujours la plus gay friendly après ARTE (selon
l’Observatoire du traitement de l'homosexualité dans les médias,
Media-G) a également signé deux beaux autres succès publics avec le
magistral “Un amour à taire” au
thème douloureux (les gays sous l’occupation hitlérienne) ou encore
“Une famille pas comme les autres”. Indéniablement
roi de la fiction homosexuelle, le service public (France 3 y compris)
propose également des talk-shows sensés. Mireille
Dumas sera bien évidemment préférée au fade Jean-Luc Delarue, trop
souvent peu concerné ou larmoyant avec ses invités venus révéler leur
homosexualité à l’antenne. Ces
confidences, aujourd’hui récurrentes à l’antenne finissent par
lasser même si elles participent malgré tout à la visibilité gay, et
sans doute à une meilleure acceptation du gay et de la lesbienne. Mais
là encore tout est question de traitement car un talk-show comme “Y’a
que la vérité qui compte” sur TF1 multiplie les fautes de goût : une
déclaration d’amour gay qui tourne mal, un couple de lesbiennes qui
cherche à convaincre leur pote d’en enfanter une… bref des morceaux
de vies intimes étalés à la face du téléspectateur, entretenus dans
un suspens vain et grandiloquent. Mais
la première chaîne hertzienne est habituée au ridicule : confère ses
“Queers”, 5 experts en Dolce et Gabbana et autres canapés au camaïeu
douteux, toutes plus folles tordues les unes que les autres. Cette représentation
gay n’a rien à envier à la piteuse gym queen Gérard dans “Les
Filles d’à côté”, sitcom d’AB productions… il y a 12 ans déjà
! Heureusement,
face à ces grossières erreurs de programmation et d’appréciation (de
retour dès la rentrée malheureusement), il nous reste Pink TV qui songe,
elle, à diffuser en clair à la rentrée son émission quotidienne phare
“Le Set”, à l’instar du “Nulle Part Ailleurs” d’antan. Mon
tube cathodique virera encore grave au rose…
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