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Pierre-Yves
Dodat Mister séries sur Pink Tv.. |
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Propos
recueillis par F. Mobihan |
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Pierre-Yves
Dodat est “Mister Série” dans l’émission de PINK TV, “Le Set”.
Turbulent
et touche-à-tout, il est d’abord comédien et metteur en scène, mais
à partir de 1991, les médias l’attirent. A la
même époque, il trouve aussi le temps
d’écrire un court-métrage et de collaborer à des titres comme
Têtu, Illico ou 20 ans. Côté
télé, en 2002, Pierre-Yves est journaliste pour la Nuit Gay de Canal+.
Canal, où il participe aussi à la création de la première association
LGBT en entreprise en France : Cgay. Depuis 2003, il est journaliste news
pour i-Télé où il sévit toujours, tout en participant à l’aventure
Pink depuis son lancement. |
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Quelle
importance accordes-tu à la visibilité LGBT et à son traitement à la
télévision ?
Y
observes-tu une évolution? La
visibilité LGBT ne sera jamais assez grande à mon goût. En tout cas
tant que les mentalités n’auront pas évolué, tant que l’homophobie
persistera, tant qu’on laissera des députés clamer ouvertement que les
homos sont inférieurs aux hétéros, il faudra sans cesse dire et redire
qu’on est là et qu’on est une force. Pour ce qui est de l’évolution
de l’image des gays et des lesbiennes à la télé, je crois que ce qui
est rassurant, c’est de voir qu’on nous montre à présent dans notre
diversité : on voit des gays propres sur eux, des lesbiennes féminines, des butchs, des
folles (cf les queers), des couples hétéronormés, etc... Depuis les émissions
de Delarue notamment, l’homosexualité n’est plus le sujet central
d’une émission, mais en fait partie. Par exemple, si le sujet est :
“Le couple”, on invite deux garçons ou deux filles parmi des couples
hétéros.
La
présence de journalistes et de présentateurs ouvertement gay,
aide-t-elle à faire évoluer l’image des gays à la télé ? Les
personnages publics ne doivent pas cacher leur homosexualité. On doit
montrer aux gens qu’on s’assume et qu’on n’en est pas mort.
Attention, je ne dis pas que c’est facile de le faire, mais ça a
toujours été ma politique. C’est ma façon d’être militant. Je ne
supporterais pas de vivre dans le mensonge ou le non-dit. C’est en
grande partie pour ça que j’ai foncé à Paris à 20 ans. Pour cette
liberté. Je sais que j’ai eu beaucoup de chance car ma famille m’a
toujours soutenu. J’ai des parents extraordinaires qui ont accepté avec
beaucoup de force mon coming out. Cette chance, j’ai voulu la partager
avec ceux qui ne l’ont pas, montrer ouvertement qu’être PD ce n’est
pas une maladie, qu’on peut faire le boulot qu’on aime et dire
«je suis gay». Moi,
je suis journaliste et homo (pas “journaliste homo”, il y a une grande
nuance !) et alors ?
Comment
définirais-tu Pink Tv ? Notamment à ceux qui douteraient du besoin
d’une chaîne Gay Friendly dans le Paf. Pink
est une chance incroyable pour les homos. Enfin une télé qui leur parle
directement à eux et à elles. Avant, ça ne leur arrivait qu’une fois
par an avec la géniale Nuit Gay de Canal+. Ce qui me met hors de moi,
c’est quand j’entends dire que Pink “ghettoïse” les gays. Est-ce
que quelqu’un accuse la chaîne catho de “ghettoïser” les cathos ? Pink
est un pas in-dis-pen-sable dans la lutte contre les discriminations. Il
faut sans cesse dire qu’on est là. Le combat n’est jamais gagné. Il
ne faut jamais oublier par exemple qu’en Allemagne, avant l’arrivée
des nazis, les homos vivaient libres et visibles. L’homosexualité était
dépénalisée. Toute cette liberté a été perdue en un clin d’œil,
et quel parcours du combattant pour la regagner ! Il ne faut jamais croire
que les choses sont acquises.
Sur
Pink, tu es «Monsieur Série».
D’où te vient ce penchant pour ce type de programme ? J’ai
été élevé à la sauce télé. J’ai 41ans, j’ai la chance d’avoir
vu de mes yeux vus, débarquer les séries américaines en France quand
j’étais gosse. J’ai
passé des heures de bonheur devant «Les mystères de l’ouest», «Magnum»,
«Amicalement vôtre», «Super Jaimie», «Ma sorcière bien aimée»… Ce
qui est génial avec les séries, c’est qu’elles donnent un instantané
de leur époque.
Dans
l’univers des séries, comment évolue l’image des gays ? Vaste
sujet. En gros, il y a l’avant et l’après Steven Carrington, dans «Dynastie».
Il a été le premier personnage central de série ouvertement homo.
Avant, on devait se contenter de la folle de service ou de personnages «crypto-gay»,
genre James West dans «Les mystères de l’ouest» avec ses chaps, son
beau petit cul moulé à la louche, les séquences où il est enchaîné
torse nu, etc... Après
Dynastie, dans les 80’s les lobbies gays U.S. font pression sur les
producteurs pour qu’il y ait un quota d’homos, comme il y a depuis
longtemps des quotas de blacks par exemple. C’est l’époque du
“PD de service” : il faut qu’il soit propre sur lui, drôle,
très homo mais pas trop sexuel (genre Carter, le black de «Spin City»
ou Will de «Will and Grace»). Et puis, fin des années 90, c’est la déferlante
«Queer As Folk», la première série entièrement homo : une vraie
claque, comme «Metrosexuality» d’ailleurs, moins connue mais très drôle.
Depuis quelques années, on assiste à l’arrivée de personnages
beaucoup plus intéressants, notamment avec «Six feet under», une
merveille. Là, le gay est un des personnages centraux. Comme tous les
autres, il a ses problèmes, ses névroses. Le personnage n’est pas forcément
«bien sous tous rapports», ni très sympathique… et en plus il baise !
Bref,
le gay de série est enfin un ETRE HUMAIN. La toute dernière nouveauté,
c’est «l’homo qui passe inaperçu», comme le personnage de l’aide
soignante dans «Nip/Tuck» (la série chirurgicale !). On
apprend qu’elle est lesbienne au bout de quelques épisodes.
Comme ça, en passant. ça fait juste partie de sa personnalité. Bref, on
avance. Maintenant on attend bien sûr avec impatience «The L Word» la
première série lesbienne, avec que des belles filles (trop peut-être!).
S’il
ne devait rester qu’une
série, ce serait laquelle ? Une
seule ? C’est dur. «Six Feet Under» parce que c’est bien fait, bien
joué, tout est bien ! Que du
bonheur.
Ton
personnage préféré toutes séries confondues ? Alexis
Carrington (Joan Collins) dans «Dynastie», parce que Glamour, parce que
Mauvaise, parce que Mère Poule (avec son fils PD chéri), parce que sans
elle, un personnage comme Patsy Stone, dans «Ab Fab», n’aurait peut-être
pas existé. Et parce que C’EST NOTRE MERE A TOUS !!!
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