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Le mois de mai est en général celui où l’on commence sérieusement à
penser aux vacances d’été.
Lettre Ouverte a donc choisi de s’intéresser au boom du tourisme “rainbow”,
tant les initiatives dans ce domaine se multiplient.
Comme bien souvent, l’origine du mouvement est à chercher du côté des
Etats-Unis. Mais aujourd'hui il est planétaire et passe même par la
France.
Les pays anglo-saxons et leur esprit communautaire, ont été les premiers
à utiliser un marketing ciblé gay. Key-West et bien d’autres noms résonnent
depuis des années comme des eldorados touristiques pour le public LGBT.
Aux USA, les professionnels du tourisme peuvent d’ailleurs acheter à
prix d’or les conseils des boîtes de marketing, afin de réussir leur
entrée sur le marché du voyage arc-en-ciel. Si l’on ajoute à cela les
éternels poncifs du style : “les gays ont un pouvoir d’achat supérieur…blablabla”,
pas étonnant que les méthodes US, en ce qui concerne un tourisme ciblé
gay, se soient répandues comme une traînée de poudre à travers le
monde.
Certaines destinations sont donc devenues cultes, et ont su s’imposer
comme des passages obligés pour de nombreux gays.
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En Australie, le carnaval gay de Sydney en est un bon exemple. En quelques
années, il est devenu un événement mondial qui, de plus, a prouvé son
impact économique sur la ville de manière globale.
Plus près, Sitges, la station balnéaire espagnole, située à 30 kilomètres
au sud de Barcelone, est en effet la station gay en Europe. Elle est réputée
pour son carnaval en hiver, mais surtout ses saisons d’été où les schémas
habituels de la société se retrouvent inversés.
Les gays y sont omniprésents sur la plage, dans les rues, les
commerces… L’Espagne a le vent en poupe puisque, en quelques années,
la dynamique ville de Barcelone, semble bien avoir ravi le titre de
capitale gay européenne à celle qui fut la destination préférée des
gays pendant longtemps : Amsterdam. Question de génération sans doute !
Il faut dire qu’il est difficile de lutter contre Barcelone et son
ensoleillement, ses plages, ses “Ramblas”, et son offre de commerces
gay sans cesse plus performante.
De nombreuses villes se battent ainsi pour attirer la communauté gay et
cette volonté dépasse le cadre du simple “milieu gay local”. Elle
est de plus en plus souvent orchestrée au niveau des municipalités ou
des pays eux-mêmes.
Ainsi, depuis 1994, la ville de Montréal au Canada, a travaillé de manière
ciblée, afin de s'auto-promouvoir, auprès notamment du marché américain.
L’objectif affiché : faire de Montréal l’une des cinq premières
destinations urbaines gay sur la planète.
En Europe, l’office de tourisme de Copenhague, propose sur son site web
officiel, la page: www.visitcopenhagen.dk/gay.
On y apprend l’esprit d’ouverture qui règne dans la ville, le nom du
premier bar gay, le “Centralhjornet”, ouvert il y a 80 ans, ou encore
que le Danemark fut en 1989 le premier pays au monde à reconnaître le
mariage homosexuel. A travers cette page, la municipalité vous communique
aussi toutes les infos concernant la vie gay à Copenhague, mais aussi où
sortir, où dormir…
Ce tourisme gay se structure de plus en plus. Les pionniers en la matière
sont certainement les membres de l’IGLTA: l’International Gay and
Lesbian Travel Association. Ce groupe fondé à l’origine en 1983 par 5
membres en compte aujourd’hui plus de 900.
C’est une banque de données où l’on retrouve des agences de voyage,
des tours opérateurs, des compagnies aériennes, des loueurs de voitures.
En France aussi le phénomène prend de l’ampleur sous différentes
formes, mais aussi avec des succès variables. Les retards pris au démarrage
côté français, s’expliquent notamment par nos différences
culturelles avec les pays anglo-saxons.
Le positionnement communautaire correspond à priori moins à notre mode
de société. Les touristes français semblent donc envisager leurs
vacances dans une démarche souvent plus individualiste.
Au final, les agences de voyages à destination des gays sont tout de même
apparues sur le marché Français. La première fut Eurogays, qui resta
longtemps l’unique exemple tricolore.
D’autres agences ont aujourd’hui ouvert des départements gay. C’est
le cas de nombreuses agences sur Paris et de l’agence BLB en Bretagne
avec un secteur intitulé Gaytitudes.
La dernière née des agences françaises 100% gay, se nomme Attitude
Travel. Plus qu’une simple agence, il s’agit d’un tour-opérateur.
Ces agences référencent en général des produits de deux catégories :
ceux qui sont spécifiquement gay et ceux qui sont plus à tendance gay
friendly.
Il existe aussi une offre qui correspond en général elle-même à deux
types de clientèle : celle des circuits plus communautaires, dont les
croisières à plus de 2500 gays sur un paquebot et les semaines organisées
dans certains clubs type club Med pourraient être considérées comme des
emblèmes.
Parallèlement, une autre clientèle recherche tout simplement une offre
qui respecte leur mode de vie. Cette notion se traduit dans la question de
l’hébergement. Ce qui prime alors c’est la qualité de l’accueil.
En somme, pour beaucoup d’entre nous, il s’agit de passer des vacances
épanouies, en restant soi-même, c’est-à-dire sans voir la tête de
son hôtelier se renfermer lorsqu’il s’aperçoit qu’un couple de garçons
ou de filles vient de réserver une chambre à un seul lit.
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