La Bear Family

une communauté dans la communauté 

Par F. Mobihan


J-Luc & J-Denis - Le Forum Lyon

En France, les non initiés associent souvent de façon réductrice le terme bear aux seules notions de corpulence et de pilosité, s’arrêtant ainsi à des critères physiques. Or nos voisins semblent apporter une réponse plus développée et l’on parle plus facilement de “bear attitude”.

Pour en savoir plus, voici donc un peu d’histoire ours (bear en français pour les irrécupérables!), et une plongée au cœur de cet univers souvent méconnu.

Les Bears ne sont pas une sorte de génération spontanée. Il faut remonter aux années 80 aux USA pour connaître les premiers grognements de ces ours-là. Après l’exubérance des années 70, les premières années sida, et face à une communauté gay qui s’enferme dans des codes de plus en plus restrictifs, la volonté de certains de développer une autre visibilité est réelle.  

En effet, c’est surtout le rejet des codes gay classiques qu’il faut retenir. Le culte d’un corps obligatoirement imberbe et très musclé, le jeunisme à tout prix et l’anorexie collective, finissent par agacer ceux qui de toute façon, avec les années, voient leur corps se transformer naturellement.

C’est ainsi qu’au début des années 90, se développent aux Etats-Unis de nombreux clubs dits “bear”, s’adressant à l’origine plutôt aux hommes de la quarantaine et plus. Ils sont bientôt rejoints par ceux qui, tout simplement, ont une vision de l’homme qui privilégie le “naturel”. Ces derniers cultivent en commun un goût prononcé pour les plaisirs de la vie et ne s’en privent guère. Pas étonnant donc que le maître mot de ces associations bears soit “convivialité”. Au programme : des repas, des après-midi sauna, des visites culturelles, des randonnées et des soirées disco en général assez éloignées du clubbing des plus jeunes. Le mouvement ne tarde pas à prendre de l’ampleur avec, au milieu des années 90, la mise en place d’une presse spécialisée : Bear magazine, Grizzly magazine.

Petit à petit, c’est une communauté dans la communauté qui s’impose avec comme premier principe celui d’accueillir tout le monde, d’où l’idée de bear attitude. Rapidement, les clubs font leur apparition un peu partout dans le monde et particulièrement en Grande-Bretagne, Allemagne, Australie et Japon.  


Marc -Ursuss Sud

La France n’échappe pas au phénomène et dès la fin de la décennie 90 les initiatives se multiplient. C’est évidemment à Paris que se forment les premiers groupes bears (Bears France, Ursus France). On assiste alors à une valse des étiquettes des noms d’associations qui, en soit, démontre le caractère nouveau et balbutiant, mais aussi la vitalité des français en la matière. Parallèlement au tissu associatif s’ouvrent différents établissements gay destinés à ce public.

A Paris, le Bear’s Den devient l’un des bars phares du quartier du Marais, alors qu’à Lyon le Forum Bar ne désemplit pas. A partir de 2000 les bears français s’imposent aussi dans le défilé de la gay pride avec leur propre char.

 

Difficile d’évoquer les Bears sans parler de l’une des caractéristiques du mouvement que sont les grands rassemblements. Il faut croire que l’âge favorise les talents d’organisateurs, car dès 1992 on observe le premier «bear international rendez-vous» aux Etats-Unis. Par choix, tant ils sont nombreux, nous n’avons retenu ici que les principaux rendez-vous européens. En France, c’est en octobre que depuis quelques années a lieu sous l’égide de BPO (Bear Pride Organisation) l’élection de Mr Bear France à Paris. Cet évènement prend de plus en plus d’importance dans le calendrier et rivalise déjà avec ses principaux équivalents en Europe.  

En Espagne, le mois d’avril à Barcelone est ponctué par “Bearcelona”, l’un des rendez-vous espagnol pour les aficionados du genre. Madrid n’est pas en reste avec son “Mad bear”.  

Si vous préférez les brumes londoniennes et le flegme britannique, toutes les fin mai, la capitale anglaise vous accueille pour la “bear pride uk”.  Cependant, la palme revient aux allemands, avec le rendez-vous européen qu’est la “bear pride” de Cologne. En 2004 Cologne a fêté les 20 ans du groupe ours de Cologne Bartmänner, le doyen européen. Le thème 2004 en était “Beary x mas” (ours de noël).  


Bar Le Forum Lyon

 Le développement de la communauté bear doit aussi beaucoup à Internet. Avec l’arrivée de la toile mondiale, de nombreux sites se sont mis en place, notamment aux Etats-Unis. D’abord des clubs associatifs, des établissements commerciaux, des pages personnelles, mais aussi très rapidement de très nombreux sites de rencontres. Côté français, il est à noter que l’internet a permis d’accélérer la régionalisation du mouvement. Ainsi dans le sud, Ursus sud (http://ursussud.free.fr), en Aquitaine bearBox (www.bearsbox.fr.st) dans l’Ouest feu NBC (Nantes Bears Club), en Rhône Alpes Bearslyon (www.bearslyon.fr.st) sont tous des éléments actifs pour les bears en région. De nombreux sites comme http://manufrweb.free.fr ou encore www.cybears.org sont des incontournables pour vous permettre de partir à la découverte du monde bear. Côté rencontres, la référence est www.bearwww.com avec un succès fulgurant en un peu plus d’un an pour ce site devenu, grâce à son système multilingue, une référence au niveau mondial. A découvrir aussi le nouveau site français qui prend son envol www.allbears.net créé par le Nantais Kharma.

 

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