Monsieur Vanneste me casse les oreilles.

 

Billet d’humeur /// Par Jonathan Denis 

“Il pleut, embrasse-moi”. Pascal Sevran titre ainsi son sixième journal intime dédié à l’amour de sa vie. Un homme parle avec pudeur et romantisme de l’amour qu’il porte à un autre homme, à “son” Stéphane. Un homme parle avec naturel de l’homosexualité. Par les temps qui passent, cela devient trop rare.

Monsieur Vanneste me casse les oreilles. Une autre expression aurait pu être mieux appropriée mais la vulgarité n’est pas de mon ressort. Ce député s’en accommode déjà très bien tout seul. Je suis, selon lui, un danger pour l’humanité. “Je” veut bien évidemment dire “nous”. Pédé que je suis, ma maladie va m’obliger à violer des enfants et à détruire le monde. Rien que cela ! J’aurai pu, naturellement, voler une orange, battre ma voisine, égorger une vieille dame, décapiter le premier venu… mais non, je vaux plus que cela. Je vais détruire cette foutue terre où les sodomites seront de préférence morts et enterrés. Je remarque qu’un homme au pouvoir, Hitler pour ne pas le nommer, avait eu la même impression sur ces “pédérastes”. “Ils sont le danger de demain”.

Les triangles roses sont oubliés, enlevés des esprits depuis bien longtemps. Mais nous revoilà en pleine horreur d’une guerre fraîchement ressortie des livres d’histoire. Hitler se réincarne en Vanneste… diffamation, délire pointu, honte à moi… Criez Vanneste, crachez vos poumons sur ma faible et misérable personne, donnez-moi tous les procès que je peux prendre, je ne me tairai point. “Les pédés dangereux pour le monde” me paraît plus outrancier que de comparer un haineux parlementaire à un fou furieux.

Et Messieurs Chirac, Raffarin et Sarkozy que j’interpelle pour remettre cette droite dans sa ligne de conduite. Ils n’en ont que faire. La France d’en bas va mal, les pédés pourront bien attendre. Un brûlé de plus : cette idée ne déplairait pas à ce fumeux Vanneste. J’attendrai encore un peu avant de me jeter en pâture à ces enragés de la politique que la haine ravit.

Excusez-moi, mais je jouis d’autres choses.

Pascal Sevran écrira-t-il ce triste événement dans son prochain livre ?

Vanneste deviendra-t-il Hitler ? Nos politiques vont-ils enfin se décider à réagir ?

Renaud a-t-il raison de chanter “qu’il ne fait pas bon être pédé quand on est entouré d’enculés” ?

Les temps sont difficiles. Ces injures de députés venus d’un autre temps pleuvent et mouillent ma peau grasse de tous ces délires.

L’homme de ma vie me regarde écrire ce billet d’humeur. Il me sourit quand je deviens homo-textuel.

“Il pleut, embrasse-moi”.

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