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Les filles dans les kiosques |
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Par Cédric Chaory |
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Alors que la presse gay prospère et multiplie à tout va les gratuits et autres concepts éditoriaux, la presse lesbienne tarde à s’imposer. Discrètes, les revues pour filles n’en sont pas moins décidées à faire entendre leur voix. Petit détour dans les rédactions de Lesbia Magazine et de La Dixième Muse. Il y a plus de vingt ans, la presse lesbienne foisonnait : "Quand les filles s’aiment", "Désormais", "Paroles de lesbiennes féminines" ou encore "Chroniques aiguës et graves" étaient alors autant d’espaces d’expression pour lesbiennes radicales ou féministes. De cette glorieuse époque, seul Lesbia Magazine, né en 1982, a survécu. Les raisons de son succès sont expliquées par Jacqueline Pasquier, directrice de la publication : "Lesbia est un projet original. Nous sommes une association de femmes qui a pour but de produire une revue lesbienne. Une petite trentaine d’adhérentes, très soudées, travaillent donc bénévolement à ce projet. Au fil des ans, la rédaction évolue mais le principe reste le même." |
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Ainsi chaque mois est revisitée l’actualité des lesbiennes : culture, société, agenda… seule la politique y est exclue au grand dam des lesbiennes radicales qui aujourd’hui encore envoient du courrier dans l’espoir de politiser le support. Mais Lesbia se voit plus comme un lien social destiné à toutes les concernées de France. Et le moins qu’on puisse dire est que le magazine n’a pas à rougir de ses petits frères : les revues gay masculines : "Bien évidemment nous sommes beaucoup plus discrètes car notre réseau est restreint et plus confiné. Nous avons moins d’annonceurs et pas de Pierre Bergé (cf : directeur de Têtu), ce qui ne nous empêche pas une couverture nationale et un tirage à 10.000 exemplaires." Même son de cloche au sein de la rédaction de "La Dixième Muse" benjamine des revues pour les filles qui aiment les filles, créée en 2003 par un jeune couple de filles pacsées. Peggy Deweppe, directrice de cette publication expose son point de vue : "L’absence d’annonceurs est somme toute relative, car pour un magazine exclusivement lesbien, je trouve que l’on ne se débrouille pas mal du tout ! |
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Les revues masculines quant à elles ont la possibilité d’insérer des espaces publicitaires pour des services de messageries "hot", qui n’ont pas leur équivalent chez les filles… Ces dernières seraient-elles plus sages ?" Côté contenu, on ne peut pas dire que "La Dixième Muse" apporte beaucoup de sang neuf à la presse lesbienne : on y retrouve quasiment les mêmes rubriques, la même maquette que sa grande sœur. On songe alors au concept désopilant Housewife diffusé dans les bars et discothèques entre 1998 et 2000, pensé par l’artiste Dana Wyse. Novateur et décalé, on en vient à regretter sa disparition. Mais l’arrivée sur le marché de "La Dixième Muse" ne peut être que bénéfique. L’ouverture d’esprit de la rédaction est sa principale arme. "Exclusivement féminine mais pas sectaire (avis aux amateurs !)", les filles de la rédaction attendent vos idées. |
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Bien souvent le courrier des lecteurs permet aux rédactrices en chef de sonder les attentes de son lectorat. Plus de politique, plus de people ou de news, chacun y va de sa remarque. "Certaines lectrices recherchent des actualités et des informations sur les communautés homosexuelles, un magazine gay fait très bien l’affaire mais s’il s’agit de s’y retrouver émotionnellement, la lecture d’un magazine lesbien est préférable, surtout lorsque l’on est blasé ou très peu concerné par l’anatomie masculine… Dans la mesure du possible nous essayons de répondre à leurs envies, ainsi, depuis le mois de novembre, deux nouvelles rubriques ont vu le jour : les pages santé et les pages clubbing, annonce Peggy Deweppe. Mais qu’en pensent les lectrices ? Entre Katia, jeune parisienne branchée qui reproche à ces revues leur manque de mixité et de créativité et la lorientaise Cécile qui parcourt des kilomètres pour se procurer sa revue, les avis sont partagés. "Je trouve essentiel que l’on puisse se procurer ces revues partout en France, mais je déplore un peu leur manque de glamour…" soupire Cécile. Glamour, papier glacé, photo léchée… 20 ans après l’apparition des premières revues lesbiennes françaises, militantes et surtout méritantes, est exprimé par le lectorat un désir de lesbian chic. Le "Curve" américain (ex-Deneuve) et le "Diva" anglais en sont les premières incarnations et leur succès est depuis non démenti. De quoi inspirer les frenchies ? |
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