Michel Giliberti - Artiste peintre et auteur

Par Jean-Bruno

Michel Giliberti est né en Tunisie en 1950. Il se partage entre deux pays, la France et son pays d’origine.

Après une aventure de quelques années dans la musique en tant qu'auteur compositeur interprète (1976/1981), il a très vite repris les pinceaux, car il préfère l'intimité de son atelier aux tumultueuses soirées et autres agitations. Mais surtout, il aime être seul dans la création. Cependant il reste très accroc au son et ne peut vivre sans le rythme.

Il peint depuis l'enfance, professionnel dès 1981, connu et reconnu, parmi les meilleurs artistes actuels.

Mais les talents d’artiste de Michel Giliberti ne se résument pas à la peinture, il a plusieurs cordes à son arc, qu’il manie tout aussi bien, avec une aisance certaine.

En 1999, il publie son premier roman "Neiges d'octobre", en 2001 "Derrière les portes bleues" et un recueil de poésie "Bleus d'attente" en 2002, la version intégrale de "Neiges d'octobre" et en 2003 "Les yeux silencieux"(roman) et "le centième nom" (théâtre).

Début novembre, il vient de sortir un autre roman "Bou Kornine" ainsi qu’un livre d'art sur ses années orientalistes.

Toujours en novembre il fait une grande exposition en Tunisie.

Si dans la vie il est comme on dit un bon vivant, un bon cuisinier, dans sa vie professionnelle il n’en est pas moins un artiste engagé, il aime les mots qui dénoncent, c’est un rebelle et même au travers de ses toiles, il aime à mettre en évidence les incohérences, la violence, l'injustice et le racisme.

Pour lui un artiste se doit de montrer du doigt la faiblesse des systèmes quand ces derniers nous étouffent doucement jusqu'à nous mettre à genoux.

Qu'est-ce qui vous a attiré dans la peinture et dans l'écriture et quels chemins avez-vous empruntés pour y arriver ?

Ces passions, quand elles sont profondes et authentiques, arrivent si tôt qu'il est difficile de répondre à votre question. Pourquoi dès l'âge de 2 ans j'aimais déjà dessiner et pourquoi vers 12 ans j'ai commencé à peindre ? J'avoue que je l'ignore, mais j'étais un enfant secret qui aimait la solitude et ce dernier point a sûrement été un des facteurs essentiels à ma démarche artistique.

Bien sûr, j'ai dû emprunter, comme vous le dites, des chemins pour y arriver, et la peinture de la Renaissance Italienne, découverte à 12 ans justement, a été immédiatement pressentie comme le bon chemin, celui qui correspondrait le mieux à ce que j'attendais de l'art.

J'ai su que j'aimerais être un peintre de la lumière, des contrastes et d'une certaine dramatisation du sujet.

Quelles sont vos sources d'inspiration?

La souffrance, la psychologie humaine, l'injustice et la politique retranscrites à travers l'esthétisme me permettent d'offrir une image à deux lectures.

Quelles sont vos motivations ?

Je me réveille avec l'envie de peindre et d'écrire. Je me couche avec le regret de devoir y mettre fin.

Je suis vraiment passionné et ma motivation est intimement liée à la création : écrire des romans, composer des musiques, faire d'immenses tableaux et mettre sur pied, chaque année, une nouvelle expo, accompagnée d'un nouveau roman, voilà qui me comble.

Vous peignez de l'humain et principalement l'homme. Les regards de ces hommes sont souvent, sombres, tristes, pouvez-vous nous en dire plus ?

C'est pour les raisons citées plus haut. Je ne sais pas m'installer dans une peinture si rien ne m'émeut chez mon modèle, si la fêlure n'existe pas. Je peins rarement des personnages pour leur seule beauté, mais le plus souvent lorsqu'à un moment, ils savent me toucher...

Quel est votre public ?

Depuis 25 ans, j'ai un public très varié, autant étranger qu'européen. Je n'ai jamais eu une clientèle exclusivement gay, comme on pourrait l'imaginer, loin de là.

J'ai traité tant de thèmes en me servant de différentes formes d'expression telles que le surréalisme, le fantastique ou le symbolisme, que forcément il y a toujours une chance de rencontre entre la sensibilité d'un amateur d'art et celle que je veux faire passer dans une œuvre. Vous savez, je suis avant tout un peintre et quand je dis cela, je veux dire que je ne fabrique pas mes toiles, elles sortent de mes tripes pour employer une image éculée et jetée à tort et à travers, mais je n'ai pas d'autre expression pour expliquer cela, à moins de dire que je les éjacule.

Je ne cherche pas à séduire un certain public et si je peins le plus souvent des hommes c'est que je suis gay. J'adore me sentir gay et afficher ma différence au sein de mes frères humains.

Quelles seront vos prochaines étapes dans les années à venir ?

J'aimerais me remettre un peu à la sculpture que je ne pratique plus assez, mais surtout continuer mon métier tout simplement avec mes expos annuelles et mes romans. Je voudrais aussi que se monte ma pièce "le Centième Nom" qui évoque le problème Israélo-Palestinien. Je suis en pourparlers avec Patrick Lowie, un auteur et metteur en scène que j'aime vraiment beaucoup. C'est tellement extraordinaire de vivre de ses passions... Mon rêve serait tout à fait exprimé si je pouvais, avant de disparaître, faire un dernier CD comme j'en avais fait dans les années 70, mais cette fois-ci, avec ma maturité et mes textes d'aujourd'hui, un truc Trip Hop, bien noir, voire trash et si c'est impossible, au moins partager l'aventure de jeunes chanteurs à qui je livrerai des textes et peut-être même des musiques, pourquoi pas ?

Quels conseils donneriez-vous à des jeunes souhaitant se lancer dans la peinture ?

Il n'y a pas de véritables conseils. À un moment de ma vie, j'ai donné des cours de dessin et de peinture à des élèves et je ne savais que les encourager à toujours faire ce qu'ils avaient envie sans se soucier de plaire, sans interdit, mais toujours du mieux possible.

S'ils voulaient projeter une tache de peinture sur une toile, je les y encourageais, à condition que ce soit fait avec passion et sincérité. Toujours...

On ne fabrique rien, jamais ! On donne de soi, ou pas.

On ne peint pas pour tous, mais pour chacun, et puis il faut du courage, de la patience. On n'est jamais doué, le don n'existe pas ou simplement dans la tête de quelques fous qui ont le souci de nous intoxiquer avec des théories perverses sur la génétique et veulent nous faire croire que nous ne serions pas égaux à la naissance. Monstruosité, bien évidemment.On évolue et on devient tel ou tel en s'entourant de gens qui vous font grandir et en travaillant. Ne voyez là aucun message correspondant à l'ambiance générale, qui dans le même ordre d'idée que les nouvelles théories géniques, tend à nous faire régresser et croire que le travail est la seule chose importante dans la vie. Loin de là. Il faut vivre et donner de soi avec bonheur et sans limite, mais seulement avec l'envie de partager. Le reste n'est que discours "formateur" pour le MEDEF ou les fachos.

En novembre vous exposez en Tunisie, avez-vous d’autres lieux de prévus ?

C'est une grande expo accompagnée d'un beau livre d'art préfacé par Bertrand Delanoë dans lequel se trouve la quasi-totalité de mes toiles inspirées par la Tunisie. Je suis très heureux d'avoir mis ce projet sur pied, car je suis né dans ce pays.

ça faisait longtemps que je voulais faire une expo là-bas, ça me paraissait normal en terre natale. J'exposerai à La Marsa et à Sidi Bou Saïd, où je réside quelques mois par an. Cette expo reviendra ensuite en France, à Paris, et à Bruxelles.

Il y aura également un roman qui est sorti fin octobre et qui parle directement de La Tunisie, de mon amour pour ce pays, des rencontres qu'on y fait parfois et de son peuple : "Bou Kornine" aux éditions Bonobo.

Comment vous contacter pour acheter vos peintures ?

La galerie "Art Galerie Benchaieb", à Paris, au 64 rue Mazarine qui les présente en permanence se charge des ventes à Paris et dans les autres galeries étrangères. Bien sûr on peut voir le site de la galerie ou me contacter par l'intermédiaire du site de ma maison d'édition :

www.editions-bonobo.com 

 

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