Courriers des lecteurs LOMag N°85
Septembre / Octobre 2007

Sacro-saintes résolutions de rentrée…
Réf 01/85

 
Tout est dit. Pensé et soupesé. Cette rentrée ne sera pas comme les autres puisque j'ai décidé de prendre les choses en main. Et je ne suis pas le seul. Que d'histoires autour de moi sur ces belles résolutions de la rentrée… Que de projets en germes pour les mois à venir… L'air du temps médiatique d'ailleurs nous y invite : ainsi chacun de statuer sur les mesures phares de son "paquet moral" de bonnes intentions, à faire fructifier pour de bon, sans savoir toutefois si tant d'investissement est vraiment rentable…
Ainsi qu'en sera-t-il de ces bonnes résolutions concernant le travail ? Va-t-on parvenir pour certains à abaisser le taux de routine et de surmenage pour s'économiser et se ménager du temps à soi ? Ou majorer ses efforts pour ceux qui veulent devenir plus performants, donc plus riches, et décrocher la martingale d'une probable promotion ?
Et quel(s) profit(s) en perspective pour nos amours ? C'est qu'il n'y a plus de temps à perdre : investissons au plus vite dans le mec de notre vie, de nos rêves et de nos attentes. A moins de préférer prendre son temps pour dénicher le plus de pépites possibles au filon du plaisir au quotidien…
Et la rentrée littéraire nous rappelle à la culture de notre âme : on décide ici encore de s'enrichir, mais pour notre bien (et épater sans doute à l'occasion les copains). On lira tous les livres (à la mode), on s'imprégnera de toutes les musiques (pour danser dessus comme des stars en boîte), on ira voir tous les nouveaux films (Casper Van Dien ne nous a-t-il pas promis d'ailleurs de nous remontrer ses fesses dans Starship Troopers 3, en fin d'année ?). On s'intéressera aussi à d'autres cultures et on s'essaiera même à apprendre d'autres langues (si cela nous ouvre et nous permet de briller sous d'autres horizons). A chacun donc ses bonnes résolutions de rentrée. Mais enfin pourquoi ? Ce que le Père Noël ou le petit Jésus n'ont pas exaucé en décembre sera-t-il entendu en septembre par le mystérieux Xavier (Darcos), au ministère de l'Education ? Serait-ce le post-traumatisme des drames estivaux, à l'heure où les corps se dénudent et les cœurs s'émeuvent, qui nous pousse ensuite dans les salles de gym, afin de s'y construire (chimère...) un corps à la Casper Van Dien, et d'y implanter en plus quelques neurones, pour devenir l'année suivante l'archétype de la séduction ? A moins que, bien sûr, on se sache déjà épatant dans tous les domaines et que, avec un peu d'efforts, on pourrait devenir sublime…
 Quoi qu'il en soit, on finit tôt ou tard par cueillir les fruits doux-amers plantés à la rentrée. Comme on a eu parfois les yeux plus gros que le ventre, on goûte alors à la désillusion, quand on ne se casse pas les dents sur le noyau de l'argent, voire des résolutions d'autrui… On était plein de foi et d'idéal, quand s'imposent à présent l'amertume et la déception envers la terre entière qui a monté contre nous un complot tellement abominable que même Casper Van Dien ne pourrait déjouer…
Mais il y a aussi ces petits muscles encore tout rabougris qui se sont développés dans les bras et dans la tête, ces petits profits qui constituent dès lors un petit capital qu'il conviendrait sans doute de faire encore fructifier… Les bonnes résolutions ne donnent alors pas forcément naissance aux rêves mais permettent de s'en approcher voire, si la chance s'en mêle, de les redessiner sous des contours insoupçonnés. On aurait donc tort d'ergoter : le paquet moral est rentable pour qui sait s'y investir, sachant tout de même que les bénéfices ne profitent pas à tous… Mais la recherche et l'accroissement des richesses personnelles ne sont-ils pas à terme un cercle vicieux, propre à autant de rendement que de frustration ? On n'en serait donc jamais quitte ? Qu'importe : avec mon embryon de culture et de biceps, je suis prêt désormais à emballer Casper Van Dien, l'été prochain, à L.A. !
Jean-Pierre S.
 

Une municipalité courageuse.
Réf 02/85

 
C'était le vendredi 29 juin 2007, à Tours, et plus précisément dans la salle des mariages de la mairie, lieu symbolique pour la communauté homo, dont l'une des revendications officielles au travers des centres LGBT notamment, est la reconnaissance du couple homosexuel et le droit au mariage au même titre que les couples hétéros, et pas une relégation de second plan, dans un tribunal, assis dans un bureau riquiqui pour signer deux bouts de papier alors que la famille et les amis attendent dehors. Une trentaine de personnes s'était réunie afin d'assister à la remise du prix, en présence de M. Jean Pierre Tolochard, adjoint au maire, chargé de la culture, et de Jean Patrick Gilles, fraîchement élu député et futur ancien premier adjoint au maire. Sur proposition du Centre Gay et Lesbien de Tours, la mairie a reçu des mains de Philippe Alexandre Couteau, président de l'association LGP région centre, le prix 2006 de la Fédération française des Centres LGBT, distinguant la démarche la plus favorable à l'intégration sociale et à l'épanouissement des lesbiennes, gays, bisexuelles et trans. Via ce prix, l'association souhaitait récompenser le soutien de la ville dans la mise en place de l'espace LGBT de Touraine en 2006 et son engagement dans l'organisation de sa première Marche des fiertés, en mai 2006, et qui avait réuni près de 800 personnes, ce qui est un record pour une ville de province. Le président de l’association, Alexandre, n’a pas manqué d’humour en soulignant que jamais, sans doute, dans cette salle des mariages, autant d’homosexuelles à la fois s’étaient trouvées, tout en précisant plus sérieusement, que l’association souhaitait et espérait perdurer encore longtemps et obtenir le soutien nécessaire. Si Jean Pierre Tolochard a réaffirmé le soutien de la mairie à l'association, le député Jean Patrick Gilles a lui, parlé d'une refonte générale du mariage en France, permettant ainsi, une égalité totale entre les couples de même sexe et les couples de sexe opposé. C'est autour du verre de l'amitié offert par la mairie que la cérémonie s'est terminée. Précisons que seule une équipe de télévision était présente, celle de MG TV, diffusée sur le Web via le site : www.homologays.com, et qu'une seule journaliste “papier”, celle de la Nouvelle République, s'était déplacée pour assister à l'événement.
Il faut reconnaître le courage de cette municipalité qui ne se laisse pas intimider par les quantités de lettres homophobes et menaçantes qu’elle reçoit. Et alors je lance des pistes sur lesquelles les services de la mairie pourraient aider encore un peu plus l’asso, puisqu’on a commencé, autant aller plus loin : un nouveau local en centre-ville, afin que l’asso soit plus visible et accessible par toutes celles et ceux qui en ont besoin. Un travail commun sur la communication des actions de l’asso, la mise en place d’une charte gay friendly, etc.  
Anthony P.
 

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