Courriers des lecteurs LO'Mag N°77
Mai / Juin 2006
La journée du patrimoine homo

Marie-Ange   Réf. 01/77

Chère équipe de Lo’Mag, je vous écris pour formuler une idée, celle de fêter la journée du patrimoine homo.

Le patrimoine c’est tous les jolis corps, temples de l’esprit sain(t) que l’on visite tous les jours.

Le patrimoine c’est bien sûr tous les beaux monuments que l’on visite avec plaisir. N’oublions pas non plus le quartier du Mirail, mon bijou, ma cité chérie.

Je pense aussi à la communauté homo, en effet il est essentiel de protéger ce magnifique écrin de beauté humaine, le milieu gay, la fierté homo, le respect, nos différences et nos points communs (homos, bi, trans, etc.)

Les homos font avancer les idées du monde, l’homosocialité nous fascine ainsi que l’homoparentalité, etc.

Mon colocataire est un peu homophobe car il aime trop les mecs mais il a reçu une éducation hétéro (en Algérie). ça l’énerve et il ne faut pas le draguer. Quant à moi, j’ai besoin d’amis homos, car je me sens bien avec. Mon copain et moi sommes coincés, mais pas méchants, en fait il aime les garçons sans consommer et pour moi c’est la même chose, on s’aime mais nous ne sommes pas des hétéros comme les autres...

Je vous aime, souvent je prie pour vous, pour la tolérance.  Il faut s’affirmer, soutenir SOS Homophobie car c’est notre avenir qui est en jeu. L’homophobie, le racisme, le sexisme ça nous tue... 

Il ne fait pas bon, même en 2006 d’être homo, ou alors  peut-être faut-il être juif et homo ?

David   Réf. 02/77

Je voulais réagir à certains événements qui ont eu lieu récemment.

Je veux parler des meurtres à Paris du jeune Ilan Halimi et de celui de Sohane dont le meurtrier de cette dernière, Jamal Derrar, a été condamné à 25 ans de réclusion.

Bien entendu que je trouve ces crimes barbares, inqualifiables, impardonnables, mais j’ai du mal à comprendre pourquoi lorsqu’un homo est sauvagement agressé, tabassé, torturé, mutilé, brûlé vif comme Sébastien (aspergé d'essence et transformé en torche vivante), ou assasiné du fait de ses préférences, les français restent indifférents.

Pas de mobilisations, pas de marches silencieuses, pas d’hommes politiques qui s’impliquent...

Il ne fait pas bon même en 2006 d’être homo, ou alors peut-être faut-il être juif et homo ? Les Français ne sont pas aussi tolérants que ce que l’on pourrait croire. Je me pose aussi la question quant à l’efficacité des associations de défense et de lutte contre l’homophobie ? A quoi servent-elles ?

L’expédition “expéditive” de mon ami Robson.

   Philippe et Robson

Lundi 9 janvier dernier, la police des frontières venait à la maison pour nous "auditionner", Robson et moi.

Notre vie commune, depuis bientôt 3 ans, nous avait naturellement conduits à projeter de nous Pacser… Nous avons concrétisé et signé celui-ci devant la Greffière du Tribunal d’Instance de Villeurbanne à la fin de l’été, après moult galères juridico administratives !

Robson, que j’ai alors accompagné en ce lundi inoubliable à cette soi-disant "audition", a été immédiatement "gardé à vue".

Puis les choses sont allées très vite. J’ai appelé notre avocate, qui n’était pas disponible et qui nous a envoyé son adjoint pour une visite qui ne nous a pas rassurés.

"Je ne peux rien faire", nous a-t-elle laissé entendre, alors que nous avions gagné les deux premières batailles contre M. le Préfet : la remise en liberté de Robson (suite à sa première rétention administrative le 16 mai dernier) et l’annulation de l’arrêté de reconduite à la frontière, en date du 19 mai !

La Préfecture du Rhône a fait appel de cette décision et nous avions la possibilité de nous pourvoir en Cassation auprès du Conseil d’État jusqu’au 23 janvier.

Avec le recul, je pense maintenant que c’est pour cela que les autorités se sont précipitées à "expulser" Robson.

En moins de 48 h, Robson est arrivé à Rio, avec pour tout trousseau : sa brosse à dents, son téléphone portable et 20 e en poche, sans aucuns documents brésiliens ni le moindre vêtement de rechange !

A l’aéroport, la police brésilienne lui a confisqué son passeport et ne le lui a pas rendu, même après avoir pris connaissance de notre PACS.

Comble d’ironie, dans le procès-verbal que la police lui a remis, il est écrit : "Casado", ce qui veut dire : "marié " ! (le Pacs n’existe pas au Brésil).

Depuis quelques semaines, je mobilise toutes celles et ceux qui veulent bien nous soutenir, une association : "Amitiés Sans Frontières", dont je suis Président, soutient notre action.

Ceux qui le souhaitent peuvent nous aider en signant la pétition qui est en ligne ou en adhérant à l’association (à partir de 5€), en libellant leurs chèques à : " Amitiés Sans Frontières, Comité de soutien pour Robson”.

Aux dernières nouvelles, je ne peux pas terminer cette lettre sans vous parler de lui, Robson n’est pas au plus haut de sa forme. Sa mère ne comprend pas, son frère non plus, et ses amis d’enfance encore moins, qu’il ait pu être renvoyé de France, après 4 ans d’absence.

"Je n’ai plus rien à voir avec eux ", me dit Robson, la gorge nouée. "Je n’arrive pas à sortir, je n’ose rien faire.”  Merci pour votre aide et votre soutien.

J’ai créé un blog, que vous pouvez visiter : http://www.djrobson.net               

 

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