Courriers des lecteurs LO'Mag N°75
Mars/Avril 2006

Montpellier ne se résume pas à un bar, une discothèque, 
un sauna et
un sex-club !

Frédéric

Le milieu gay souffre d’une désaffection, le territoire dans son ensemble est touché et Paris n’est pas épargné. C’est en tout cas ce que l’on peut lire dans la presse et sur certains sites Internet. Je lisais aussi dans le dernier “Têtu” un article très pessimiste intitulé “Montpellier à bout de souffle”. Il semblerait que le rédacteur ne connaisse pas notre ville, car à en lire ses propos, Montpellier se résume à un bar, une discothèque, un sauna et un sex-club.

Alors quoi penser ? Sans pour autant crier à l’hystérie, ce n’est pas dressant un tableau noir que l’on donnera envie aux touristes de venir en vacances dans notre région. Bien entendu, les commerçants devraient ranger leurs vieilles querelles au placard et mener plutôt des actions communes pour aller de l’avant. Je suis moi même commerçant, mon activité n’est pas particulièrement ciblée gay et je ne suis pas non plus épargné, la consommation est en baisse pour tout le monde, la crise ce n’est pas que pour les gays.

Les rapports sexuels non protégés avec pénétration, 
anale ou buccale sont à haut risque

Patrice

J’ai toujours du mal à comprendre le fonctionnement de beaucoup de mecs qui, malgré les campagnes d’information et de prévention, ont des rapports non protégés.

Beaucoup pensent à tort que le sida s’attrape uniquement lors d’un rapport avec pénétration anale (ou vaginale).

Du coup, lors d’une fellation, nombreux sont ceux qui vont jusqu’à avaler le sperme.

Hors une simple coupure, morsure ou des gencives irritées par le brossage ou autre, suffit pour laisser passer le virus. Les rapports sexuels non protégés avec pénétration anale ou buccale et surtout avec éjaculation sont à haut risque. Restez prudents.

Je n’aime pas les curés et je trouve intolérable 
cette attitude doucement fascisante.

Gérard Santi

Chers amis bonjour !

J’ai appris avec stupeur la “nouvelle” interdiction de l’Eglise de Rome : “Si tu es homosexuel il te sera interdit de devenir prêtre car les homos ne sont pas matures etc. (confer la lettre)”.

Je dois avouer que je n’aime pas les curés mais je trouve intolérable cette attitude doucement fascisante.

Depuis cette nouvelle, j’ai fait ma demande de “VŒUX D’APOSTASIE” à l’évêché de mon lieu de naissance.

Eh oui ! Ce n’est pas connu car “l’église business” prend bien garde de ne pas ébruiter cette info (c’est pour cela que j’écris dans ce journal).

Nous pouvons quitter cette assemblée sectaire.

Je peux vous assurer, en ce qui me concerne, que l’évêque de Monaco (car je suis né dans ce bled) a pris le temps de m’écrire pour me dissuader d’un tel acte. Tiens, tiens ! .. Trop tard … La prochaine fois son Pape prendra soin de respecter son prochain avant de proférer des insultes.

Nous pouvons donc résilier nos vœux de baptême par simple demande à notre évêché de naissance pour ne plus appartenir à cette assemblée INTOLERANTE qui est le prolongement de l’Empire Romain (dotée, comme nous pouvons le constater, d’un esprit totalitaire et monarchique.)

Je pense qu’il est important de poser un acte d’opposition face à cette  inquisition des temps nouveaux et ne pas fermer sa gueule. Les hommes de nature homo pourront au moins prouver que leur absence peut être visible, nombreuse et importante dans une société. C’est quand les gens ne sont plus là qu’on les regrette.

Que Benoît XVI aille faire la morale à son ami G.W. Bush  qui se prend pour Jésus.

Qu’il le crucifie si cela peut lui faire plaisir et l’apaiser.

Ma grand-mère quincaillière lui offrira les clous gratuitement et la forêt d’Amazonie les planches… s’il reste encore un arbre debout.

J’espère que cette lettre n’offensera pas les croyants purs et durs mais un tel acte peut aussi en aider certains.

En toute amitié pour que mes enfants que je n’aurai jamais puissent avoir un avenir meilleur.

L’expédition “expéditive” de mon ami Robson.

   Philippe et Robson

Lundi 9 janvier dernier, la police des frontières venait à la maison pour nous "auditionner", Robson et moi.

Notre vie commune, depuis bientôt 3 ans, nous avait naturellement conduits à projeter de nous Pacser… Nous avons concrétisé et signé celui-ci devant la Greffière du Tribunal d’Instance de Villeurbanne à la fin de l’été, après moult galères juridico administratives !

Robson, que j’ai alors accompagné en ce lundi inoubliable à cette soi-disant "audition", a été immédiatement "gardé à vue".

Puis les choses sont allées très vite. J’ai appelé notre avocate, qui n’était pas disponible et qui nous a envoyé son adjoint pour une visite qui ne nous a pas rassurés.

"Je ne peux rien faire", nous a-t-elle laissé entendre, alors que nous avions gagné les deux premières batailles contre M. le Préfet : la remise en liberté de Robson (suite à sa première rétention administrative le 16 mai dernier) et l’annulation de l’arrêté de reconduite à la frontière, en date du 19 mai !

La Préfecture du Rhône a fait appel de cette décision et nous avions la possibilité de nous pourvoir en Cassation auprès du Conseil d’État jusqu’au 23 janvier.

Avec le recul, je pense maintenant que c’est pour cela que les autorités se sont précipitées à "expulser" Robson.

En moins de 48 h, Robson est arrivé à Rio, avec pour tout trousseau : sa brosse à dents, son téléphone portable et 20 e en poche, sans aucuns documents brésiliens ni le moindre vêtement de rechange !

A l’aéroport, la police brésilienne lui a confisqué son passeport et ne le lui a pas rendu, même après avoir pris connaissance de notre PACS.

Comble d’ironie, dans le procès-verbal que la police lui a remis, il est écrit : "Casado", ce qui veut dire : "marié " ! (le Pacs n’existe pas au Brésil).

Depuis quelques semaines, je mobilise toutes celles et ceux qui veulent bien nous soutenir, une association : "Amitiés Sans Frontières", dont je suis Président, soutient notre action.

Ceux qui le souhaitent peuvent nous aider en signant la pétition qui est en ligne ou en adhérant à l’association (à partir de 5€), en libellant leurs chèques à : " Amitiés Sans Frontières, Comité de soutien pour Robson”.

Aux dernières nouvelles, je ne peux pas terminer cette lettre sans vous parler de lui, Robson n’est pas au plus haut de sa forme. Sa mère ne comprend pas, son frère non plus, et ses amis d’enfance encore moins, qu’il ait pu être renvoyé de France, après 4 ans d’absence.

"Je n’ai plus rien à voir avec eux ", me dit Robson, la gorge nouée. "Je n’arrive pas à sortir, je n’ose rien faire.”  Merci pour votre aide et votre soutien.

J’ai créé un blog, que vous pouvez visiter : http://www.djrobson.net               

 

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