Courriers des lecteurs Lettre Ouverte N°74
Novembre / Décembre 2005
Julien >>> Réf 01/74

Bonjour, je m’appelle Julien, j’ai 18 ans et suis homo, j'habite à Lyon. Le jeudi 28 septembre 2005, j’ai pris la décision d'aller à l'hôpital Dieu dans le 2ème arrondissement donner mon sang, décision que j'estime être civique et allant dans le sens de mes convictions. Quelle a alors été ma stupéfaction de me voir refuser mon sang ! Sous prétexte que la communauté homosexuelle est la plus touchée par le sida, le médecin a déclaré que les homosexuels ne peuvent plus donner leur sang. Qu’en est-il vraiment ? Est-ce vrai ? N'est ce qu'une discrimination ? M'a-t-elle mal expliqué la raison pour laquelle on m'a refusé ?

Car si j'ai bien compris cette petite histoire et si c’est bien tout le service de don du sang qui agit de cette façon, on pourrait alors imaginer un scénario pour les années à venir : 2010, le manque de sang allant toujours croissant, les médecins n'ont pourtant pas diminué leur sélecti on parmi les donneurs. Après les homosexuels, les statistiques ont tout d'abord montré que ce sont les blondes parmi les femmes qui sont le plus touchées par le vih, ainsi on leur a interdit en 2008 le droit au don du sang. En 2009 on a démontré que les personnes présentant un QI inférieur à 120 étaient plus touchées par le virus, par sécurité on a donc empêché aux personnes ayant un QI de 120 de donner leur sang...

S'il vous plaît, aidez-moi à savoir si c'est bien de la discrimination et si c'est le cas à agir, du moins à faire passer le message. Merci d'avance.  

Réponse de lettre Ouverte : Cher Julien, cette situation n’est pas nouvelle et perdure depuis plusieurs années. Les homosexuels sont considérés comme une population à risques en raison de la multiplicité de leurs partenaires. Les médecins font des généralités mais c'est le principe de précaution. La notion de populations à risques devrait être remplacée par celle de pratiques à risques. Il y a des homos fidèles, donc ayant peu de risques d'être porteurs du VIH, alors qu'il y a des hétéros qui ont de nombreux rapports non protégés.

Tout cela est très subjectif et compliqué car il s'agit de questions de santé publique où prévaut de plus en plus le principe de précaution. Cela n’est sûrement pas près de changer avec le phénomène bareback qui fait passer une nouvelle fois les homosexuels pour des irresponsables.

Patrick >>> Réf 02/74

Séropo/séroneg même combat !

 

Réponse à Gaël (Réf 03/73). Porter plainte contre la “haine”. Je comprends ta rage Gaël. Se faire plomber par son mec avec qui tu as été fidèle pendant 3 ans et à qui tu as fait confiance.

Apprendre que celui-ci le savait depuis le début, t’a menti, t’a plombé. Que tu exprimes ta haine vis-à-vis de celui-ci, ok, porter plainte, pourquoi pas ! Par contre Lettre Ouverte, chapeau bas ! Ce n’est pas en indiquant le nom d’un avocat à votre lecteur que vous améliorerez les relations entre séropositifs et séronégatifs.

La prévention doit être votre cheval de bataille. Le préservatif est la plus belle marque d’amour et de confiance que l’on puisse avoir avec son ou ses partenaires, du moins pour ce qui est des relations à risques. Un slogan à méditer :

“Aujourd’hui nous sommes tous séropo. Partageons nos différences ! Séropo/séroneg même combat ! Un préso sinon rien !”

Réponse de Lettre Ouverte : Patrick, concernant votre attaque, Lettre Ouverte n’est pas comme vous le prétendez un magazine de prévention bien que celle-ci y trouve une large place, ne serait-ce qu’au travers de notre rubrique Santé/Prévention avec le concours de Sida Info Service. Il ne s’agit toutefois pas de notre cheval de bataille, de nombreuses associations assurant cette tâche avec brio. Gaël nous ayant demandé un conseil, nous ne pouvions pas mieux faire que de l’aiguiller vers un avocat, n’ayant pas de compétences dans ce domaine. 

Fayçal >>> Réf 03/74

Vous ne pouvez pas imaginer ce qu’un gay peut subir en Algérie

 

Bonjour cher amis français. Moi Fayçal, jeune algérien, je vis dans une très petite ville en Algérie. Je suis l’aîné d'une famille de 13 enfants et mon petit frère est handicapé à 100 %. J’ai toujours mal au fond de moi en voyant notre société bien cruelle et sans pardon.

Ici il ne faut pas montrer ses faiblesses, sinon on le paye cher... Si tu es un homme dur et que tu peux faire du mal aux autres, alors tu seras toujours le bienvenu le soir à la table, sinon tu es un faible et tu dors dans la rue sans une tranche de pain.  Je travaille depuis plusieurs années dans une société de carburants, j'ai tout fait pour donner le meilleur dans mon travail et dans ma vie.

Au travail, ils m'ont dégradé se doutant de mon homosexualité et Dieu sait ce que je vis. Ils disent que l’on ne peut pas avoir ce genre de gens au siège, alors ils m’ont envoyé dans un centre de remplissage de produits.  A mon arrivé tout le monde était déjà informé de mon cas, Ils ont commencé à faire des rapports négatifs sur moi. Ils font tout pour me faire payer des choses que je n’ai pas commises.

Je suis montré du doigt, à tout moment je risque pour ma vie. Je suis lassé par tout ce qui se passe ici en Algérie. Mais amis aussi m’ont laissé tomber pour les mêmes raisons.

Après la mort de mon père j’ai travaillé pour que mes frères puissent grandir et manger. Maintenant ils ont grandi et me demandent tout le temps “quand vas-tu te marier ?” Vous ne pouvez pas imaginer ce qu’un gay peut subir en Algérie. Alors je voulais en quelques lignes vous en parler.

Je cherche à quitter mon pays pour vivre en paix sans faire du mal aux autres et même à ceux qui détestent le fait que je sois gay, mais comment faire ? 

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