|
Monsieur le rédacteur,
Je voulais vous
faire part de cette douloureuse nouvelle qui m’a fortement
attristé, moi et tous les membres de notre famille.
Le monde de
souffrance dans lequel Tanirt était tombé a eu raison de lui fin
octobre. Il a mis un terme à sa vie, en laissant derrière lui le
souvenir d’un petit frère, d’un fils, d’un ami que nous
aimions tous, pour sa bonté, sa générosité.
Nous qui pensions
le connaître, sa mort nous a démontré à quel point nous étions
aveugle à sa souffrance. Au nom de la religion, de la tradition,
des coutumes et de notre ignorance, nous sommes coupables, toute
ma famille et moi-même de cette fin tragique, que nous aurions pu
éviter.
Après son décès
j’ai rangé ses affaires et je suis tombé sur des courriers
qu’il échangeait avec votre rédaction et les courriers de
soutien qu’il avait reçus de vos lecteurs, comme s’il avait
laissé volontairement tout cela afin d’apporter une réponse à
la question que nous nous sommes posée : pourquoi a-t-il mis fin
à ses jours ?
Je souhaitais
vous remercier, pour ce que vous avez essayé de faire pour lui
pour le sauver.
Vous avez fait
tout ce que vous pouviez faire, je regrette seulement de ne pas être
tombé sur cette correspondance et sur votre magazine plus tôt.
Je me dis que peut-être moi, son grand frère, aurais pu lui
apporter le soutien qu’il attendait de moi et de notre famille.
Un voile est désormais
levé et mon regard sur les homosexuels sera différent à présent,
grâce à vous et en souvenir de Tanirt. Encore merci à vous
tous. |