Courriers des lecteurs Lettre Ouverte N°69
Janvier/Février 2005

Sa mort nous a démontré à quel point nous étions aveugle à sa souffrance

Hamza >>> Dépt 30 Réf 01/69

Monsieur le rédacteur,

Je voulais vous faire part de cette douloureuse nouvelle qui m’a fortement attristé, moi et tous les membres de notre famille.

Le monde de souffrance dans lequel Tanirt était tombé a eu raison de lui fin octobre. Il a mis un terme à sa vie, en laissant derrière lui le souvenir d’un petit frère, d’un fils, d’un ami que nous aimions tous, pour sa bonté, sa générosité.

Nous qui pensions le connaître, sa mort nous a démontré à quel point nous étions aveugle à sa souffrance. Au nom de la religion, de la tradition, des coutumes et de notre ignorance, nous sommes coupables, toute ma famille et moi-même de cette fin tragique, que nous aurions pu éviter.

Après son décès j’ai rangé ses affaires et je suis tombé sur des courriers qu’il échangeait avec votre rédaction et les courriers de soutien qu’il avait reçus de vos lecteurs, comme s’il avait laissé volontairement tout cela afin d’apporter une réponse à la question que nous nous sommes posée : pourquoi a-t-il mis fin à ses jours ?

Je souhaitais vous remercier, pour ce que vous avez essayé de faire pour lui pour le sauver.

Vous avez fait tout ce que vous pouviez faire, je regrette seulement de ne pas être tombé sur cette correspondance et sur votre magazine plus tôt. Je me dis que peut-être moi, son grand frère, aurais pu lui apporter le soutien qu’il attendait de moi et de notre famille.

Un voile est désormais levé et mon regard sur les homosexuels sera différent à présent, grâce à vous et en souvenir de Tanirt. Encore merci à vous tous.

Un peu de réalisme serait le bienvenu de la part de trop nombreux producteurs

Marc >>> Dépt 69 Réf 02/69

J’aimerais aborder le sujet plutôt caustique qu’est le mariage entre hommes (ou femmes d’ailleurs).

Je mets la radio, j’allume la télé, j’ouvre un journal et ça parle encore et toujours de mariage entre homos. Même si je suis en totale dévotion aux causes que défendent les gays, là je dis non…

Non, car je trouve ça complètement ridicule. Si ça continue, certains vont même demander à se marier en robe blanche. Arrêtez votre délire ! Battez-vous pour l’amélioration du Pacs, pour combattre l’homophobie et pour nos droits.

Soyons honnêtes, tout le monde se doutait bien, y compris Monsieur le Maire, que le mariage de Bègles serait annulé… Messieurs les nouveaux ou futurs mariés, vous êtes en train de vous faire vampiriser par des politiciens et vous ne vous en rendez même pas compte.

Je suis contre le mariage des homos, nous sommes différents, je n’ai pas envie d’être la copie conforme des hétéros. J’ai choisi une autre voie, un autre chemin et pour rien au monde

Le projet de loi contre le sexisme et l'homophobie

Martin >>> Dépt 34 Réf 03/69

Je suis de plus en plus dégoûté par les hommes politiques qui nous gouvernent lorsque je vois la tournure qu'a pris le projet de loi contre le sexisme et l'homophobie. On nous parle de ce projet depuis un an et demi pour à présent faire marche arrière comme sur tant d'autres sujets.

Je ne fais pas de politique mais je commence à croire que la droite ne sera jamais gay friendly, alors que sur d'autres points, économie et répression je serais plutôt d'accord avec ses idées.

La France est-elle un pays 100 % laïque ? Je ne le pense plus. Il est bien beau d'interdire le foulard dans les écoles sous toujours le même motif de laïcité mais en ce qui concerne l'homosexualité l'église a toujours son mot à dire... Le sexisme et l'homophobie ne semblent pas avoir aux yeux de nos chers députés autant de valeur et d'intérêt que l'antisémitisme et le racisme. Faudra pas s'étonner, lors des prochaines élections, si le nombre d'abstentionnistes est toujours plus élevé...

Réponse de Lettre Ouverte : Cher lecteur, il y a du mieux car l'amendement du député UMP Garraud qui exigeait qu'une association soit reconnue d'utilité publique pour pouvoir se constituer "partie civile" a été écarté en date du 8 décembre, le texte a été voté le 22 décembre au Sénat.

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