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Universités d’Eté Euromediterranéenne des Homosexualités Du 13 au 20 juillet sur le campus de Luminy à Marseille |
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Par Jean-Bruno |
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Après une pause consacrée aux assises, les UEEH redémarrent avec une nouvelle équipe pleine d’énergie et de nouvelles idées. Nous avons rencontré Marie-Paule la Présidente.
Quelles seront les grandes lignes de cette édition 2004 ? Les grandes lignes seront la lutte contre les LGBT-phobies, la question de la visibilité des lesbiennes et de la mixité, un colloque sur "l'Europe et les droits des personnes LGBT , des créations et réflexions sur les identités, le genre, la spiritualité, le féminisme, les sexualités, le handicap. Nous désirons tout particulièrement travailler sur la confrontation des diversités qui constituent les UEEH. En effet, rassembler plusieurs centaines de lesbiennes, de gays, de bis et de trans, de tous genres, sexes, âges, origines… n'est pas si courant et constitue une des richesses des UEEH. Mais ces mixités ne vont pas de soi et sont à construire. Nous souhaitons que la prise en compte des différentes identités, de nos diversités, fasse partie des préoccupations de tous, individuellement et collectivement. |
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De plus, nous soulignons l'importance de la participation de toutes et tous : en effet, même si on y passe des vacances mémorables, les UEEH ne sont pas un club de vacances ! Leur organisation repose entièrement sur des bénévoles. Leur foisonnement appartient à tous ses participants, pour le meilleur (animations, fêtes, débats, décoration…) et pour le pire (logistique, ménage, rangement…) ! Toutes les idées, expériences, compétences (traduction, régie son et lumière, déco…), créations (films, photos, recettes…), ou prêt de matériel (vidéo-projecteur, peinture, tissus, machine à coudre, ordinateur, imprimante, musiques…) y sont donc les bienvenus.
Comment se prépare un tel événement ? Un événement de cette ampleur se prépare sur le long terme, avec des réunions et des échanges réguliers, tout au long de l'année. Suite aux assises de juillet 2003, les UEEH se sont dotées cette année de comités d'initiatives régionaux destinés à prendre le relais des questions d'ordre logistique, organisationnel et thématique. Les membres de ces collectifs se sont réunis plusieurs fois dans l'année et ont organisé des réunions publiques ouvertes à toute personne intéressée par les UEEH. De plus, les membres du Conseil d'Administration, qui regroupe environ quinze personnes, se sont réunis dans le courant de l'année quatre fois le temps d'un week-end, pour faire le point sur le programme, le budget, la logistique, etc.
Depuis 1979, date de création des UEEH, les avancées en terme de droits des homosexuel(le)s ont été nombreuses, cela ne fait-il pas que les militants soient moins nombreux et moins motivés ? Je pense qu'il faut s'accorder sur le sens que l'on donne au terme militant. Etant toujours dans une situation de discrimination en terme de droit, il me semble que l'on peut dire, qu'une personne qui s'investit dans une association LGBT dont les buts sont la convivialité, la solidarité, la lutte contre les discriminations ou un savant mélange du tout, est militante. Les uns s'investissent plus clairement sur un plan politique que les autres, mais s'investir dans une structure clairement LGBT est une action "Politique" quelque soit le but visé. Pris dans ce sens précis, on ne peut pas dire que les militants soient moins nombreux au contraire. Le militantisme a changé de visage. Il n'est plus forcément cette personne qui se mettra en première ligne recevant tous les flashs mais aussi toutes les brimades. Ce militantisme se matérialise aussi en actions plus quotidiennes, plus anonymes en étant tout aussi efficaces. Le simple fait de dialoguer avec nos amis, nos voisins et notre famille nous permet de faire avancer les droits et les mentalités. C'est bien là le but de notre démarche, "faire avancer nos droits et les mentalités" car ces deux éléments sont étroitement liés et les uns découlent des autres. Les deux formes existent et se mélangent avec plus ou moins de succès. L'essentiel est, à mon avis, que les deux cohabitent sans établir de norme ni de règle afin qu’ensemble, nous puissions continuer nos actions. Certes les motivations changent avec le temps mais il serait regrettable de penser que toutes nos avancées soient devenues nos entraves. Pour ma part, c'est avec beaucoup de reconnaissance que je regarde les actions menées par les militants et militantes des années 70, avec une pensée plus particulière pour ceux et celles qui ont créé les UEEH. En effet, comme me le rappelait un membre de cette équipe, ils et elles encouraient la prison en créant les Universités d'Eté des Homosexualités. Ils sont, quelque part, un peu les Héros et les Héroïnes de notre histoire. Aujourd'hui les tâches sont moins grisantes car moins héroïques. Je suis pourtant très heureuse de participer à l'action qui consiste à permettre à tous ceux et celles qui le désirent de remettre en cause notre société hétéronormée par le simple fait de ce rassemblement où foisonnent rencontres, convivialité, débats et projets. Pour conclure sur cette question, il me semble que nous ne pouvons pas établir le constat d'une diminution des effectifs et des motivations. Seule la forme du militantisme bouge et nous sommes spectateurs-trices ou acteurs-trices de cela. N'oublions pas que rien n'est jamais gagné et les récentes déclarations des unes et des autres dans l'actualité de ces dernières semaines sur le mariage homosexuel nous le démontrent. Certes il y a des moments où nous devrions nous rassembler afin de porter d'une même voix nos demandes sur l'égalité des droits, tout cela demande du temps et il faudra en prendre autant que nécessaire. Il peut être usant à la longue de devoir gagner notre liberté "d'être" à force de lutte mais ne plus pouvoir choisir serait, je pense, la pire des choses.
Les lesbiennes semblent toujours être les oubliées du milieu homo, pourquoi cela ? De façon générale, alors que dans notre société l'homosexualité masculine va provoquer des réactions agressives et violentes, l'homosexualité féminine est niée. On ne voit pas les lesbiennes : on aura tendance à considérer deux femmes qui, dans la rue, se baladent main dans la main comme deux bonnes copines et, comme on ignore déjà totalement la sexualité féminine, on ignorera à plus forte raison la sexualité lesbienne. Dans notre société, la mentalité patriarcale organise toute sexualité autour du pénis et de la pénétration, il est donc rarement question de la sexualité des femmes, et, si d'aventure c'est le cas, c'est toujours en lien avec la sexualité des hommes, c'est-à-dire de façon hétérocentrée et non autonome. L'homme est au centre du système, et les femmes ne sont vues qu'à travers lui, ou qu'en lien avec lui. Cet "oubli" des femmes et ce déni dont sont victimes les lesbiennes se retrouve dans le vocabulaire : de la même façon que le mot homme a été pris d'assaut par les mâles, on assiste aujourd'hui à une évolution inquiétante du mot homosexuel : pour beaucoup de gens, il ne désigne que les homosexuels de sexe masculin. On éprouve de ce fait le besoin d'employer le terme de lesbienne qui a l'avantage de souligner la présence des femmes, mais dont l'effet pervers est de laisser croire que l'homosexualité ne se décline qu'au masculin, les femmes homosexuelles devant se cantonner au lesbianisme. Ainsi, on parlera par exemple des homos et des lesbiennes au lieu de parler des gays et des lesbiennes, ou tout simplement des homosexuel(le)s. Dans le milieu homo, on retrouve bien évidemment cette discrimination sexiste qui touche les lesbiennes, car les homosexuels n'échappent pas à la configuration très patriarcale de notre société. Les hommes, et les gays en particulier, sont ainsi élevés qu'ils ont tendance à prendre la place - et la parole - partout, et à écraser les femmes autour d'eux. Le Conseil d'Administration des UEEH est assez représentatif de cet état de fait : sur une petite équipe d'environ 15 personnes, seules deux sont lesbiennes. Néanmoins, cette nouvelle équipe a le souci d'intégrer davantage de lesbiennes à la préparation des Universités et souhaite que l'édition 2004 soit réellement mixte. Nous voulons que cette semaine de rencontres et d'échanges accueille une plus grande proportion de participantes et que les thématiques et paroles lesbiennes y soient encore plus présentes.
Retrouvez toutes les informations et les programmes concernant l’UEEH sur le site Internet de l’Association : http://www.ueeh.org - info@ueeh.net Contact : Laurence 06.63.81.18.09 / Marc 06.19.57.19.00 |
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