www.80s-records.net

La musique des 80's

Par Serge G.

Nous pensions avoir tout vu, tout lu, tout entendu sur les années 80. Ce n’est plus le cas avec notre chroniqueur maison, Patrick Roulph qui présente depuis le 10 juin 2004 son propre site : www.80s-records.net

Plus que le site d’une seule décennie, 80s-records.net est dédié à l’industrie musicale et discographique de ces trente dernières années.

De la boule à facettes de cette période restent aujourd’hui quelques éclats.

Nous avons survolé avec Patrick les années chocs.

Comment est né 80s-records.net ?
De façon très spontanée. Je répondais à une interview pour un magazine dédié aux collectionneurs et aux collections, le directeur du journal m’a demandé alors de préparer une présentation de ma collection de disques afin d’accompagner le texte. J’ai alors commencé à travailler sur les différentes parties, à réfléchir comment assembler différents points. Je me suis alors aperçu que tout cela pouvait faire un site. Je me suis aussitôt mis au travail. L’interview a eu lieu en septembre 2002, j’ai commencé à écrire en octobre de la même année.

 

Combien de mois d’écriture ?
J’ai terminé l’écriture des textes au mois de décembre 2003. Mais vu que je suis rarement satisfait de ce que je fais, j’y revenais sans cesse pour rajouter tel détail, changer telle chose. A un moment il a fallu dire stop. Surtout qu’il y avait toute la partie graphique à s’occuper. Depuis le mois de Mars je suis dans les entrailles du site !

 

Quels sont les principaux points exploités par le site ?
Le site s’articule autour de trois principaux pôles. La partie “Saga du disque” présente les différents formats et supports, leurs utilisations, leurs évolutions durant l’histoire. Le cheminement d’un disque jusque dans les bacs. Deuxième point “Le coin des collectionneurs” où les plus férus pourront trouver toutes sortes d’informations. Une partie magazine pour rester au courant de l’actualité, des sorties de disques, DVD et livres, des interviews, et une partie hybride où je présente ma collection et bien d’autres choses ainsi que des bonus cachés à découvrir.

 

Le site est une vitrine de l’époque !
Pas seulement. Chaque élément est décortiqué. J’attache une importance particulière à l’histoire du disque de la fin du 19è siècle à nos jours, ou plutôt devrais-je dire, au “support enregistré”; entends par là tous les supports possibles, disque compact inclus. L’histoire du disque depuis la fin du 19è siècle est une partie du patrimoine mondial très peu connu ou reconnu et très peu défendu. J’ai voulu le mettre en avant, même si le travail que j’ai fais reste très épuré. D’ailleurs, lorsque j’ai commencé l’écriture de ce site il y a deux ans, j’ai commencé par poser, écrire ces “repères”. Ce travail a été le point de départ de tout le reste. L’évolution de chaque support permet de situer une société, on pourrait pousser l’analyse très loin. Une partie du site pourrait agir comme une encyclopédie.

 

Encyclopédie des Artistes kleenex aussi !
Il y a eu des artistes Kleenex, c’est vrai. Il y en a eu à toutes les époques, mais il faut recadrer tout ça. Cela était plus ou moins prévu dans leur contrat. Il était prévu 2-3 singles, un album à la limite puis stop. Les ingénieurs de studio, artistes s’amusaient beaucoup à produire le copain, la copine et tenter la chance pourquoi pas.

 

Les années 80 sont qualifiées comme les années où le fric et la frime sont rois !
Oh non, il faut arrêter cette idée entretenue par je ne sais quel fantasme. Je dirais plutôt que les années fric et frime sont les années que nous sommes en train de vivre actuellement avec strass, paillettes et artifices. Il n’y a qu’à regarder le médias, le plus classique et le plus utilisé étant la télévision. Tout y est formaté: les artistes, les émissions, jusqu’au moindre détail du décor et la réaction du public. Côté artistes, mis à part quelques pointures et quelques privilégiés, une grande partie est malheureuse, pressée comme un citron. Ce sont tous des clones, on leur indique comment chanter, comment s’habiller, avec qui s’afficher ou bien au contraire on leur demande de cacher leur vie privée, je connais certaines histoires qui me rendent vraiment dingue. Récemment, un chanteur nouvellement arrivé n’a pu s’afficher avec son petit ami. J’ai beaucoup de compassion pour certains artistes qui n’ont pas d’autres choix que de subir une homophobie encore très active. Je connais l’envers du décors et rien n’est gagné, crois-moi. Mais là c’est un autre débat... Dans l’immeuble où se situe l’appartement que j’occupe quand je suis à Paris habitent deux célébrités, dont une jeune artiste de la jeune génération. Je ne te raconte pas l’arrogance de cette jeune femme, une ancienne de la Star Ac, (une fille un peu “cassée” si tu vois), aucun nom sur la boîte aux lettres, elle se permet de jeter la concierge lorsque le livreur de fleurs demande où déposer le bouquet et demande que son nom ne soit pas prononcé. Dans l’histoire, le livreur s’en moque éperdument, la concierge a dépassé depuis longtemps l’âge de l’adolescence, quant aux occupants de l’immeuble leur standing s’élève au-delà des cancans. Je me suis reçu une porte en pleine figure car trop fatigué, la star trouvait la porte d’entrée certainement trop lourde. J’ai eu l’occasion de la voir quelques jours après à la télévision, mis à part son regard vide, la poupée assurait son numéro. J’ai beaucoup de compassion pour ces personnes là.

 

Revenons aux artistes des années 80, expliques-nous pourquoi la catégorie d’artistes “ringards” date de cette époque ?
Tous les artistes de cette époque ont bénéficié d’une médiatisation nouvelle. Avec le clips, les émissions musicales... d’un autre côté les barrières entre les frontières sont tombées, avec le satellite... il y a eu beaucoup de créations. Technologiquement de nombreux bouleversement, la V.H.S., le CD, sont arrivés, les radios libres aussi, il fallait vendre tout cela. Il y avait à cette époque-là, une surexposition de l’image, comme aujourd’hui d’ailleurs. On retrouvait tout cela dans l’arrogance de certains, l’allure, le look chez d’autres. De tout cela est né la génération zapping qui a généré beaucoup d’images. Certaines émissions ont fait du mal comme le TOP 50 qui a finalement emprisonné l’artiste dans une case. Et en tant que bon spectateur nous avons retenu de ce spectacle qu’une image.

 

Beaucoup d’artistes ont existé grâce au TOP 50 !
Leur carrière a été exploité par ce Top. Le TOP 50 a été un succès sans précédent. Dans les moments de crises on aime bien classer, clarifier pour se rassurer (déjà à cette époque, regarde ce qu’il se passe aujourd’hui à la télévision, les classements partent dans tous les sens, on va bientôt classer les chanteurs chauves entre eux !). Le Top 50 a eu un effet dévastateur malgré lui. Toutes les catégories d’artistes s’y retrouvaient, les confirmés (Goldman...) et les One Shot, les artistes d’un seul 45 tours. Il est important de savoir que le Top 50 a été un outil commercial pour un support commercial, le 45 tours. Le Top Album a été créé bien après. Il a été très difficile pour certains artistes de gérer la suite de leur carrière suite à ce phénomène. Beaucoup y ont laissé des plumes.

 

La France n’est pas le seul pays à avoir eu son Top.
Le problème n’est pas que la France ait été le seul pays à avoir son Top, le problème est qu’il n’y en avait qu’un seul. Il en aurait fallu plusieurs. Prenons exemple sur les Etats-Unis. Le premier classement date de 1942. Dès lors, les américains ont eu le réflexe de diluer l’effet “classement des meilleurs” en accentuant le phénomène en publiant plusieurs hits et traitant ainsi le mal par le mal ! Il y avait un hit pour chaque catégorie d’artistes, je pense notamment aux chanteurs noirs américains, les artistes de la Motown. Des magazines ont même été créés. Les américains ont compris que l’être humain de base ne pouvait vivre sans étiquettes. Les choses commencent à bouger en
France avec la création des TOP midprice, TOP compiles tous certifiés par le SNEP (Syndicat National de l’Edition Phonographique), même si tous cela reste commercial, confidentiel, et agité par la crise du disque. Je pense aussi aux indicateurs et autres playlist réservés aux professionnels, mais tout cela n’est pas mis à la disposition du public, et pas du tout exploité commercialement parlant.

A propos que penses-tu de la crise du disque qui sévit actuellement ?
Je ne connais pas toutes les ficelles de cette profession du disque. Surtout quand on travaille en autodidacte et solitaire comme moi. Je tiens à cette liberté et pense que rien ne nous ai dû. Le métier est en train de vivre un grand bouleversement, c’est certain. Il faut que tout le monde soit responsable. Nous sommes dans une période positive malgré tout, qui oblige tout le monde à réfléchir, à agir; être actif et s’unir je ne vois que cette solution. Les artistes doivent briser certaines dépendances. De nouvelles structures doivent se créer, peut-être que mon site 80’s en fait partie, je ne sais pas. Je suis très positif quant à l’avenir. Nous sommes seulement dans une période de changement et je terminerai par une phrase que j’aime beaucoup: “Entre la porte que nous venons de fermer et celle que nous allons d’ouvrir, le couloir peut parfois être long”.

 

Terminons sur ta collection de disques. Peux-tu nous en parler ?
Je collectionne en priorité et en majorité le disque vinyle en privilégiant le Maxi-45 tours. Ma collection s’étant du milieu des années 70 aux débuts des années 90. A partir de là le Maxi-45 tours a prit une tout autre direction présentant pour moi moins d’intérêt.

 

Pourquoi le Maxi-45 tours ?
Le Maxi-45 tours est le seul support créé pour une raison artistique et non économique. C’est pour ça d’ailleurs qu’il tient une place importante dans le site. Le Maxi-45 tours est un objet magique. Qualité sonore accrue par rapport au 45-tours 17 cm , pochette géante, version longue remixée, titres inédits. Le Maxi-45 tours (avec l’album) est “l’objet” du collectionneur.

 

Un collectionneur s’arrête-t-il sur un seul support ?
Pas obligatoirement, même si j’ai un ami qui ne collectionne que les CDMaxi, inutile de lui parler vinyle, même s’il passe à côté de beaucoup de choses. En ce qui concerne ma collection que j’ai commencé il y a 5 ans, le Maxi-45 tours occupe 70%, vient ensuite le 33t vinyle, le 45 tours non dénués d’intérêt, puis la cassette V.H.S., le Compact Disque d’époque, très peu de presse mis à part quelques livres, et quelques bons de
pré commande.

 

Où trouves-tu les disques ?
Dans les foires et conventions, par correspondance, dans les magasins de trocs et chez les disquaires spécialisés, également dans les vides greniers. Le plus intéressant, après les disquaires spécialisés, reste internet, on peut acheter aux Etats-Unis des disques promos pressage américain au contenu très rare et à très bas prix. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, j’ai très peu de disques m’ayant appartenu, j’achetais très peu de disques plus jeune.


Enfin, les mauvaises langues annoncent ton départ de Lettre Ouverte !
Et elles s’en donnent à coeur joie, tu m’étonnes. Remarque pour une fois que je leur donne matière à s’exprimer. Mais je reste ! Comme chaque mois de Mai de chaque année, j’ai reconduis ma collaboration et je serai là en septembre pour ma huitième année et fêter les 10 ans du magazine en mai 2005 !

 

Ne crains-tu pas de te répéter et de chroniquer deux fois le même disque, une fois sur ton site 80’s, une fois dans “Côté musique” ?
Je traite la critique et l’information au premier degrés, à partir de là le choix du support est évident, tout ceci étant défini par le lectorat. Par exemple, je n’ai pas chroniqué l’album des Coco Girls dans Lettre Ouverte. La place de ce disque est pour 80’s, c’est évident. Parler d’un artiste au deuxième degrés pour plaire à un maximum de gens, et de surcroît “casser” le travail d’un artiste et d’une équipe ne m’intéresse pas. Je préfère rester honnête et penser à ma cible. Je privilégie la qualité à la quantité. 80s-records.net comble aussi un vide évident que je ressentais, tout comme “Côté musique” où je vais enfin accueillir les nouvelles musiques.

 

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