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Comment est né 80s-records.net ?
De façon très spontanée. Je répondais à une interview pour un magazine dédié
aux collectionneurs et aux collections, le directeur du journal m’a demandé
alors de préparer une présentation de ma collection de disques afin
d’accompagner le texte. J’ai alors commencé à travailler sur les différentes
parties, à réfléchir comment assembler différents points. Je me suis alors
aperçu que tout cela pouvait faire un site. Je me suis aussitôt mis au
travail. L’interview a eu lieu en septembre 2002, j’ai commencé à écrire
en octobre de la même année.
Combien de mois d’écriture ?
J’ai terminé l’écriture des textes au mois de décembre 2003. Mais vu que
je suis rarement satisfait de ce que je fais, j’y revenais sans cesse pour
rajouter tel détail, changer telle chose. A un moment il a fallu dire stop.
Surtout qu’il y avait toute la partie graphique à s’occuper. Depuis le
mois de Mars je suis dans les entrailles du site !
Quels sont les principaux points
exploités par le site ?
Le site s’articule autour de trois principaux pôles. La partie “Saga du
disque” présente les différents formats et supports, leurs utilisations,
leurs évolutions durant l’histoire. Le cheminement d’un disque jusque dans
les bacs. Deuxième point “Le coin des collectionneurs” où les plus férus
pourront trouver toutes sortes d’informations. Une partie magazine pour
rester au courant de l’actualité, des sorties de disques, DVD et livres, des
interviews, et une partie hybride où je présente ma collection et bien
d’autres choses ainsi que des bonus cachés à découvrir.
Le site est une vitrine de l’époque
!
Pas seulement. Chaque élément est décortiqué. J’attache une importance
particulière à l’histoire du disque de la fin du 19è siècle à nos jours,
ou plutôt devrais-je dire, au “support enregistré”; entends par là tous
les supports possibles, disque compact inclus. L’histoire du disque depuis la
fin du 19è siècle est une partie du patrimoine mondial très peu connu ou
reconnu et très peu défendu. J’ai voulu le mettre en avant, même si le
travail que j’ai fais reste très épuré. D’ailleurs, lorsque j’ai
commencé l’écriture de ce site il y a deux ans, j’ai commencé par poser,
écrire ces “repères”. Ce travail a été le point de départ de tout le
reste. L’évolution de chaque support permet de situer une société, on
pourrait pousser l’analyse très loin. Une partie du site pourrait agir comme
une encyclopédie.
Encyclopédie des Artistes
kleenex aussi !
Il y a eu des artistes Kleenex, c’est vrai. Il y en a eu à toutes les époques,
mais il faut recadrer tout ça. Cela était plus ou moins prévu dans leur
contrat. Il était prévu 2-3 singles, un album à la limite puis stop. Les ingénieurs
de studio, artistes s’amusaient beaucoup à produire le copain, la copine et
tenter la chance pourquoi pas.
Les années 80 sont qualifiées
comme les années où le fric et la frime sont rois !
Oh non, il faut arrêter cette idée entretenue par je ne sais quel fantasme.
Je dirais plutôt que les années fric et frime sont les années que nous
sommes en train de vivre actuellement avec strass, paillettes et artifices. Il
n’y a qu’à regarder le médias, le plus classique et le plus utilisé étant
la télévision. Tout y est formaté: les artistes, les émissions, jusqu’au
moindre détail du décor et la réaction du public. Côté artistes, mis à
part quelques pointures et quelques privilégiés, une grande partie est
malheureuse, pressée comme un citron. Ce sont tous des clones, on leur indique
comment chanter, comment s’habiller, avec qui s’afficher ou bien au
contraire on leur demande de cacher leur vie privée, je connais certaines
histoires qui me rendent vraiment dingue. Récemment, un chanteur nouvellement
arrivé n’a pu s’afficher avec son petit ami. J’ai beaucoup de compassion
pour certains artistes qui n’ont pas d’autres choix que de subir une
homophobie encore très active. Je connais l’envers du décors et rien
n’est gagné, crois-moi. Mais là c’est un autre débat... Dans
l’immeuble où se situe l’appartement que j’occupe quand je suis à Paris
habitent deux célébrités, dont une jeune artiste de la jeune génération.
Je ne te raconte pas l’arrogance de cette jeune femme, une ancienne de la
Star Ac, (une fille un peu “cassée” si tu vois), aucun nom sur la boîte
aux lettres, elle se permet de jeter la concierge lorsque le livreur de fleurs
demande où déposer le bouquet et demande que son nom ne soit pas prononcé.
Dans l’histoire, le livreur s’en moque éperdument, la concierge a dépassé
depuis longtemps l’âge de l’adolescence, quant aux occupants de
l’immeuble leur standing s’élève au-delà des cancans. Je me suis reçu
une porte en pleine figure car trop fatigué, la star trouvait la porte
d’entrée certainement trop lourde. J’ai eu l’occasion de la voir
quelques jours après à la télévision, mis à part son regard vide, la poupée
assurait son numéro. J’ai beaucoup de compassion pour ces personnes là.
Revenons
aux artistes des années 80, expliques-nous pourquoi la catégorie d’artistes
“ringards” date de cette époque ?
Tous les artistes de cette époque ont bénéficié d’une médiatisation
nouvelle. Avec le clips, les émissions musicales... d’un autre côté les
barrières entre les frontières sont tombées, avec le satellite... il y a eu
beaucoup de créations. Technologiquement de nombreux bouleversement, la
V.H.S., le CD, sont arrivés, les radios libres aussi, il fallait vendre tout
cela. Il y avait à cette époque-là, une surexposition de l’image, comme
aujourd’hui d’ailleurs. On retrouvait tout cela dans l’arrogance de
certains, l’allure, le look chez d’autres. De tout cela est né la génération
zapping qui a généré beaucoup d’images. Certaines émissions ont fait du
mal comme le TOP 50 qui a finalement emprisonné l’artiste dans une case. Et
en tant que bon spectateur nous avons retenu de ce spectacle qu’une image.
Beaucoup
d’artistes ont exist é
grâce au TOP 50 !
Leur carrière a été exploité par ce Top. Le TOP 50 a été un succès sans
précédent. Dans les moments de crises on aime bien classer, clarifier pour se
rassurer (déjà à cette époque, regarde ce qu’il se passe aujourd’hui à
la télévision, les classements partent dans tous les sens, on va bientôt
classer les chanteurs chauves entre eux !). Le Top 50 a eu un effet dévastateur
malgré lui. Toutes les catégories d’artistes s’y retrouvaient, les
confirmés (Goldman...) et les One Shot, les artistes d’un seul 45 tours. Il
est important de savoir que le Top 50 a été un outil commercial pour un
support commercial, le 45 tours. Le Top Album a été créé bien après. Il a
été très difficile pour certains artistes de gérer la suite de leur carrière
suite à ce phénomène. Beaucoup y ont laissé des plumes.
La
France n’est pas le seul pays à avoir eu son Top.
Le problème n’est pas que la France ait été le seul pays à avoir son Top,
le problème est qu’il n’y en avait qu’un seul. Il en aurait fallu
plusieurs. Prenons exemple sur les Etats-Unis. Le premier classement date de
1942. Dès lors, les américains ont eu le réflexe de diluer l’effet
“classement des meilleurs” en accentuant le phénomène en publiant
plusieurs hits et traitant ainsi le mal par le mal ! Il y avait un hit pour
chaque catégorie d’artistes, je pense notamment aux chanteurs noirs américains,
les artistes de la Motown. Des magazines ont même été créés. Les américains
ont compris que l’être humain de base ne pouvait vivre sans étiquettes. Les
choses commencent à bouger en
France
avec la création des TOP midprice, TOP compiles tous certifiés par le SNEP
(Syndicat National de l’Edition Phonographique), même si tous cela reste
commercial, confidentiel, et agité par la crise du disque.
Je pense aussi aux
indicateurs et autres playlist réservés aux professionnels, mais tout cela
n’est pas mis à la disposition du public, et pas du tout exploité
commercialement parlant.
A
propos que penses-tu de la crise du disque qui sévit actuellement ?
Je ne connais pas toutes les ficelles de cette profession du disque. Surtout
quand on travaille en autodidacte et solitaire comme moi. Je tiens à cette
liberté et pense que rien ne nous ai dû. Le métier est en train de vivre un
grand bouleversement, c’est certain. Il faut que tout le monde soit
responsable. Nous sommes dans une période positive malgré tout, qui oblige
tout le monde à réfléchir, à agir; être actif et s’unir je ne vois que
cette solution. Les artistes doivent briser certaines dépendances. De
nouvelles structures doivent se créer, peut-être que mon site 80’s en fait
partie, je ne sais pas. Je suis très positif quant à l’avenir. Nous sommes
seulement dans une période de changement et je terminerai par une phrase que
j’aime beaucoup: “Entre la porte que nous venons de fermer et celle que
nous allons d’ouvrir, le couloir peut parfois être long”.
Terminons
sur ta collection de disques. Peux-tu nous en parler ?
Je collectionne en priorité et en majorité le disque vinyle en privilégiant
le Maxi-45 tours. Ma collection s’étant du milieu des années 70 aux débuts
des années 90. A partir de là le Maxi-45 tours a prit une tout autre
direction présentant pour moi moins d’intérêt.
Pourquoi
le Maxi-45 tours ?
Le Maxi-45 tours est le seul support créé pour une raison artistique et non
économique. C’est pour ça d’ailleurs qu’il tient une place importante
dans le site. Le Maxi-45 tours est un objet magique. Qualité sonore accrue par
rapport au 45-tours 17 cm , pochette géante, version longue remixée, titres
inédits. Le Maxi-45 tours (avec l’album) est “l’objet” du
collectionneur.
Un
collectionneur s’arrête-t-il sur un seul support ?
Pas obligatoirement, même si j’ai un ami qui ne collectionne que les CDMaxi,
inutile de lui parler vinyle, même s’il passe à côté de beaucoup de
choses. En ce qui concerne ma collection que j’ai commencé il y a 5 ans, le
Maxi-45 tours occupe 70%, vient ensuite le 33t vinyle, le 45 tours non dénués
d’intérêt, puis la cassette V.H.S., le Compact Disque d’époque, très
peu de presse mis à part quelques livres, et quelques bons de
pré commande.
Où
trouves-tu les disques ?
Dans les foires et conventions, par correspondance, dans les magasins de trocs
et chez les disquaires spécialisés, également dans les vides greniers. Le
plus intéressant, après les disquaires spécialisés, reste internet, on peut
acheter aux Etats-Unis des disques promos pressage américain au contenu très
rare et à très bas prix. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser,
j’ai très peu de disques m’ayant appartenu, j’achetais très peu de
disques plus jeune.
Enfin, les
mauvaises langues annoncent ton départ de Lettre Ouverte !
Et elles s’en donnent à coeur joie, tu m’étonnes. Remarque pour une fois
que je leur donne matière à s’exprimer. Mais je reste ! Comme chaque mois
de Mai de chaque année, j’ai reconduis ma collaboration et je serai là en
septembre pour ma huitième année et fêter les 10 ans du magazine en mai 2005
!
Ne
crains-tu pas de te répéter et de chroniquer deux fois le même disque, une
fois sur ton site 80’s, une fois dans “Côté musique” ?
Je traite la critique et l’information au premier degrés, à partir de là
le choix du support est évident, tout ceci étant défini par le lectorat. Par
exemple, je n’ai pas chroniqué l’album des Coco Girls dans Lettre Ouverte.
La place de ce disque est pour 80’s, c’est évident. Parler d’un artiste
au deuxième degrés pour plaire à un maximum de gens, et de surcroît
“casser” le travail d’un artiste et d’une équipe ne m’intéresse
pas. Je préfère rester honnête et penser à ma cible. Je privilégie la
qualité à la quantité. 80s-records.net comble aussi un vide évident que je
ressentais, tout comme “Côté musique” où je vais enfin accueillir les
nouvelles musiques.
www.80s-records.net
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